En at­ten­dant les bor­deaux 2009

Avoir su, c’est du Cos-d’Es­tour­nel qu’on au­rait bu avec nos ham­bur­gers et non pas du Châ­teau d’An­glu­det. Mais – nous étions au dé­but des an­nées 80 – Cos 1976 coû­tait 16,75 $ et on le trou­vait un peu cher. Alors qu’au même mo­ment, d’An­glu­det 1978 coû­tait 1

Le Journal de Quebec - Weekend - - TOURISME - Claude Langlois clan­glois@jour­nalmtl.com

Alors que le millésime 2006 du Châ­teau

d’An­glu­det, éga­le­ment ven­du à la SAQ, se vend à 36,95 $, on au­rait, ré­tros­pec­ti­ve­ment, fait une bien meilleure af­faire à l’époque en bu­vant du Cos.

C’est dire l’en­vo­lée ex­po­nen­tielle qu’ont connue les grands crus de Bor­deaux de­puis trente ans ( d’An­glu­det n’est qu’un cru bour­geois alors que Cos est un deuxième grand cru clas­sé).

C’est dire aus­si comme le temps passe. On se re­mé­mo­rait la chose, ré­cem­ment, avec un ami qui n’ha­bite plus ici main­te­nant, et on se di­sait, comme les vrais jeunes vieux que nous sommes de­ve­nus, « Ah! C’était le bon temps; du d’An­glu­det avec nos ham­bur­gers ».

Étran­ge­ment, ajou­tions-nous, le prix des ham­bur­gers, lui, n’a à peu près pas bou­gé, mais c’est là un autre dos­sier…

ÉVO­LU­TION

Pour le plai­sir, je me suis amu­sé ré­cem­ment à re­gar­der l’évo­lu­tion des prix d’un cru clas­sé de Bor­deaux fort po­pu­laire au­près des ama­teurs, chez-nous, comme jus­te­ment le Châ­teau Cos d’Es­tour­nel. Donc, le millésime 1976 coû­tait 16,75 $, mais dé­jà le 1981 va­lait 66,50 $; le millésime 1986, lui, était re­des­cen­du à 51 $ tout comme le 1988 à 59 $, mais c’est après que le 1983 et le 1985 ont at­teint les prix dé­men­tiels, pour l’époque, de 104,35 $ et de 103,34 $. Le 1991, un mau­vais millésime, était re­des­cen­du à 55 $ et le 1989 coû­tait 72 $ (il coûte au­jourd’hui 292 $; on au­rait dû en ache­ter à ce mo­ment-là). Mais en 1994, on trou­vait du

1985 à 84 $, lui qui coû­tait, comme je l’ai dit, 103,34 $ au mo­ment de son ar­ri­vée sur le mar­ché. L’ex­cellent millésime 1995, qui sui­vait trois mil­lé­simes très moyens, était en­core une bonne af­faire à 65 $. Mais dé­jà le 1996 qui a sui­vi, autre ex­cellent millésime, coû­tait 125 $, soit près du double! Le 1997, plus moyen, res­tait dis­pen­dieux à 105 $. Le 1998, du même ca­libre, avait bais­sé à 95 $. Nous n’avons pas eu de 1999, mais le

2000, grand millésime dou­blé d’un chan­ge­ment de siècle, at­tei­gnait 275 $. Le 2001 était re­des­cen­du à 119 $, le 2003 se vend main­te­nant 300 $, le 2005, 303 $ et le 2006, 200 $.

La ques­tion à 300 $: com­bien coû­te­ra chez nous le millésime 2009, dont la ré­pu­ta­tion at­teint dé­jà celle des 2005, 1989, 1990 et même 1982?

Un in­dice : il s’est ven­du sur la Place de Bor­deaux en pri­meur à 105 eu­ros (138 $) et des sites eu­ro­péens comme 1 855 le pro­posent au­jourd’hui à 249 eu­ros (335 $). On ver­ra bien puisque c’est dans la se­maine du 16 août, via le Cour­rier Vi­ni­cole, que la SAQ va pro­po­ser aux ama­teurs les bor­deaux 2009 qu’elle a ache­tés en pri­meur au prin­temps. Le ma­ga­zine se­ra mis en ligne à peu près en même temps. Les vins se­ront li­vrés à l’au­tomne 2012.

Voi­ci, en at­ten­dant, quelques vins pas chers à se mettre en bouche.

BLANCS Quin­ta do Min­ho 2009, Vin­ho Verde, Lou­rei­ro

(14,65 $) : le lou­rei­ro est avec l’al­va­rin­ho l’un des cé­pages blancs qua­li­ta­tifs du Por­tu­gal et donne gé­né­ra­le­ment des vins un peu plus aro­ma­tiques que l’al­va­rin­ho. Le vin est lé­ger et désal­té­rant, un brin per­lant comme il se doit et l’équi­libre sucre-aci­di­té, un sucre en pas­sant qu’on ne per­çoit à peu près pas, est im­pec­cable.

Fu­maio 2009, Tos­ca­na IGT, Char­don­nay/Sau­vi­gnon, Ban­fi

(15,95 $) : un as­sem­blage ju­di­cieux et équi­li­bré alors que le char­don­nay semble l’em­por­ter dans un pre­mier temps (c’est rare contre le sau­vi- gnon, si on peut dire), mais le sau­vi­gnon n’est ja­mais loin der­rière. Beau vin vif et frin­gant.

Châ­teau Thieu­ly 2008, Bor­deaux Blanc

(16,90 $) : autre as­sem­blage réus­si de sau­vi­gnon et de sé­millon, avec une nette do­mi­nante sau­vi­gnon, mais sans que ce der­nier ne soit en­va­his­sant ; le vin a du corps et sur­tout, il fait montre d’une élé­gance cer­taine.

Bourgogne Co­teaux des Moines 2007, Bou­chard Père et Fils

(18,40 $) : jo­lies notes de noi­sette et, en fi­li­grane, d’amandes grillées, un boi­sé bien do­sé, en­semble frais et convain­cant à ce prix.

ROUGES Châ­teau de Pier­reux 2008, Brouilly, Mom­mes­sin

(19,65 $) : tout plein de ce­rises, une pe­tite note d’épices, frais et gou­leyant; du beau­jo­lais comme je l’aime.

El Co­to 2006, Rio­ja, Crian­za

(15 $) : vi­neux, du corps, no­tions de ta­bac et de cho­co­lat, bon goût de vin ren­du à ma­tu­ri­té.

Mer­lot Pep­per­wood 2008, Ca­li­for­nia

(16,95 $) : boi­sé ce qu’il faut, très ca­li­for­nien de style avec son fruit un peu sweet, simple, mais c’est fait pour plaire. Et ça plaît.

Lia­no 2007, San­gio­vese/Ca­ber­net Sau­vi­gnon, Ru­bi­cone IGT, Um­ber­to Ce­sa­ri

(25,20 $) : ce vin, qui a ses ir­ré­duc­tibles ama­teurs, me semble moins dou­ce­reux, plus ser­ré, bref plus in­té­res­sant que dans de pré­cé­dents mil­lé­simes, tout en ne re­niant pas son ca­rac­tère très mûr et cho­co­la­té qui a fait son suc­cès.

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