TOM JONES EST DE RE­TOUR

Le Journal de Quebec - Weekend - - NEWS -

What’s new pus­sy­cat? Ce qui est nou­veau, c’est le der­nier al­bum du croo­ner bri­tan­nique Tom Jones qui, à 70 ans, ar­rive à nous im­pres­sion­ner au­tant que n’im­porte quel pe­tit jeune. En l’écou-l’écou­tant,tant, vous vous di­rez peut-être : « It’s not unu­sual to be lo­ved by anyone » (ça n’est pas in­ha­bi­tuel d’être ai­mé par quel­qu’un). Son der­nier al­bum, Praise and Bla-Bla

me,, n’est pas un re­cueil de chan­sons sexy, am­biance lounge, chan­tées en cla­quant des doigts avec une che­mise lar­ge­ment en­trou­verte, qu’on écoute en si­ro­tant un mar­ti­ni ou un cos­mo. Ce n’est pas une suite de chan­sons taillées sur me­sure pour la trame so­nore d’un film de James Bond. Non, c’est un re­cueil de onze chan­sons amé­ri­caines de gos­pel et de blues, si­gnées entre autres Bob Dylan, John­ny Cash ou John Lee Hoo­ker. C’est du sé­rieux et ça s’écoute avec re­cueille­ment parce que c’est chan­té avec les tri-tripes.

Sa­Sa voix est main­te­nant plus grave, plus riche, plus vul­né­rable peut-peu­têtre. Il a ra­len­ti son dé­bit, ce qui convient par­fai­te­ment à ces chan­son­schan­sons plus in­ti­mistes. Et en s’at­ta­quant à un ré­per­toire aus­si so­lide, il prouve que c’est payant pour un ar­tiste de chan­ter les chan­sons qui ont une vraie ré­so­nance avec notre vie per­son­nelle.

CHAN­GE­MENT RA­DI­CAL

De­puis ses dé­buts, Tom Jones a ven­du 150 mil­lions d’al­bums. Il s’est fait connaître avec ses che­mises dé­bou­ton­nées jus­qu’au mi­lieu du ventre, ses pan­ta­lons ser-ser­rés­rés et ses chan­sons sexy. Jus­qu’ici, on l’as­so­ciait sur­tout à un per­son­nage qui n’avait pas peur de jouer la carte de la sen­sua­li­té, pour tout dire une pâle co­pie d’El­vis Pres­ley. Quand il se pro­dui-pro­dui­sait­sait à Las Ve­gas, les femmes lui lan­çaient sur scène la clé de leur chambre. Mais à 70 ans, il a fort bien com­pris qu’il se se­rait cou­vert de ri­di­cule s’il s’était obs­ti­né dans cette di­rec­tion et qu’il au­rait tout sim­ple­ment eu l’air d’un mo­noncle li­bi­di­neux.

Praise and Blame si­gni­fie « éloge et re­proche ». Je n’ai que des éloges à faire à cet al­bum tou­chant, ac­cro­cheur et per­cu­tant. Mais un seul re­proche : pour­quoi ne pas l’avoir fait avant?

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