« LA BANDE ORI­GI­NALE DE MA JEU­NESSE » — Pierre Mar­chand

Le Journal de Quebec - Weekend - - NEWS - Da­ny Bou­chard DBOU­CHARD@JOUR­NALMTL.COM

MON­TRÉAL | « Les plus grands de la pla­nète sont les plus groun­dés. » C’est ce que Pierre Mar­chand re­tient de Paul McCart­ney, son idole de tou­jours, qu’il a ren­con­tré près d’une di­zaine de fois en 20 ans.

Sur ce point, l’ex-grand ma­ni­tou de Mu­sique Plus et main­te­nant pré­sident du Groupe Ar­cham­bault sec­teur Mu­sique trace un pa­ral­lèle avec Cé­line Dion.

« Il est simple, pas com­pli­qué. Il vient d’un mi­lieu très fa­mi­lial. Il dit sou­vent que, quand il re­tourne à Li­ver­pool, il n’est pas Paul McCart­ney, mais Paul de Li­ver­pool.

« Je vois énor­mé­ment de res­sem­blances entre lui et Cé­line Dion quant à leur cô­té ex­trê­me­ment groun­dé, très terre à terre, par rap­port aux liens qu’ils ont tou­jours gar­dés, en­tre­te­nus. »

Pierre Mar­chand s’est fa­mi­lia­ri­sé avec l’uni­vers des Beatles à l’âge de sept ans.

« Le pre­mier disque que j’ai eu pour vrai, ça a été Abbey Road, se sou­vient-il.

« Mu­si­ca­le­ment, c’est tel­le­ment im­por­tant, dit-il à pro­pos de l’oeuvre du Fab Four. Dans les an­nées 1950, il y a eu une ex­plo­sion de la mu­sique rock qui a fait sha­ker la ca­bane, ana­lyse-t-il en évo­quant no­tam­ment le sou­ve­nir d’El­vis. Les Beatles ont raf­fi­né tout ça. »

Pour Pierre Mar­chand, la mu­sique des Beatles a quelque chose de rare, d’in­tou­chable. « Les Beatles, c’est la fon­da­tion de mes goûts, c’est mon dic­tion­naire de la mu­sique. Il y a tel­le­ment de re­cettes là­de­dans que tu peux écou­ter les chan­sons, les ré­écou­ter et tu dé­couvres tou­jours quelque chose.

« Ça a été la bande ori­gi­nale de ma jeu­nesse. C’étaient des mo­dèles. Je re­gar­dais leur at­ti­tude cool de gars sin­cères, ré­vo­lu­tion­naires, qui avaient des opi­nions. Ça a for­mé, in­cons­ciem­ment, ce que je suis de­ve­nu comme gars. »

UNE PRE­MIÈRE REN­CONTRE EN 1989

Pierre Mar­chand se sou­vient des moindres dé­tails de sa toute pre­mière ren­cont- re avec McCart­ney, en 1989, à l’époque où il a an­non­cé son re­tour sur scène et un spec­tacle à Mon­tréal.

« À cette époque-là, j’étais à Mu­sique Plus. Je vou­lais ab­so­lu­ment avoir une en­tre­vue et on m’avait dit que c’était im­pos­sible. Je suis al­ler­gique à ce mot-là. »

Pierre Mar­chand connais­sait le pu­bli­ciste du groupe Men Whi­tout Hats, le même que ce­lui de Paul McCart­ney en Amé­rique du Nord. Un coup de fil du pa­tron de Mu­sique Plus a suf­fi à le convaincre d’or­ga­ni­ser une ren­contre dans une salle du Fo­rum.

« J’étais avec So­nia Be­nez­ra. On s’était su­per bien pré­pa­rés. (...) Quand il est ar­ri­vé, je l’ai un peu ac­ca­pa­ré », ra­conte Pierre Mar­chand.

Sai­sis­sant l’im­por­tance du mo­ment, Pierre Mar­chand lui a pré­sen­té la basse dont il jouait de­puis l’âge de 15 ans. « Je lui ai de­man­dé de m’écrire un mot et il a si­gné: Paul McCart­ney World Tour 89. Elle est chez moi, bien po­si­tion­née », dit-il.

Pierre Mar­chand et So­nia Be­nez­ra l’ont ren­con­tré à nou­veau l’an­née sui­vante, pour une autre en­tre­vue.

Au to­tal, Pierre Mar­chand a eu la chance de croi­ser Paul McCart­ney à sept ou huit re­prises, la plus par­ti­cu­lière de leur ren­contre étant sans contre­dit à Québec, avant son spec­tacle sur les plaines d’Abra­ham, il y a deux ans. C’est Pierre Mar­chand qui avait né­go­cié quelques jours plus tôt la cap­ta­tion de l’évé­ne­ment pour l’of­frir dans une for­mule de té­lé à la carte. « C’était la pre­mière fois que je tra­vaillais vrai­ment avec un Beatles. C’était le summum, pour moi », re­comn­naît-il.

UN CO­CON EX­TRA­OR­DI­NAIRE

Chaque fois qu’il le voit, Paul McCart­ney se sou­vient de lui. « Il me voit comme le gars de TV, dit-il. Avec lui, c’est

high se­cu­ri­ty, ne l’ap­proche pas qui veut. Quand tu as per­cé ça, tu es dans un co­con ex­tra­or­di­naire. (...) Il est comme ce qu’on voit: ex­trê­me­ment gen­til. »

Pierre Mar­chand as­sis­te­ra au spec­tacle de jeu­di soir au Centre Bell, un peu plus de 20 ans après l’avoir vu pour la toute pre­mière fois, à To­ron­to, dans un siège à la pre­mière ran­gée.

« À la base, c’est le même spec­tacle, mais il change quelques chan­sons », di­til en poin­tant deux titres comme étant ses fa­vo­ris: My Love, que McCart­ney avait com­po­sé pour sa femme Lin­da, et

Here, There and Eve­ryw­here, de l’al­bum Re­vol­ver.

PHOTO D’ARCHIVES

Pierre Mar­chand a ren­con­tré Paul McCart­ney pour la toute pre­mière fois en 1989, dans une salle du Fo­rum.

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