Un en­droit bien chouette

De­puis bien des an­nées, j’aime fré­quen­ter en toutes sai­sons un bien jo­li en­droit, le Boi­sé Papineau. Coin­cé entre de bruyantes au­to­routes, il de­meure mal­gré tout une des rares par­celles de fo­rêt ma­ture sau­ve­gar­dée en mi­lieu ur­bain.

Le Journal de Quebec - Weekend - - TOURISME - Jean Lé­veillé Col­la­bo­ra­tion spé­ciale

Il re­pré­sente un autre pré­cieux re­lais si né­ces­saire à la sur­vie de nom­breuses es­pèces na­tu­relles de la vaste ré­gion mont­réa­laise. Un re­lais certes mi­nia­ture par rap­port à la flore et la faune au­tre­fois si abon­dantes dans la ré­gion. Mais il per­met de conser­ver ce fra­gile agen­ce­ment na­tu­rel sa­vam­ment éla­bo­ré au cours de mil­lions d’an­nées de par­celles de fo­rêts, de prai­ries, de ma­rais et de ruis­seaux si es­sen­tiels au main­tien de la bio­di­ver­si­té dont on re­con­naît de plus en plus les avan­tages.

DES VI­SI­TEURS IN­TÉ­RES­SÉS, MAIS PAR­FOIS IN­AT­TEN­DUS…

Comme il est ra­fraî­chis­sant de par­cou­rir ces amé­na­ge­ments qui per­mettent aux vi­si­teurs de tous âges de s’émer­veiller, mais sur­tout d’ap­pri­voi­ser la na­ture en toute quié­tude.

Une ma­ti­née en­so­leillée de jan­vier, une sombre sil­houette plus vo­lu­mi­neuse qu’une corneille dé­vi­sa­geait les vi­si­teurs avec ses im­menses yeux jaunes cer­nés de cercles noirs, un peu comme si la bête avait été pri­vée de som­meil de­puis plu­sieurs jours. Elle se te­nait im­mo­bile sur une branche, à quelques mètres du sol.

CHOUETTE OU HI­BOU

C’était une Chouette la­pone, qu’un pa­tient pro­fes­seur dé­cri­vait à ses élèves éton­nés par cette pré­sence in­so­lite en ville. De fort ga­ba­rit, la chouette se dis­tingue du hi­bou par l’ab­sence d’ai­grettes. Son plu­mage d’un beau brun gri­sâtre for­te­ment strié lui as­sure un ca­mou­flage bien adap­té à son rôle de grande chas­se­resse. L’aé­ro­dy­na­misme de ses ailes lui per­met de fon­cer en si­lence sur ses proies sans éveiller le moindre soup­çon. Un mince col­lier sur une gorge avec une tache noire en son mi­lieu la dis­tingue des autres ra­paces noc­turnes, sur­tout de la Chouette rayée.

DES ES­CA­PADES PÉ­RIO­DIQUES AU SUD…

Les Chouettes la­pones s’offrent pé­rio­di­que­ment des es­ca­pades hi­ver­nales vers nos ré­gions du Sud lors­qu’après une pé­riode d’abon­dance en pe­tits ron­geurs sur leurs terres na­tales nor­diques, les vivres viennent à man­quer. Alors, les mu­lots et les dé­li­cieuses sou­ris de nos champs ou de nos boi­sés vien­dront apai­ser leur faim et at­ti­ser la curiosité des pro­me­neurs pour qui l’hi­ver ré­serve de bien belles sur­prises.

S’ÉMOU­VOIR DES BEAU­TÉS DE NOTRE PLA­NÈTE

Comme il est émou­vant de ren­con­trer en mi­lieu ur­bain des gens de tous âges en ra­quettes, à ski de fond ou tout sim­ple­ment à pied et qui s’émer­veillent de­vant une si belle chouette ve­nue du Grand Nord! Et que dire de toutes ces autres es­pèces at­ti­rées par des man­geoires en­tre­te­nues avec gé­né­ro­si­té par des clubs pour per­mettre à leurs conci­toyens de voir com­bien cette bio­di­ver­si­té en­jo­live nos hi­vers…

Ex­traits du livre : Les oi­seaux ex­plo­ra­teurs…

PHOTO JEAN LÉ­VEILLÉ

De grands yeux cer­nés.

PHOTO JEAN LÉ­VEILLÉ

Les man­geoires gé­né­reuses du Boi­sé.

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