UNE AC­TRICE AU BON­HEUR CONTA­GIEUX

MON­TRÉAL | « Moi, je pren­drais mon Mar­cel n’im­porte quand. Tout comme La pe­tite vie, la sé­rie Les Boys a des per­son­nages qui ne vieillissent pas », af­firme avec un bel éclat de rire Pas­cale Mont­pe­tit.

Le Journal de Quebec - Weekend - - NEWS - Mi­chelle Cou­dé-Lord Le Jour­nal

Tout comme Syl­vie Léo­nard, Pas­cale Mon­pe­tit a une très grande es­time pour le réa­li­sa­teur Louis Saïa.

«Je joue­rais une am­poule pour lui dans un film. La co­mé­die, pour un ac­teur, c’est le bon­heur, mais c’est tel­le­ment dif­fi­cile à jouer, il faut tou­jours avoir le ton juste », dit-elle.

Dans Les Boys, Pas­cale Mont­pe­tit joue Jo­siane, la cou­sine adop­tée de Mar­cel, qui est éper­du­ment amou­reuse de ce­lui-ci et qui s’ha­bille de fa­çon aus­si co­lo­rée que lui.

« Au dé­but, on pré­sen­tait un Mar­cel qui cher­chait l’âme soeur; or, comme j’étais sa cou­sine, c’était un amour im­pos­sible. Comme tout s’ar­range chez les Boys, ils ont dé­ci­dé que j’al­lais être sa cou­sine adop­tive. J’adore jouer Jo­siane, une fille qui a une idée à la fois et qui la mène jus­qu’au bout. C’est une femme co­lo­rée, joyeuse. Un pur bon­heur, ce pla­teau des Boys », avoue une Pas­cale Mont­pe­tit qui, tout en me par­lant au bout du fil, console sa pe­tite fille, adop­tée il y a un an.

MÈRE-AC­TRICE

Elle avoue n’avoir ja­mais été aus­si heu­reuse dans sa vie de femme et d’ac­trice.

« En ce mo­ment, j’ai le goût de prendre les choses comme elles viennent, de me pro­me­ner en sif­flant dans la rue, tel­le­ment je suis bien. Je me pose moins de ques­tions, je suis moins à la re­cherche du comment, du pour­quoi. C’est sans doute ma pe­tite Cla­ra », lance une Pas­cale Mont­pe­tit à la voix rayon­nante.

Elle fê­te­ra en 2010 ses 50 ans. Sa fille lui donne un coup de jeu­nesse in­croyable.

« Pour une ac­trice, cet âge-là n’est pas une bonne nou­velle. La ca­mé­ra aime la chair fraîche, mais je compte bien être dans le coup en­core long­temps, car ce mé­tier-là me rend aus­si heu­reuse. J’en ai be­soin », ex­prime celle que l’on ver­ra aus­si dans la sé­rie Trau­ma.

« Je joue la di­rec­trice gé­né­rale de l’hô­pi­tal, la mère de Lau­rence Le­boeuf, une jeune mé­de­cin. Un beau rôle et j’ai de belles scènes avec Gil­bert Si­cotte. Il faut être très po­ly­va­lent comme ac­teur, jouer la co­mé­die la veille et un drame le len­de­main. Le dé­fi est grand, mais pas­sion­nant.»

LES BOYS : HU­MAINS ET DRÔLES

Elle sa­voure les mo­ments pas­sés avec les boys.

Comment ex­plique-t-elle le suc­cès de la sé­rie?

« Ils doivent tout à Louis Saïa; il sait al­ler cher­cher la di­men­sion hu­maine de cha­cun des per­son­nages. Les sen­ti­ments sont tou­jours vrais, même dans les si­tua­tions in­vrai­sem­blables. Les bons clowns ne sont pas juste des gens avec un nez rouge. La co­mé­die, c’est aus­si al­ler voir en des­sous de la réa­li­té. J’aime aus­si l’ami­tié mas­cu­line qu’on y re­trouve, les dé­boires de ces gars-là, leurs par­tages.

« La pré­sence des filles leur per­met d’ex­pri­mer leurs émo­tions, ça ouvre, je crois, l’es­pace entre eux. Cette an­née, Méo a une mère, jouée par Mo­nique Miller. Elle est fa­meuse. Quelle belle image : Mo­nique Miller dans Les Boys. C’est tel­le­ment le fun! » ex­prime Pas­cale Mont­pe­tit.

PO­LY­VA­LENCE

Ci­né­ma, théâtre, té­lé­vi­sion : l’ac­trice sa­voure chaque mi­nute en­core de son mé­tier.

« Je n’ai pas vrai­ment un plan de car­rière. Il faut être là où on ne t’at­tend pas, il faut que tu te fasses dé­cou­vrir dans tous les cré­neaux. Ce n’est pas tou­jours évident. Je crois que la co­mé­die te per­met de mieux tra­ver­ser les an­nées que le drame. L’humour, c’est tel­le­ment li­bé­ra­teur. Je me rap­pelle que, quand je porte les vê­te­ments co­lo­rés de ma Jo­siane, je suis tel­le­ment heu­reuse. Le cos­tume me guide beau­coup dans mes rôles », af­firme l’ac­trice.

SA JO­SIANE

Dans Les Boys, Louis Saïa lui a of­fert une grande li­ber­té, dit-elle.

«Au dé­but, je me suis de­man­dé comment j’al­lais jouer cette créa­ture-là. Mais, au fond, Jo­siane a la spon­ta­néi­té d’un en­fant de quatre ans. Elle sau­ra ame­ner Mar­cel dans son jeu. Ce der­nier se­ra com­plè­te­ment em­por­té par elle. C’est tel­le­ment drôle. Un jour, Mar­cel se met à s’ha­biller en noir; or, Jo­siane lui pro­po­se­ra sa pa­lette de cou­leurs, le rose et le jaune, et tout ira mieux. Ça fait un couple pas mal co­lo­ré. La co­mé­die, c’est aus­si se lais­ser al­ler dans le per­son­nage. On pré­voit une qua­trième sai­son des Boys. Moi, je vous le dis, je suis prête », dit en ter­mi­nant une Pas­cale Mont­pe­tit com­blée, tant dans sa vie per­son­nelle que pro­fes­sion­nelle. On la ver­ra aus­si au théâtre en 2010 dans une pièce de Bo­ris Vian, Et vlan dans la gueule, au TNM.

PHOTO COUR­TOI­SIE

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