20 ANS PLUS TARD REN­DEZ-VOUS AVEC L'HIS­TOIRE

Le Journal de Quebec - Weekend - - LA UNE - Da­ny Bou­chard DBOU­CHARD@JOUR­NALMTL.COM

MON­TRÉAL | À sa der­nière vi­site à Mon­tréal, il avait 47 ans, mais il était dé­jà une lé­gende. Le mois der­nier, il a souf­flé ses 68 bou­gies. C’est de la vi­site rare, ex­cep­tion­nelle, qui s’amène au Centre Bell, jeu­di soir, pour ce que cer­tains qua­li­fient dé­jà de concert le plus im­por­tant de la der­nière dé­cen­nie.

« La ve­dette est res­tée dans l’ombre, mais les Beatles ont re­vé­cu », ti­trait le Jour­nal de Mon­tréal au len­de­main du der­nier spec­tacle de Paul McCart­ney dans la mé­tro­pole, le 9 dé­cembre 1989, au Fo­rum.

À la porte, les re­ven­deurs re­ven­daient leurs billets jus­qu’à 200 $, presque une au­baine, com­pa­ra­ti­ve­ment à ce que coûte un billet au par­terre pour le spec­tacle de jeu­di soir (250 $ à la billet­te­rie, mais re­ven­dus quatre fois plus cher sur le Web).

Au Fo­rum, McCart­ney avait chan­té Rough Ride, Flo­wers in the Dirt, Band on the Run, Ebo­ny and Ivo­ry, il avait aus­si dé­dié The Fool on The Hill à John, George et Rin­go. Il a éga­le­ment chan­té Ser­gent Pep­per’s Lo­ne­ly Hearts Club Band, Can’t

Buy Me Love, Let It Be et Yes­ter­day. Vingt ans plus tard, l’ex-Beatle est de re­tour à Mon­tréal après une sé­rie de ren­dez-vous man­qués, dont un concert qui pro­met­tait d’être gran­diose au Stade olym­pique en 1990 et qui a fi­na­le­ment été an­nu­lé en rai­son de pro­blèmes de lo­gis­tique.

De­puis sa der­nière vi­site, Paul McCart­ney a fait plu­sieurs autres tour­nées, comme The New World

Tour en 1993 et Back in the World Tour en 2003, sans ja­mais s’ar­rê­ter à Mon­tréal. En 2005, il a failli ajou­ter la mé­tro­pole à sa liste de villes vi­si­tées dans le cadre de la tour­née The US Tour, mais il a pré­fé­ré ne faire qu’un seul ar­rêt au pays, à To­ron­to.

ACHAR­NE­MENT

De­puis 2003, le Groupe Spec­tacles Gillett, de­ve­nu Even­ko, est sur le cas. « De­puis la der­nière tour­née, j’en­voyais des mails et j’en­voyais d’autres mails (à son en­tou­rage), et on me di­sait : “À la pro­chaine tour­née”, a confié Jacques Au­bé, le vice-pré­sident et di­rec­teur gé­né­ral d’Even­ko, au mo­ment où le spec­tacle s’est confir­mé. Il s’est pro­ba­ble­ment dit alors : “Je suis mieux d’y al­ler, si­non ils vont ve­nir me cher­cher.” »

En juillet 2008, Paul McCart­ney a quand même don­né un peu d’amour à son pu­blic qué­bé­cois avec un spec­tacle sur les plaines d’Abra­ham, à Québec, qui a ras­sem­blé une foule monstre de 200 000 spec­ta­teurs. « Bon­soir les Qué­bé­cois. Bon­soir toute la gang », s’est-il écrié en mon­tant sur scène, sa lé­gen­daire basse Höf­ner ser­rée contre lui.

« Je ne crois pas qu’on au­rait pu avoir quel­qu’un de plus im­por­tant sur le plan sym­bo­lique pour cé­lé­brer le 400e. Ça rem­pla­çait la reine et le pape, qu’on n’a pu avoir », di­sait plus tard en riant le maître d’oeuvre du 400e an­ni­ver­saire de Québec, Da­niel Gélinas.

Quelques jours après son spec­tacle, Paul McCart­ney a évo­qué sa vi­site en des termes très élo­gieux.

« C’était fan­tas­tique! La foule était in­croyable, di­sait-il sur son site Web. Tout ce qu’on pou­vait voir, c’était des gens, dans toutes les di­rec­tions. Ça m’a rap­pe­lé Glas­ton­bu­ry. »

UP AND CO­MING

Au Centre Bell, jeu­di soir, la lé­gende pro­po­se­ra le spec­tacle de sa tour­née Up and Co­ming, qui a dé­bu­té à Glen­dale, en Ari­zo­na, le 28 mars. McCart­ney a don­né quatre spec­tacles aux États-Unis et trois autres en Amé­rique la­tine avant de mettre le cap sur l’Eu­rope à la mi-juin. Il est re­ve­nu en Amé­rique le 10 juillet, à San Fran­cis­co.

« Cool night, hot show », ti­trait d’ailleurs le San Fran­cis­co Exa­mi­ner au len­de­main de son spec­tacle qui a réuni 40 000 spec­ta­teurs.

« Pour plu­sieurs, lorsque Sir Paul ap­pa­raît, c’est un évé­ne­ment his­to­rique », no­ta la ré­dac­tion du jour­nal en évo­quant une vi­site fort at­ten­due qui fait du mo­ment un évé­ne­ment digne d’une mer­veille du monde. Rien de moins.

L’ac­tuelle tour­née n’est d’ailleurs pas très longue. Après Mon­tréal, Sir Paul ne vi­si­te­ra que deux au-tres villes : Phi­la­del­phie et Pitts­burgh (deux concerts à chaque en­droit).

Chaque soir, Paul McCart­ney pro­pose quelque 35 chan­sons pour un spec­tacle qui dure près de trois heures.

À Den­ver, le 15 juillet, il a com­men­cé le spec­tacle avec Ve­nus and Mars / Rock­show. Il l’a ter­mi­né, au se­cond rap­pel, avec Ser­gent Pep­per’s

Lo­ne­ly Hearts Club Band.

« Une autre in­va­sion bri­tan­nique a frap­pé l’Utah mar­di soir », écri­vait le De­sert News au len­de­main du spec­tacle de Salt Lake Ci­ty, deux jours avant ce­lui de Den­ver.

En con­si­dé­rant son sta­tut de lé­gende et le temps qu’il met entre cha­cune de ses vi­sites, on peut croire – ou es­pé­rer – que 16 000 fans de mu­sique au­ront ren­dez-vous avec l’His­toire jeu­di soir au Centre Bell.

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