Le Père Noël, le vrai... et quelques faux

Gen­til vieux mon­sieur be­don­nant avec une grosse barbe blanche, le Père Noël est ado­ré de tout le monde et plus par­ti­cu­liè­re­ment des pe­tits, car c’est lui, c’est bien connu, qui dis­tri­bue les ca­deaux aux en­fants sages.

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Au grand écran, ce sym­pa­thique per­son­nage tout de rouge vê­tu tient la ve­dette dans deux sé­ries de films : Mi­racle de la 34e rue et Sur les traces du Père Noël.

Clas­sique du temps des Fêtes, Mi­racle de la 34e rue, d’après l’his­toire de Va­len­tine Da­vies (1905 - 1961), a été adap­té deux fois au ci­né­ma : en 1947 par George Sea­ton et en 1994 par Les May­field (et trois fois à la té­lé­vi­sion en 1955, 1959 et 1973).

Dans la pre­mière ver­sion, l’ac­teur amé­ri­cain Ed­mund Gwenn in­carne le vieil ex­cen­trique qui, en­ga­gé comme Père Noël dans un ma­ga­sin, pré­tend être le vé­ri­table San­ta Claus. Dans le re­make des an­nées 1990, le rôle échoit au Bri­tan­nique Sir Ri­chard At­ten­bo­rough. Bien réa­li­sées et bien in­ter­pré­tées, ces deux adap­ta­tions sau­ront à coup sûr mettre de la joie dans le coeur des en­fants, pe­tits ou grands, qui croient en­core au Père Noël.

Dans l’autre sé­rie de films, c’est l’ac­teur amé­ri­cain Tim Al­len qui a la lourde res­pon­sa­bi­li­té d’in­car­ner – à trois re­prises – le Père Noël ou plus exac­te­ment un père de fa­mille di­vor­cé qui, té­moin de la mort ac­ci­den­telle du ron­douillard dis­tri­bu­teur de ca­deaux, dé­couvre avec stu­peur que la tâche lui re­vient dé­sor­mais de prendre sa re­lève. Réa­li­sé en 1994 par John Pas­quin, Sur les traces du Père Noël est un conte bon en­fant au ton fan­tai­siste ré­jouis­sant, mais au ton mo­ra­li­sa­teur sou­vent aga­çant. Les tru­cages sont em­ployés avec beau­coup d’humour et Tim Al­len s’y ré­vèle très à l’aise, tout comme dans les deux suites (2002 et 2006).

LE PÈRE FOUET­TARD

Ce­la dit, le Père Noël n’est pas tou­jours gen­til au ci­né­ma et cer­tains es­prits ico­no­clastes se sont amu­sés à le dé­peindre sous un tout autre jour, peu flat­teur il est vrai, mais ter­ri­ble­ment drôle. Ain­si dans Mé­chant Père Noël de Ter­ry Zwi­goff (2003), Billy Bob Thorn­ton in­carne un cam­brio­leur ivrogne qui tra­vaille comme Père Noël dans un grand ma­ga­sin. Vé­ri­table jeu de mas­sacre à l’humour cin­glant, le film passe à la mou­li­nette et sans mé­na­ge­ment plu­sieurs tra­di­tions du temps des Fêtes.

Mais rien à ce jour n’a en­core éga­lé le cultis­sime Père Noël est une or­dure de Jean-Marie Poi­ré (1982). Distribution pres­ti­gieuse (Thier­ry Lher­mitte, Ané­mone, Marie-Anne Cha­zel, Ch­ris­tian Cla­vier entre autres), ré­pliques in­ou­bliables (« Thé­rèse n’est pas laide. Elle n’a pas un phy­sique fa­cile »), humour grin­çant et Père Noël de lé­gende.

Af­fu­blé d’une barbe mi­teuse, Gé­rard Ju­gnot, alias Fé­lix, com­pose un pa­thé­tique Saint-Ni­co­las al­coo­lique, men­teur, vo­leur, cou­reur de ju­pons et dé­cou­peur de ca­davres pour la bonne cause ! Adap­té d’un spec­tacle de ca­fé­théâtre de la troupe du Splen­did, ce film est un in­con­tour­nable du temps des Fêtes.

LES GRIN­CHEUX ET LES GRO­GNONS

Tout ce­la nous amène in­évi­ta­ble­ment aux grin­cheux, fâ­cheux et autres gro­gnons du ci­né­ma qui dé­testent Noël, la fête, les ré­jouis­sances, les ca­deaux et les en­fants.

À tout sei­gneur, tout hon­neur, Mr. Scrooge.

Les adap­ta­tions du cé­lèbre ro­man A Ch­rist­mas Ca­rol de Charles Di­ckens ne manquent pas. Par­mi les plus in­té­res­santes, ci­tons no­tam­ment Scrooge (1970) de Ro­nald Neame avec Al­bert Fin­ney, A Ch­rist­mas Ca­rol (1984) de Clive Don­ner avec George C. Scott, Fan­tômes en fête (1988) de Ri­chard Don­ner avec Bill Mur­ray et Noël chez les Mup­pets (1992) de Brian Hen­son avec Mi­chael Caine et... Miss Peg­gie.

Tout aus­si dé­tes­table est le cé­lèbre Grinch. Né de l’ima­gi­na­tion dé­bor­dante de Theo­dor S. Gei­sel, alias Dr. Seuss, cet être mes­quin, vert et poi­lu dé­teste tel­le­ment Noël qu’il veut en pri­ver tous les ha­bi­tants de sa ville. Dans Le Grin­cheux qui vou­lait gâ­cher Noël de Ron Howard (2000), c’est le Canadien Jim Car­rey qui en­dosse le cos­tume du vi­lain trouble-fête. Fait amu­sant, ce­lui-ci est aus­si la plus ré­cente in­car­na­tion de Mr Scrooge ( Un Conte de Noël de Ro­bert Ze­me­ckis), tou­jours à l’af­fiche en salles.

En­fin, dans L’Étrange Noël de Mon­sieur Jack de Hen­ry Se­lick (1993), les ra­bat-joie se mettent à plu­sieurs pour gâ­cher la fête. En ef­fet, ja­loux du suc­cès de San­ta Claus, les monstres de l’Hal­lo­ween ne trouvent rien de mieux que de kid­nap­per ce­lui-ci et de pré­pa­rer une fête de Noël aux ac­cents lu­gubres. Uti­li­sant de su­perbes fi­gu­rines au­jourd’hui culte, ce film d’ani­ma­tion est un mé­lange ré­jouis­sant de fan­tai­sie, de poé­sie et de ma­cabre.

Heu­reu­se­ment, l’amour est plus fort que tout et les grin­cheux fi­nissent tou­jours par suc­com­ber à la fée­rie de Noël.

Tous dis­po­nibles en DVD, ces films consti­tuent, entre deux ba­tailles de boules de neige avec les en­fants, un ex­cellent moyen de pas­ser du bon temps en fa­mille.

Bon ci­né­ma et joyeux Noël !

Le mi­racle de la 34e Rue

Le Père Noël est une or­dure

Sur les traces du Père Noël

Le Grin­cheux

Mé­chant Père Noël

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