Le Ta­lé­galle de La­tham

Le Journal de Quebec - Weekend - - TOURISME - Jean Lé­veillé jle­veille@jour­nalmtl.com

Le ga­ba­rit du Ta­lé­galle de La­tham (de son nom fran­çais) se com­pare avan­ta­geu­se­ment à ce­lui d’une de ces dindes qu’on aime tant dé­gus­ter sur nos tables à l’oc­ca­sion de la ré­cep­tion des fêtes de Noël ou du jour de l’An. Mieux connu sous le nom d’Aus­tra­lian Brush-tur­key, mais aus­si ap­pe­lé com­mu­né­ment Scrub Tur­key (la dinde qui gratte) par les ha­bi­tants de l’Aus­tra­lie, cet oi­seau im­pres­sionne par sa taille de 60 à 75 cm et les di­men­sions de ses ailes, qui se dé­ploient sur plus de 85 cm.

Im­mense, il est fa­cile à re­con­naître avec son énorme queue en forme d’éven­tail apla­ti sur les cô­tés, son plu­mage noi­râtre, sa tête rou­geâtre et son cou jaune.

UN SÉ­DUC­TEUR AS­TU­CIEUX ET AT­TEN­TIF…

Les ca­ron­cules (ces ex­crois­sances au ni­veau du cou) du mâle ap­pa­raissent pour an­non­cer le dé­but de la sai­son des amours. Une sai­son peu ba­nale au cours de la­quelle j’ai eu l’oc­ca­sion d’ob­ser­ver l’étrange com­por­te­ment ter­ri­to­rial du ru­sé et as­tu­cieux sé­duc­teur.

Ces oi­seaux aiment vivre en groupes qui de­viennent de vé­ri­tables com­munes, ha­bi­tuel­le­ment sous la gou­verne d’un mâle qui do­mine un ha­rem consti­tué de plu­sieurs fe­melles. Mais les co­pines n’aiment pas par­ti­cu­liè­re­ment as­su­mer la tâche de la cou­vai­son des oeufs.

SUR­VEILLER LA TEM­PÉ­RA­TURE DE L’IN­CU­BA­TEUR…

Au mo­ment de mon pas­sage, un mâle ache­vait d’éri­ger un mon­ti­cule com­po­sé de terre, de ma­té­riaux hé­té­ro­clites, mais sur­tout de feuilles qu’il ac­cu­mule en grat­tant le sol en­vi­ron­nant avec ses pattes (d’où son sur­nom de Scrub Tur­key).

Le mon­ti­cule fai­sait en­vi­ron 1,5 mètre de hau­teur par 4 à 5 mètres de dia­mètre. Avant que la butte n’at­teigne la moi­tié de ses di­men­sions fi­nales, les fe­melles dé­posent avec pré­cau­tion leurs oeufs au centre de ce qui de­vient un in­cu­ba­teur na­tu­rel par­ti­cu­liè­re­ment ef­fi­cace.

Comme l’avaient dé­cou­vert il y a fort long­temps les al­li­ga­tors et les cro­co­diles, la cha­leur dé­ga­gée par les vé­gé­taux ac­cu­mu­lés se charge de faire évo­luer, puis éclore au bon mo­ment les jo­lies co­quilles.

CHOI­SIR LE SEXE

Mais en­core faut-il que la tem­pé­ra­ture in­terne res­pecte cer­taines normes. C’est alors que le maître des lieux doit être par­ti­cu­liè­re­ment at­ten­tif et vi­gi­lant. On peut l’ob­ser­ver en train de pi­quer du bec à dif­fé­rents en­droits du mon­ti­cule pour en dé­ter­mi­ner la tem­pé­ra­ture in­té­rieure. Il tente de la main­te­nir entre 33º à 35°C en ajou­tant ou en en­le­vant des feuilles. Si elle de­meure au-des­sous de 34ºC, il y au­ra pré­do­mi­nance de re­je­tons mâles, tan­dis que l’in­verse pro­dui­ra plus de fe­melles. Des oeufs qu’il faut dé­fendre contre les nom­breux pré­da­teurs af­fa­més qui res­sortent sou­vent de l’ex­pé­rience sé­rieu­se­ment bles­sés par les dan­ge­reux coups de bec du puis­sant membre de la fa­mille des mé­ga­podes.

PHOTOS JEAN LÉ­VEILLÉ

3 1. Avant la ponte. 2. Agi­ter ses ca­ron­cules. 3. J’ac­cours. 4. Ajou­ter quelques feuilles. 5. En ras­sem­bler le plus pos­sible. 6. Bonne nuit!

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