« ON AU­RAIT DIT QUE TOUT ÇA ÉTAIT TAILLÉ POUR MOI » - Gilles Va­li­quette

Le Journal de Quebec - Weekend - - NEWS - Da­ny Bou­chard

MON­TRÉAL | « Je me suis per­du là-de­dans comme d’autres se perdent dans la drogue », ad­met Gilles Va­li­quette, en par­lant de la mu­sique des Beatles, qu’il a dé­cou­verte lors­qu’il avait 11 ans.

Gilles Va­li­quette se sou­vient avec une pré­ci­sion qua­si chi­rur­gi­cale des moindres dé­tails de son pre­mier contact avec les Beatles.

« J’avais 11 ans. C’était la pé­riode des Fêtes, entre les an­nées 1963 et 1964. C’était le ven­dre­di du der­nier wee­kend de congé avant le re­tour en classe, ra­conte-t-il.

« C’était le soir du bain et c’était le show de Jack Paar sur ABC. Je suis sor­ti du bain et ma mère m’a dit : “Gilles ! Viens voir ça”. Il mon­trait un clip des Beatles et il an­non­çait que les Beatles se­raient au Ed Sul­li­van Show le mois sui­vant. »

En at­ten­dant de re­voir le groupe à la té­lé­vi­sion, le jeune Gilles Va­li­quette s’est mis en tête d’ap­prendre tout ce qu’il pou­vait sur les Beatles.

« Pen­dant un mois, je me suis édu­qué sur le phé­no­mène. J’ai go­bé ça comme

ça se peut pas », dit-il en riant.

En avril 1964, Gilles Va­li­quette s’est ache­té son pre­mier al­bum des Beatles, l’ex­trait Twist and Shout, en vente chez un pe­tit dé­pan­neur du quar­tier Ville­ray.

« L’al­bum était sor­ti en fé­vrier, mais je me le suis ache­té avec l’ar­gent que j’avais eu à ma fête en avril 1964 », se sou­vient-il, en ajou­tant qu’il a en­core le pré­cieux disque.

D’INS­TINCT

La mu­sique des Beatles a ber­cé son ado­les­cence.

« Tout ça se fait d’ins­tinct. On au­rait dit que tout ça était taillé pour moi.

« Je me suis per­du là-de­dans comme d’autres se perdent dans la drogue. À l’ado­les­cence, il y a des émo­tions qu’on ne sait pas com­ment ex­pri­mer et la mu­sique est un bon tuyau d’échap­pe­ment », ana­lyse-t-il au­jourd’hui.

Des quatre Beatles, Paul McCart­ney a as­su­ré­ment un « sens com­mer­cial plus ef­fi­cace » que les trois autres, es­time Gilles Va­li­quette pour ex­pli­quer le suc­cès pla­né­taire qu’il connaît de­puis au­tant d’an­nées.

« C’est un gars très am­bi­tieux ; quand il s’as­soit à la table à des­sin, il veut que ça colle, il veut être nu­mé­ro un, il veut être ai­mé. »

Gilles Va­li­quette l’a vu en spec­tacle une bonne di­zaine de fois, à Boston, à To­ron­to, à Win­ni­peg et à Mon­tréal.

« Ses spec­tacles sont tou­jours très bons, mais le plus in­té­res­sant, le plus émo­tif, était ce­lui à Mon­tréal en 1989. Tous les gens de ma ran­gée pleu­raient », dit-il en évo­quant la sep­tième chan­son du spec­tacle, Got to get you In­to my Life.

« Un mois après, j’ai vu le même spec­tacle en An­gle­terre. Nul n’est pro­phète en son pays ; j’ai trou­vé les Bri­tan­niques tel­le­ment froids à son égard que c’en était in­croyable », ra­conte-t-il.

JA­MAIS UNE NOTE DE TROP

Gilles Va­li­quette se­ra par­mi la foule de quelque 16 000 spec­ta­teurs ras­sem­blés au Centre Bell jeu­di soir, même si « trou­ver des billets n’était pas de tout re­pos », ad­met-il.

« La qua­li­té de ses chan­sons est re­mar­quable, son ap­proche en tant que mu­si­cien est tou­jours re­cher­chée, ja­mais com­pli­quée. Il n’y a ja­mais une note de trop », dit-il à pro­pos de ce­lui qui lui a don­né une grande le­çon de mu­sique.

« Ce qu’il a réus­si à me vendre, c’est l’im­pact du format de trois mi­nutes. Si tu as un mes­sage à pas­ser, une émo­tion à pas­ser, tu dois les pa­cka­ger en trois mi­nutes », confie l’ar­tiste de 58 ans.

PHOTO D’ARCHIVES

Gilles Va­li­quette a pas­sé près à quelques oc­ca­sions de ren­con­trer Paul McCart­ney, mais il n’a fi­na­le­ment ja­mais eu la chance de lui ser­rer la main.

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