DON­NER LE TON

La pro­chaine dé­cen­nie s’amor­ce­ra de la même fa­çon que la pré­cé­dente dans le mi­lieu mu­si­cal du Qué­bec: avec la pa­ru­tion d’un al­bum du groupe le plus po­li­ti­sé de la pro­vince, Lo­co Lo­cass, opus qui ver­ra le jour six longues an­nées après Amour oral. Bé­lan­ger

Le Journal de Quebec - Weekend - - LOCO LOCASS - PHOTO DA­NIEL MAL­LARD

La ques­tion fait sou­rire Biz et Bat­lam, que le Jour­nal a ren­con­trés, la se­maine der­nière, à Qué­bec, où ils as­su­raient la pro­mo­tion du spec­tacle que le trio hip-hop don­ne­ra au théâtre Pe­titC­ham­plain, le 15 jan­vier. Leur pro­chain al­bum don­ne­ra-t-il le ton à la pro­chaine dé­cen­nie?

« Ma­ni­fes­tif est pa­ru en 2000 et le pro­chain, en 2010, songe Biz. Est-ce que ça va don­ner le ton? Le temps et le pu­blic vont le dire. A-t-on l’am­bi­tion que ça fasse ça? Oui. Ce qui est drôle, c’est qu’on a été par­mi les pre­miers, en 2000, à faire de la mu­sique en­ga­gée, avec Mes Aïeux et les Cow­boys frin­gants. Puis, après le Som­met des Amé­riques, tout le monde, même les Res­pec­tables, était de­ve­nu en­ga­gé. Là, la mode est fi­nie, on re­tourne au pat­chou­li, aux co­que­li­cots, il reste en­core juste nous. »

Sentent-ils que les at­tentes sont éle­vées?

« Sur le fo­rum, il y a quel­qu’un dont la si­gna­ture est « Un chefd’oeuvre ou rien». Ça ré­pond à ta ques­tion? Fran­che­ment, il ne faut pas vrai­ment y pen­ser si­non tu te “pa­glia­rises”.»

Avant toute chose, il faut faire comme à nos dé­buts. Si une chan­son nous sa­tis­fait tous les trois, alors elle est digne d’être pré­sen­tée à notre pu­blic », dit Biz.

RA­CON­TER DES HIS­TOIRES

Bien que plu­sieurs chan­sons soient écrites – cer­taines se­ront d’ailleurs jouées en concert dans les pro­chaines se­maines afin de les tes­ter de­vant pu­blic –, il est en­core trop tôt pour avan­cer une date de sor­tie pour l’al­bum, même si les gars évoquent le prin­temps comme cible à at­teindre.

Le tra­vail en stu­dio n’étant pas en­core com­plé­té, il est de même en­core trop tôt pour sa­voir dans quelle di­rec­tion Lo­co Lo­cass veut se di­ri­ger, même si des orien­ta­tions com­mencent à poindre.

« Il y a quand même une photo de l’écho­gra­phie. On sait que ce n’est pas des ju­meaux, donc ce ne se­ra pas un al­bum double », confie Biz, qui cau­se­ra en­core du pays dont il rêve, mais sous une forme dif­fé­rente.

« Per­son­nel­le­ment, ra­con­ter des his­toires avec des per­son­nages, comme dans M’ac­cro­cher, ça m’in­té­resse. On avait ja­mais fait ça avant de se mettre dans la peau d’un autre.

« En même temps, on l’en­tend et on se dit que pas un autre groupe que Lo­co Lo­cass n’au­rait pu écrire ça », in­ter­vient Bat­lam.

« Mais ce n’est pas la pers­pec­tive de Li­bé­rez-nous des li­bé­raux, ex­plique Biz. Ce n’est pas « mau­dit gou­ver­ne­ment, on se sui­cide trop au Qué­bec, faites donc quelque chose ». Dans M’ac­cro­cher, c’est un ado­les­cent de 14 ans qui parle. Moi, je n’ai ja­mais eu le goût de me sui­ci­der, je ne connais per­sonne qui a com­mis l’ir­ré­pa­rable. J’ai donc fait de la re­cherche, j’ai écou­té des jeunes. Je me suis dit que si j’avais 14 ans et ça al­lait mal, je par­le­rais comment. C’est un es­sai que j’ai fait. Je veux le re­faire. Il y a peut–être deux chan­sons qui se­ront comme ça sur l’al­bum. On va par­ler du Qué­bec, mais en ra­con­tant des his­toires. Comme les Cow­boys frin­gants le font très bien sur Break syn­di­cal. » Lo­co Lo­cass se­ra au Théâtre du Pe­tit-Cham­plain, le 15 jan­vier.

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