PE­TER JACK­SON ET L’AU-DE­LÀ

LOS ANGELES | Le ci­néaste néozé­lan­dais Pe­ter Jack­son n’aime pas la ré­pé­ti­tion. Il le prouve avec Jo­lis Os, son der­nier film, où il s’éloigne ré­so­lu­ment de l’uni­vers fan­tas­tique du Sei­gneur des anneaux qui lui a va­lu une re­con­nais­sance pla­né­taire.

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA - Pau­la Bus­ta­mante Agence France-Presse

Adap­té d’un ro­man d’Alice Se­bold, Jo­lis Os, qui sort en France au dé­but de fé­vrier, ra­conte l’his­toire d’une ado­les­cente de 14 ans vic­time de viol et de meurtre, qui ob­serve sa fa­mille et ses amis de­puis l’au-de­là.

Pour le réa­li­sa­teur de 48 ans, adap­ter l’his­toire d’Alice Se­bold était un «dé­fi» et un «for­mi­dable casse-tête».

«Nous vou­lions que le film de­vienne une sorte de ro­man po­li­cier qui ra­conte ce qui se passe quand on se trouve dans le monde du sub­cons­cient, le monde de l’au-de­là», ex­plique le réa­li­sa­teur.

La distribution réunit Su­san Sa­ran­don, Ra­chel Weisz, Stan­ley Tuc­ci, Mark Wahl­berg et Rose McI­ver. Saoirse Ro­nan, une jeune ac­trice ir­lan­daise de 15 ans qui avait été sé­lec­tion­née aux os­cars pour son rôle dans Ex­pia­tion en 2007, in­ter­prète Su­sie Sal­mon, le per­son­nage prin­ci­pal.

Stan­ley Tuc­ci, que l’on a vu ré­cem­ment in­ter­pré­ter le ma­ri de Ju­lia Childs dans Ju­lie et Ju­lia, a dû vaincre ses ré­ti­cences pour en­dos­ser le cos­tume du mé­chant.

«C’était dur à tous égards», a ex­pli­qué l’ac­teur de 49 ans, père de trois en­fants et dont la femme est morte d’un cancer cette an­née. «Je suis in­ca­pable de re­gar­der ou de lire quoi que ce soit où des en­fants souffrent. Je n’aime pas les tueurs en sé­rie.» Mais dans Jo­lis Os, «il ne s’agis­sait pas de ce­la. C’était une su­perbe his­toire sur la dou­leur de la perte.»

Ce film, mon­tré en avant-pre­mière à New York et Los Angeles, a été cri­ti­qué parce qu’il ne mon­trait pas le meurtre de l’hé­roïne. Mais Pe­ter Jack­son a dé­fen­du son ap­proche, ex­pli­quant qu’il vou­lait que les ado­les­cents puissent le re­gar­der.

«Je n’ai ja­mais consi­dé­ré ce film comme trai­tant d’un meurtre. Si nous avions tour­né une telle sé­quence de quelque ma­nière que ce soit, ce­la au­rait stig­ma­ti­sé le film», se­lon lui.

Se­lon Su­san Sa­ran­don, qui in­ter­prète la grand-mère de l’hé­roïne, le film «nous dit de vivre notre vie et d’être heu­reux quand c’est pos­sible», et «tout ce qui ar­rive, il faut sa­voir le sai­sir et, en un sens, s’aban­don­ner».

«Alors, je me suis aban­don­née à l’at­mo­sphère et aux mots, aux ci­ga­rettes et à l’al­cool, a-t-elle plai­san­té.

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