DES JOIES ET DES PEINES

Le Journal de Quebec - Weekend - - EXPO-QUÉBEC - — Cedric Bé­lan­ger

Une mé­daille a tou­jours son re­vers et c’est par­ti­cu­liè­re­ment vrai pour le lé­gen­daire groupe ca­na­dien Loverboy qui conti­nue, même après trente ans de car­rière, de faire cou­rir des foules qui n’en ont ce­pen­dant que pour leurs vieux suc­cès des an­nées 1980.

Joint sur son cel­lu­laire dans un aé­ro­port, entre deux vols, le chan­teur Mike Re­no se dé­sole de consta­ter que les pièces de Just Get­ting Star­ted, l’al­bum que le quin­tette com­plé­té par Paul Dean, Doug John­son, Spi­der Sin­naeve et Matt Frenette a lan­cé, en 2007, n’ont pas re­çu l’ac­cueil qu’il es­pé­rait. À ses yeux, pour­tant, il s’agit d’un des meilleurs al­bums de Loverboy et il ai­me­rait jouer da­van­tage de nou­velles chan­sons en spec­tacle.

Mais quand le groupe monte sur scène, ce sont les Wor­king For The Wee­kend, Hot Girls In Love et autres Turn Me Loose que les gens ré­clament. Loverboy est-il vic­time de son propre suc­cès?

« On peut le dire ain­si, opine Re­no. Ce n’est pas tou­jours fa­cile. Par­fois, les gens nous disent qu’ils ne veulent pas en­tendre les nou­velles pièces et veulent seule­ment les an­ciennes. Ça nous at­triste parce que ce n’est pas juste pour nous en tant que créa­teurs. »

Ce­ci dit, Mike Re­no com­prend que le pu­blic veuille qu’on lui joue des suc­cès puisque lui-même s’at­tend d’en­tendre les tubes quand il va voir un concert.

Néan­moins, il qua­li­fie la si­tua­tion de « frus­trante » puisque da­van­tage d’in­té­rêt en­vers le nou­veau ma­té­riel si­gni­fie­rait plus d’al­bums ven­dus et, par le fait même, la pos­si­bi­li­té d’en en­re­gis­trer un autre.

« Notre der­nier al­bum ne s’est pas ven­du au­tant que nous l’es­pé­rions. La pos­si­bi­li­té d’un nou­vel al­bum est tou­jours là ce­pen­dant, c’est sûr. Nous avons écrit de nou­velles chan­sons. Nous de­vons par contre bien y ré­flé­chir avant de se lan­cer parce qu’en­re­gis­trer des disques est dis­pen­dieux et nous ne vou­lons pas es­suyer des pertes fi­nan­cières. »

MES AMIES LES CHAN­SONS

Mal­gré ce que vous ve­nez de lire, n’al­lez pas croire que Mike Re­no est amer.

Au contraire, il se ré­jouit de pou­voir conti­nuer de faire ce qu’il aime, avec un groupe qu’il vé­nère et il aime chan­ter les vieux suc­cès, comme il le fe­ra lors du pas­sage de Loverboy, à Ex­po-Québec, le 20 août.

« Ces chan­sons sont comme de vieilles amies. Je sais où elles sont, com­ment les re­trou­ver et chaque fois qu’on les chante, elles nous rendent heu­reux. C’est ce qui im­porte. Les gens se rap­pellent des bonnes choses qui leur sont ar­ri­vées dans leurs vies quand ils écoutent notre mu­sique », confie le chan­teur qui avoue que quelques titres sonnent main­te­nant bi­zarres dans la bouche des quin­qua­gé­naires qu’ils sont de­ve­nus.

« C’est in­té­res­sant car les spec­ta­teurs connaissent en­core les pa­roles, sautent et s’amusent. Mais nous avons cin­quante ans et nous chan­tons Hot Girls In Love et par­lons de sexe et de filles alors que nous sommes ma­riés et avons des en­fants », s’es­claffe-t-il.

CONCI­LIA­TION TRA­VAIL-FA­MILLE

Loverboy conti­nue de don­ner entre soixante-dix et quatre-vingt spec­tacles par an­née, au Ca­na­da et aux États-Unis, là où le groupe a tou­jours été ex­trê­me­ment po­pu­laire. Mike Re­no ap­pré­cie ce rythme qui lui per­met de se consa­crer à d’autres pro­jets - il donne beau­coup de son temps à des or­ga­nismes de cha­ri­té - et de pas­ser du temps avec sa fa­mille.

« J’aime avoir une vie va­riée : voya­ger avec mon épouse, jouer au golf, faire de la voile.

Je ne veux pas que ce soit tou­jours tra­vail, tra­vail, tra­vail. Mais par­tout où je vais, j’ai tou­jours une gui­tare avec moi... »

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