LETOP DESLIVRES ETAUTEURS

J. K. Row­ling est sans contre­dit le phé­no­mène du monde des livres de la dé­cen­nie qui s’achève.

Le Journal de Quebec - Weekend - - LIVRES - Agence QMI

Cette mère mo­no­pa­ren­tale et sans em­ploi est de­ve­nue mil­liar­daire en moins de dix ans grâce à... l’écri­ture, ce qui est en soi ab­so­lu­ment in­croyable. Mais lors­qu’on consi­dère que plus de 400 mil­lions d’exem­plaires de ses livres de la sé­rie Har­ry Pot­ter ont été ven­dus dans le monde et seule­ment une per­sonne sur dix peut être qua­li­fiée de « lec­teur », ce nombre est ren­ver­sant.

Bien que seuls les quatre der­niers vo­lumes de la sé­rie de sept livres aient été pu­bliés dans la dé­cen­nie qui s’achève, cha­cun d’entre eux a bat­tu le re­cord de son pré­dé­ces­seur comme livre s’étant ven­du le plus ra­pi­de­ment de l’his­toire. Les livres des aven­tures du jeune ma­gi­cien sont de­ve­nus la sé­rie qui s’est le mieux ven­du de l’His­toire, dé­lo­geant des clas­siques comme les Har­dy Boys ou Le Sei­gneur des anneaux.

Peu im­porte votre opi­nion sur la qua­li­té des livres écrits par Row­ling, Dan Brown ou tous les autres au­teurs à suc­cès, ils re­pré­sentent néan­moins une manne pour l’in­dus­trie du livre et at­tirent de nou­veaux lec­teurs à cha­cune de leurs pa­ru­tions et, au fi­nal, n’estce pas le réel suc­cès de ces livres?

LIVRES ÉLEC­TRO­NIQUES

Si Row­ling a contri­bué à l’éveil de nom­breux jeunes au plai­sir de la lec­ture, jeunes qui n’au­raient pro­ba­ble­ment ja­mais ou­vert un livre n’eut été de sa sé­rie, peut-être alors que les livres élec­tro­niques au­ront le même ef­fet sur de nom­breux ama­teurs de gad­gets.

Les livres élec­tro­niques pour­raient fort bien être la ré­vo­lu­tion qui dé­fi­ni­ra la dé­cen­nie qui vient. Le Kindle d’Ama­zon, le So­ny Rea­der et de nom­breux autres ap­pa­reils du genre, de la taille d’une livre à re­liure ri­gide, per­mettent de lire des livres té­lé­char­geables. Au Ca­na­da, leur prix va­rie entre 250$ à 400$, se­lon le mo­dèle. Compte te­nu du fait qu’il ne s’agit pas d’écrans ré­troé­clai­rés comme ceux des mo­ni­teurs d’or­di­na­teurs, la qua­li­té du texte à l’écran est très bonne, on peut même uti­li­ser cer­tains mo­dèles pour lire en plein so­leil, et la plu­part per­mettent de choi­sir la po­lice de ca­rac­tère et d’ajus­ter sa taille.

Un livre élec­tro­nique per­met d’em­ma­ga­si- ner jus­qu’à 1500 ou­vrages nu­mé­riques et autres fi­chiers. Le coût à l’achat de l’ap­pa­reil est éle­vé, mais en contre­par­tie, le coût pour le té­lé­char­ge­ment d’un livre est moindre que ce­lui de l’achat de sa ver­sion pa­pier.

Les édi­teurs sont en­trés dans la valse, mais cer­tains pré­viennent néan­moins que cer­tains gros titres ne se­ront pas ren­dus dis­po­nibles en ver­sion élec­tro­nique tant que les ver­sions pa­pier n’au­ront pas eu une bonne chance d’at­teindre un cer­tain nombre de co­pies ven­dues.

Les « co­pies » des livres nu­mé­riques ne se­ront pas épui­sées, bien que ce­la soit éga­le­ment vrai des co­pies pa­pier des livres que vous pos­sé­dez, et les clas­siques comme ceux de Di­ckens peuvent être ache­tés à une frac­tion du prix que vous pour­riez payer, même dans les bou­qui­ne­ries.

Cer­taines écoles et uni­ver­si­tés com­mencent dé­jà à rem­pla­cer les livres de cours par des ver­sions nu­mé­riques.

Pour l’ins­tant, per­sonne ne sait l’im­pact qu’au­ra le livre élec­tro­nique sur l’in­dus­trie du livre et de l’édi­tion. Les livres élec­tro­niques sont sur le mar­ché aux États-Unis de­puis quelques an­nées dé­jà et ne semblent pas avoir eu d’im­pact sur les ventes de livres.

Il faut tou­te­fois prendre le plai­sir es­thé­tique du livre : la plai­sante sen­sa­tion tac­tile qu’il pro­cure, la sa­tis­fac­tion de tour­ner une page, la sen­sa­tion du poids du livre qui passe de la main droite à la main gauche au fur et à me­sure que vous pro­gres­sez dans l’his­toire, la gra­ti­fi­ca­tion du son qu’il fait lorsque vous le fer­mez à la fin ...

Lire un livre élec­tro­nique, c’est un peu comme conduire dans le brouillard : im­pos­sible de voir de­vant ou der­rière ; tout ce que vous voyez et le pe­tit bout de che­min juste de­vant vous. Dans un livre élec­tro­nique, chaque page est iden­tique, chaque livre est un clone de tous les autres. Tan­dis qu’avec un vrai livre, il se dé­gage une « géo­gra­phie » de l’his­toire qui vous per­met de vous y si­tuer.

Et pre­nez garde, si vous ai­mez lire dans le bain, de ne pas le lais­ser tom­ber dans l’eau par mé­garde : vous pour­riez perdre toute votre bibliothèque.

J. K. ROW­LING

BILL BRYSON

JIMSHEPARD

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