ISABELLE BOULAY em­brasse de nou­veau la scene

Après une ab­sence de près de deux ans

Le Journal de Quebec - Weekend - - LA UNE - Mi­chelle Coudé-Lord MCLORD@JOUR­NALMTL.COM

La ren­contre a lieu dans son ate­lier de tra­vail à Mon­tréal. Isabelle Boulay est en pré­pa­ra­tion de sa toute nou­velle tour­née Comme ça me chante, qui dé­bute jeu­di, à la salle La Tu­lipe. Elle est fé­brile, heu­reuse et prête à em­bras­ser la scène qu’elle aime com­pa­rer à « une boîte à mu­sique ». «Avant même de faire l’al­bum Chan­sons

pour les mois d’hi­ver, ce spec­tacle m’ha­bi­tait. Je l’ai créé tout sim­ple­ment en me fer­mant les yeux et en lais­sant mon­ter en moi les chan­sons que j’ai en­vie de faire et d’of­frir au pu­blic », confie-t-elle.

À 38 ans, près de 20 ans de mé­tier, 7mil­lions d’al­bums ven­dus, une re­con­nais­sance en France et au Québec, mère ai­mante, femme ai­mée, Isabelle Boulay touche la vie avec bon­heur.

« Je suis pri­vi­lé­giée de faire ce mé­tier », dit-elle cal­me­ment et avec une as­su­rance à la fois na­tu­relle et ré­con­for­tante.

Elle pro­met un spec­tacle in­ti­miste, épu­ré. C’est une ren­contre avec son pu­blic qu’elle s’offre; son pu­blic qui en a fait son ar­tiste pré­fé­ré de­puis tant d’an­nées.

«Nous sommes au ser­vice des chan­sons et de l’uni­vers dans le­quel on veut faire ren­trer les gens. C’est la seule loi à la­quelle on obéit. »

SA TOUR­NÉE, SON LA­BO­RA­TOIRE

Elle voit ce spec­tacle comme un vé­ri­table la­bo­ra­toire, puis­qu’elle tra­vaille­ra un al­bum en pa­ral­lèle. «J’es­saie­rai donc des chan­sons. Sur cette scène comme dans cet ate­lier, je rentre dans un es­pace de rêve et de créa­tion. La vie au quo­ti­dien avec un jeune en­fant de près de deux ans est in­tense. J’ai be­soin d’avoir un en­droit pour me ré­fu­gier. Ici, c’est mon lieu de tra­vail où je vois plus clair.»

Elle ai­me­rait être ca­pable de réunir les condi­tions ga­gnantes pour que son al­bum re­joigne au­tant son pu­blic fran­çais que qué­bé­cois.

«Ils ne per­çoivent pas la mu­sique de la même fa­çon. J’au­rais ai­mé sor­tir en France Chan­sons pour les mois d’hi­ver, mais mon di­rec­teur chez Po­ly­dor, Alain Ar­taud, n’était pas convain­cu. J’étais pour­tant per­sua­dée du contraire et c’est pour­quoi, sur scène en France, je vais leur faire dé­cou­vrir des chan­sons de cet al­bum. On ne peut pas tou­jours ga­gner toutes les ba­tailles», dit-elle.

En 2011, elle se­ra au Ca­si­no de Paris

pour une sé­rie de spec­tacles.

UNE CHAN­SON DE BAR­BA­RA

Dans cette tour­née in­ti­tu­lée Comme ça me chante, Isabelle Boulay se fait de beaux ca­deaux, dont une chan­son de Bar­ba­ra, soit Quand re­vien­dras-tu?

«Les gens me de­mandent sou­vent pour­quoi je n’écris pas mes chan­sons. Mais être in­ter­prète est le luxe de ma vie. Je ne suis pas une chan­teuse, mais une in­ter­prète. Pour moi, il y a une énorme dif­fé­rence. Choi­sir une chan­son, c’est ou­vrir le coffre à bi­joux de la per­sonne. Ce n’est pas fa­cile d’in­ter­pré­ter des chan­sons. Comme celle de Bar­ba­ra par exemple, il fal­lait que je me sente prête, que je sois à la hau­teur. Si­non ce se­rait comme al­ler la vo­ler et prendre un bi­jou qui ne m’ap­par­tien­drait pas. Il faut beau­coup de pu­deur pour ap­prendre des chan­sons des autres.»

Isabelle Boulay est émou­vante et tel­le­ment res­pec­tueuse lors­qu’elle aborde ce su­jet.

Elle conti­nue. « Lorsque j’ai fait l’al­bum Chan­sons pour les mois d’hi­ver, il y avait celle de François Har­dy, So­leil, mais ça ne mar­chait pas, je ne l’ha­bi­tais pas. Donc, j’ai dû aban­don­ner. C’est ce­la la dif­fé­rence entre une chan­teuse qui chante des chan­sons et une in­ter­prète. J’es­saie de ne ja­mais ver­ser dans la com­plai­sance», af­firme-t-elle.

DE CAR­LA BRU­NI À FRAN­CIS CA­BREL

Elle a dé­jà ren­con­tré Ben­ja­min Bio­lay, à Paris, en mai der­nier, pour réa­li­ser son pro­chain al­bum.

«C’est un réa­li­sa­teur gé­nial. Je sais qu’avec lui je peux tra­ver­ser le mur du son, m’aban­don­ner à son re­gard vif, in­tel­li­gent.»

Son rêve ul­time, dit-elle, est de re­ce­voir des chan­sons de Car­la Bru­ni, la femme du pré­sident de la France.

«Elle est l’image par­faite de la femme libre de notre époque. Nous nous sommes dé­jà croi­sées et j’es­père la ren­con­trer».

Isabelle Boulay a une ad­mi­ra­tion sans bornes pour Fran­cis Ca­brel.

« Toutes ses chan­sons, j’au­rais ai­mé les faire. C’est un grand contem­pla­tif. Il a une in­tel­li­gence hu­maine ex­cep­tion­nelle et un sens de l’ob­ser­va­tion très, très raf­fi­né. Il est ca­pable de ren­trer dans le se­cret des choses de l’exis­tence », conclut Isabelle Boulay, prête à prendre la route du bon­heur. Dé­but de sa tour­née : les 19, 20 et 21 août, à la salle La Tu­lipe de Mon­tréal, et après, elle par­cour­ra tout le Québec.

ISABELLE BOULAY

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