Le Po­lar Bear Ex­press... TOU­JOURS SUR LES RAILS

TIM­MINS, On­ta­rio | (Sun Me­dia) L’an­née 2009 marque le 45e an­ni­ver­saire du Po­lar Bear Ex­press, une des at­trac­tions tou­ris­tiques les plus cé­lèbres du nord de l’On­ta­rio. Le tra­jet à sa­veur exo­tique, sur­tout pour un étran­ger, re­lie la ville de Co­chrane, à 45

Le Journal de Quebec - Weekend - - TOURISME -

« Les gens adorent les voyages en train, » af­firme Dawn El­liott, di­rec­trice des ser­vices aux pas­sa­gers de ce train tou­ris­tique. « C’est nos­tal­gique et ro­man­tique; le genre de pro­jet que tout le monde veut faire au moins une fois. »

La sai­son 2009 du Po­lar Bear Ex­press a com­men­cé pen­dant la se­maine de la Fête du Ca­na­da et des cen­taines de vi­si­teurs ve­nus de par­tout en Amé­rique du Nord sont ar­ri­vés dans la pe­tite ville de Co­chrane pour en­ta­mer leur pé­riple vers Moo­so­nee.

Comme des mil­liers d’autres avant eux, quelques pas­sa­gers ont pa­tiem­ment at­ten­du l’ar­ri­vée du train à l’ex­té­rieur de la gare en res­pi­rant l’air frais du ma­tin. D’autres ont at­ten­du à l’in­té­rieur en dé­jeu­nant au chaud au res­tau­rant de l’hô­tel The Sta­tion Inn.

Le pre­mier voyage tou­ris­tique du Po­lar Bear Ex­press date de 1964 : un al­ler-re­tour d’une jour­née en di­rec­tion nord – de Co­chrane jus­qu’aux villages de Moo­so­nee et de Moose Fac­to­ry dans la baie James, puis de re­tour à Co­chrane.

Les choses ont bien chan­gé de­puis. L’heure de dé­part, par exemple, est beau- coup plus tar­dive qu’au cours des an­nées pré­cé­dentes. À une cer­taine époque, on pou­vait en­tendre le train quit­ter la ville à 8 h le ma­tin afin de don­ner plus de temps aux tou­ristes pour vi­si­ter Moo­so­nee et Moose Fac­to­ry.

Se­lon l’ho­raire of­fi­ciel, l’heure de dé­part est dé­sor­mais à 9 h, mais ce n’est pas tou­jours le cas; le train n’a pas bou­gé avant 10 h 10 le jour de notre voyage.

Un em­ployé nous a ex­pli­qué que c’était parce que l’équipe de la veille qui était ar­ri­vée tard à Co­chrane et que l’em­ployeur doit leur ac­cor­der au moins huit heures de som­meil.

Une fois en route, les tou­ristes se sont ins­tal­lés confor­ta­ble­ment alors que l’Ex­press a len­te­ment en­ta­mé son pé­riple à tra­vers la fo­rêt dense au nord de Co­chrane. Un em­ployé du train nous a ex­pli­qué qu’une li­mite de vi­tesse tem­po­raire était en vi­gueur ce jour-là en rai­son des ré­pa­ra­tions à la voie fer­rée.

C’est de­ve­nu as­sez évident une de­mi­heure après avoir quit­té la gare alors que le train n’avait pas en­core at­teint le 10e mille.

Ça n’a pas em­pê­ché les voya­geurs d’al­ler ex­plo­rer le train en se pro­me­nant de wa­gon en wa­gon – un des avan­tages du trans­port fer­ro­viaire. L’Ex­press in­clut deux wa­gons-res­tau­rants avec des me­nus de dé­jeu­ner, de dî­ner et de sou­per ain­si qu’un « snack-bar » où vous pou­vez ache­ter des muf­fins et du ca­fé.

Ceux qui ont op­té pour le wa­gon-res­tau­rant ont eu droit au dé­jeu­ner com­plet avec du ca­fé à vo­lon­té (sem­blable à ce qu’on re­trou­ve­rait dans n’im­porte quel res­to de vil­lage). Pour deux, avec pour­boire, la fac­ture du dé­jeu­ner s’élève à en­vi­ron 20 $.

L’AR­RÊT DE JOHN­NY

À me­sure que le train avance vers le nord, une des par­ti­cu­la­ri­tés du Po­lar Bear Ex­press nous saute aux yeux : c’est un des rares trains au monde qui offrent en­core un ser­vice « d’ar­rêt sur de­mande » à cer­tains en­droits pour les cam­peurs.

Le jour de notre voyage, Jean « John­ny » Lé­vesque s’ar­rête à sa ca­bine où il vit pen­dant toute l’an­née. Le re­trai­té de 66 ans était al­lé à Co­chrane pour ache­ter de la nour­ri­ture pour ses chiens. Une fois le train im­mo­bi­li­sé, Lé­vesque est ac­cueilli par une ca­co­pho­nie d’aboie­ments de la part des chiens qui l’at­tendent en bor­dure de la voie fer­rée. Le vieil homme les ca­resse en riant puis il part en sa­luant les com­mis aux ba­gages.

C’est un sys­tème in­té­res­sant, mais on compte un peu trop d’ar­rêts à notre goût. Les rails qui mènent à Moo­so­nee sont en ré­pa­ra­tion et l’Ex­press est donc for­cé de s’ar­rê­ter à nou­veau. Pour les pas­sa­gers qui com­mencent à re­gar­der leurs montres avec im­pa­tience, c’est une ex­pé­rience aus­si frus­trante que celle sur l’au­to­route 401.

Mais il n’en va pas de même pour les plus jeunes. Le train in­clut un wa­gon de di­ver­tis­se­ment ain­si qu’un wa­gon pour en­fants (su­per­vi­sé par des adultes) où ils ont ac­cès à des jeux, des jouets et des ac­ti­vi­tés. Les ado­les­cents semblent sa­tis­faits de mar­cher d’un bout à l’autre du train pour échap­per à leurs pa­rents.

Un des pas­sa­gers à qui nous avons par­lé n’était pas in­quiet de ne pas pou­voir se ser­vir de son cel­lu­laire au nord de Co­chrane, mais il était dé­çu de consta­ter qu’il n’y avait au­cune prise pour son or­di­na­teur por­table. « Ce n’est pas comme le train (de ban­lieue to­ron­toise) GO », a-t-il dit en sou­pi­rant.

Pour l’ins­tant, les uti­li­sa­teurs d’or­di­na­teurs por­tables de­vront comp­ter sur leurs bat­te­ries. Nous en avons aper­çu plu­sieurs (sur­tout des jeunes) avec leur « lap­top » en train d’étu­dier pour un exa­men sur les hé­li­co­ptères ou de jouer à des jeux.

Le wa­gon à dôme est une des at­trac­tions les plus po­pu­laires. Il ne contient au­cun siège ré­ser­vé et les pas­sa­gers sont in­vi­tés à s’y rendre pour ad­mi­rer le pay­sage. À cer­tains en­droits, la fo­rêt passe à moins d’un mètre des fe­nêtres.

Un peu plus loin, ils peuvent ad­mi­rer l’éten­due des vastes rivières du nord de l’On­ta­rio, dont l’Abi­ti­bi et la Moose. Les in­nom­brables fleurs sau­vages qui poussent le long des rails sont spec­ta­cu­laires.

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