Es­cale nord-amé­ri­caine pour les pion­niers de l’elec­tro-swing

Si The Lost Fin­gers a connu un suc­cès ful­gu­rant au Qué­bec avec ses airs ins­pi­rés du jazz ma­nouche, Ca­ra­van Pa­lace, un sex­tuor fran­çais, vit un phé­no­mène com­pa­rable dans son pays en jouant dans le même car­ré de sable que ses cou­sins.

Le Journal de Quebec - Weekend - - MUSIQUE - Cé­dric Bé­lan­ger

Les Qué­bé­cois pour­ront ju­ger par leurs propres oreilles puisque Ca­ra­van Pa­lace fe­ra sa pre­mière es­cale en sol nord-amé­ri­cain en ce dé­but de jan­vier; une es­cale fort at­ten­due par les membres du groupe, ré­vèle le vio­lo­niste Hugo Payen.

« Nous sommes très im­pa­tients même s’il y au­ra quelques dif­fé­rences de de­gré avec ici (le mu­si­cien était en va­cances à l’île de la Réunion lors­qu’il s’est en­tre­te­nu avec le Jour­nal). Ça fait un pe­tit mo­ment qu’on en parle. Des “Mys­pa­ciens” nous ont fait part de leur im­pa­tience », dit ce­lui qui sou­haite que l’élec­tro-swing de la for­ma­tion plaise aux Qué­bé­cois.

« Ce genre de chose est as­sez dif­fi­cile à pré­voir. Es­pé­rons. Vous avez les Lost Fin­gers, donc, a prio­ri, on parle à peu près le même lan­gage ou presque. Il n’y a donc pas de rai­son que ça se passe mal. »

LA SCÈNE AVANT L’AL­BUM

Ca­ra­van Pa­lace, ce sont d’abord trois co­pains qui ga­gnaient leur croûte en jouant du jazz ma­nouche dans des ma­ria- ges tout en bri­co­lant des mu­siques élec­tro­niques dans leur temps libre. L’un des membres, Charles De­la­porte, a un jour re­çu pour com­mande de réa­li­ser la bande so­nore d’un film qui de­vait ma­rier le ré­tro et le mo­derne. Ses col­lègues ont mis la main à la pâte et, même si le pro­jet n’a ja­mais vu le jour, les bases de Ca­ra­van Pa­lace avaient, elles, été je­tées. Trois autres ar­tistes se sont joints à eux, et un al­bum a été en­re­gis­tré. Mais ce­lui-ci n’a pas été lan­cé im­mé­dia­te­ment, de sorte que le sex­tuor a brû­lé les planches pen­dant un an pour pas­ser le temps.

« À la base, on pen­sait que nous al­lions sor­tir l’al­bum as­sez vite, mais ce fut beau­coup plus dur que pré­vu. Du coup, plu­tôt que ne rien faire, on a dé­ci­dé de faire vivre la mu­sique, puis­qu’elle vi­vait dé­jà sur MyS­pace. On s’est dit que faire des concerts n’était pas une mau­vaise chose. Ce­la a fait en sorte que tous ceux qui nous avaient ai­més en concert se jettent sur l’al-

bum pen­dant la pre­mière se­maine. »

NOU­VEAU GENRE

Et comment? Pas moins de 120 000 exem­plaires de leur al­bum épo­nyme ont trou­vé pre­neurs, ce qui fait de Ca­ra­van Pa­lace le porte-éten­dard d’un nou­veau genre mu­si­cal au­quel il a bien fal­lu trou­ver un nom.

« En gros, on est ar­ri­vés sur élec­tros­wing. Mais nous ne sommes pas les seuls à en faire. Ça re­groupe un en­semble d’ar­tistes qui tendent vers un même mé­lange », in­dique cet ama­teur du lé­gen­daire Djan­go Rein­hardt, pion­nier du jazz ma­nouche.

« C’est un truc qui nous réunit pas mal, tout le groupe... Je me rap­pelle qu’au dé­but, on écou­tait ça pen­dant des heures dans le ca­mion. » Ca­ra­van Pa­lace se­ra au Grand Théâtre de Qué­bec le 7 jan­vier, et le 8 à l’As­tral de Mon­tréal.

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