FAN­TÔMES

Avec Ac­ti­vi­té pa­ra­nor­male, sor­ti en DVD cette se­maine, l’Amé­ri­cain Oren Pe­li a ac­com­pli le même mi­racle com­mer­cial que Le pro­jet Blair. Sans bud­get, avec une ca­mé­ra ner­veuse tra­quant des ma­ni­fes­ta­tions sur­na­tu­relles qui se pro­duisent hors champ, le ci­néas

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA - Me­dia­film.ca

À par­tir des an­nées 60, The In­no­cents (1961), de Jack Clay­ton, s’ins­pire du clas­sique de Hen­ry James Le tour d’écrou et narre les mésa­ven­tures de la nou­velle gou­ver­nante de deux en­fants, qui en vient à croire que ceux-ci vivent sous la coupe des es­prits mal­veillants de deux an­ciens ser­vi­teurs.

Pa­ru deux ans plus tard, La mai­son du diable, de Ro­bert Wise, d’après le best­sel­ler de Shir­ley Jack­son, s’in­té­resse à un groupe ve­nu sé­jour­ner dans un ma­noir ré­pu­té être han­té.

Bien qu’il s’agisse d’une his­toire de pos­ses­sion dé­mo­niaque, la trame de L’exor­ciste (1973), de William Fried­kin, met en ve­dette le thème de la mai­son han­tée et triomphe au­près de la cri­tique et du pu­blic. La même an­née, La mai­son des dam­nés, de John Hough, d’après le ro­man culte de Ri­chard Ma­the­son, aborde le thème de ma­nière clas­sique et connaît lui aus­si un beau suc­cès.

À la fin de cette dé­cen­nie et le dé­but de la sui­vante, on ob­serve un re­gain d’in­té­rêt pour ce su­jet. L’adap­ta­tion du best-sel­ler ti­ré de « faits vé­cus » Ami­ty­ville – La mai­son du diable, re­la­tant les ex­pé­riences bi­zarres de la fa­mille Lutz, car­tonne au box-of­fice en 1979, sous la di­rec­tion de Stuart Ro­sen­berg. L’an­née sui­vante, le plus mo­deste L’en­fant du diable sé­duit pu­blic et cri­tique. La ré­pu­ta­tion de ce pe­tit film canadien très bien réa­li­sé par Pe­ter Me­dak conti­nue de croître en­core au­jourd’hui.

Ce­la étant, 1980 est l’an­née de The Shi­ning, l’adap­ta­tion par Stan­ley Ku­brick du best-sel­ler de Ste­phen King. Lors de sa sor­tie, ce long mé­trage oni­rique et ma­cabre n’a pas fait l’una­ni­mi­té, mais l’his­toire s’est pro­non­cée et il trône à pré­sent par- mi les oeuvres les plus ter­ri­fiantes du genre.

Sen­sa­tion­na­liste, L’em­prise, de Sid­ney J. Fu­rie, vaut sur­tout pour la per­for­mance cré­dible de Bar­ba­ra Her­shey, dont le per­son­nage est agres­sé à ré­pé­ti­tion par une en­ti­té vi­cieuse. La trame d’Ac­ti­vi­té pa­ra­nor­male em­prunte d’ailleurs un peu à ce fait di­vers contes­té.

Ces der­nières an­nées, Les autres, d’Ale­jan­dro Amenabar, a re­mis au goût du jour la sen­si­bi­li­té d’Hen­ry James et le sens de l’hor­reur sug­gé­rée. Si Hol­ly­wood est tom­bé ré­cem­ment dans la marmite du fan­tas­tique à la ja­po­naise – comme en font foi les nou­velles ver­sions pro­duites à la chaîne, telles que Le cercle et Rage meur­trière –, le suc­cès mon­dial de films plus sub­tils, qui misent da­van­tage sur l’at­mo­sphère et les per­son­nages, comme L’échine du diable, de Guiller­mo Del To­ro, prouve que le pu­blic est tou­jours par­tant pour se faire ra­con­ter une bonne his­toire de fan­tômes à l’an­cienne.

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