Le pre­mier film de Tom Ford

Comment sort-on d’un deuil et re­trouve-t-on le goût de la vie? C’est ce que ra­conte Un­hom­meau­sin­gu­lier, un film am­bi­tieux qui traite de la vie, de la perte d’un être cher et de l’amour.

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA - Agence QMI

Le film, ins­pi­ré du ro­man au même titre de Christopher Isher­wood, dresse le por­trait de George Fal­co­ner (Co­lin Firth), pro­fes­seur de lit­té­ra­ture qui vit à Los Angeles. La per­sonne qu’il ai­mait le plus au monde étant dé­cé­dée, il est en­va­hi d’une tris­tesse in­fi­nie.

Mais il doit éga­le­ment gar­der le se­cret sur son deuil.

Nous sommes en 1962 et George Fal­co­ner est gai. Il doit donc ca­cher ce qu’il res­sent, car, à cette époque, la per­sé­cu­tion des mi­no­ri­tés sexuelles était cou­rante.

George Fal­co­ner vit donc en som­nam­bule de­puis huit mois à la suite de la mort de son com­pa­gnon, Jim (Mat­thew Goode). Un jour, il dé­cide de chan­ger. Comme pour sug­gé­rer que le monde en­tier est comme lui au bord de l’abîme, l’Amé­rique est en pleine crise des mis­siles.

Un homme au sin­gu­lier ra­conte cette jour­née dans la vie de Fal­co­ner, lorsque ses amis, ses voi­sins, ses étu­diants et la chance se liguent pour l’ai­der à re­mon­ter la pente et à ap­pré­cier à nou­veau la vie.

IMAGES SAI­SIS­SANTES

Il faut ab­so­lu­ment no­ter la beau­té vi­suelle et l’in­tel­li­gence émo­tion­nelle de Un homme au sin­gu­lier. Pour ses dé­buts der­rière la ca­mé­ra, le créa­teur de mode Tom Ford a conçu des images sai­sis­santes jusque dans les moindres dé­tails. Le jeu des ac­teurs est éga­le­ment re­mar­quable, par­ti­cu­liè­re­ment ce­lui de Co­lin Firth.

Ford garde sa ca­mé­ra bra­quée sur le vi­sage des gens, ce qui contri­bue à faire en­trer le spec­ta­teur dans l’es­prit de Fal­co­ner, lui per­met­tant ain­si d’éprou­ver son déses­poir, ses as­pi­ra­tions, son dé­sir et sa perte.

DES PRIX

Même si cette pré­ci­sion est su­per­flue, rap­pe­lons qu’Un homme au sin­gu­lier a bien peu à voir avec l’ho­mo­sexua­li­té, mais plu­tôt avec l’être hu­main en gé­né­ral.

Tout à fait char­mant, le film a dé­jà rem­por­té plu­sieurs prix dans des fes­ti­vals. Lorsque vous l’au­rez vu, vous com­pren­drez pour­quoi les gens ré­clament, ou plu­tôt exigent, un prix de l’Aca­dé­mie pour Co­lin Firth.

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