UNE PRE­MIÈRE EX­PÉ­RIENCE POUR KIM THÙY

Le Journal de Quebec - Weekend - - LIVRES - Cyn­thia Du­bé Agence QMI

EAST­MAN | L’au­teure Kim Thùy par­ti­cipe pour la pre­mière fois aux Cor­res­pon­dances d’East­man, dont la hui­tième édi­tion se dé­roule jus­qu’à de­main, en Es­trie. Celle qui a quit­té le Viet­nam à l’âge de dix ans pour ve­nir s’éta­blir en ca­tas­trophe au Québec en a long à dire sur son amour des mots et du fran­çais.

Même si elle in­siste pour dire que, lors­qu’on la com­pare à celle d’autres Viet­na­miens, son his­toire n’a rien de trop dra­ma­tique ou ex­tra­or­di­naire, le par­cours de Kim Thùy a tout de même de quoi émou­voir.

À l’âge de dix ans, elle et sa fa­mille ont fui le Viet­nam. Ils étaient ca­chés dans la cale d’un ba­teau et en­tas­sés avec quelque 200 autres per­sonnes qui, comme eux, ten­taient d’échap­per à la guerre. C’est fi­na­le­ment dans la ville de Granby que la pe­tite fa­mille a été ac­cueillie, pour tout re­com­men­cer à zé­ro.

Cette his­toire que tant de ré­fu­giés ont vé­cue, l’au­teure la ra­conte à sa fa­çon dans son pre­mier ro­man, Ru.

« J’aime croire que mon livre ra­conte aus­si l’his­toire de tous les Viet­na­miens qui ont quit­té le pays d’une fa­çon dif­fi­cile. Ce­pen­dant, je sais qu’il y a eu des par­cours beau­coup plus durs que le mien. Contrai­re­ment à bien des gens, nous n’avons pas eu de pé­pins. En fait, je ra­conte l’his­toire de ceux qui sont pas­sés par le même par­cours, mais à tra­vers des jeux de mots pour per­son­na­li­ser la chose. Ma mo­ti­va­tion pre­mière pour l’écri­ture de ce ro­man était mon amour des mots », ex­plique cette avo­cate de for­ma­tion.

LA PAS­SION DES MOTS

L’ac­cueil qu’a re­çu Ru de la part du pu­blic et des mé­dias a été tel que Kim Thùy a ra­pi­de­ment pris la dé­ci­sion de se consa­crer en­tiè­re­ment à l’écri­ture. Après tout, elle lit et écrit par pur plai­sir de­puis son en­fance.

Mais d’où vient cette grande af­fec­tion pour la langue fran­çaise?

« Ma langue ma­ter­nelle est le viet­na­mien, mais j’ai ar­rê­té d’étu­dier dans cette langue à l’âge de dix ans, ce qui est tout de même très jeune. J’ai donc ap­pris à ré­flé­chir, à ai­mer et à vivre en fran­çais. Lorsque nous sommes ar­ri­vés à Granby, nous avons été tel­le­ment bien ac­cueillis! Nous sommes ra­pi­de­ment de­ve­nus en amour avec les gens, avec la culture et la langue », ra­conte celle qui écrit ac­tuel­le­ment son deuxième ro­man. « Ru tour­nait au­tour du mot sur­vivre, mais mon deuxième ro­man par­le­ra da­van­tage de l’ap­pren­tis­sage de vivre. »

À SA REN­CONTRE…

Cu­rieux de ren­con­trer Kim Thùy? Elle se­ra des Cor­res­pon­dances d’East­man à l’oc­ca­sion du ca­fé lit­té­raire « L’at­tente de l’autre », au­jourd’hui à 13 h 15.

« C’est un pri­vi­lège de se re­trou­ver avec le pu­blic pour dis­cu­ter de notre pas­sion pour les mots. Les Cor­res­pon­dances, c’est un genre de Wood­stock, mais pour les livres (rire) », conclut la sym­pa­thique au­teure.

PHOTO COUR­TOI­SIE

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