Per­cer ailleurs, puis ici

Le Journal de Quebec - Weekend - - MUSIQUE - cedric.be­lan­ger@jour­nal­de­que­bec.com Cé­dric Bé­lan­ger

Franc Chau­vette ne se compte pas d’his­toires : bien que for­mé par quatre Qué­bé­cois, la mu­sique in­die rock de son groupe Elek­trik Bones de­vra sé­duire d’autres contrées avant de ga­gner le coeur des mé­lo­manes de sa pro­vince na­tale.

La rai­son en est fort simple, avance-t-il. Elek­trik Bones, qui a mis sur le mar­ché son pre­mier al­bum, About Last Night, en juin, a fait le choix de créer en an­glais ce qui, aux yeux du mu­si­cien, condamne Elek­trik Bones à la pa­tience.

« Quand c’est en an­glais, les Qué­bé­cois vont at­tendre que ça marche ailleurs et vont em­bar­quer par la suite. J’es­père que ça va fonc­tion­ner pour nous ici. Mais au Québec, on a un peu peur de ce qui n’est pas fran­co- phone et on em­barque plus tard. »

« Je n’ai rien contre le Québec, ex­plique-til. Je ne prends pas po­si­tion dans le dé­bat lin­guis­tique à part le fait qu’à mon avis, du rock, c’est en an­glais. J’ai été éle­vé avec du rock an­glo­phone. En plus, nous avons la vo­lon­té d’être in­ter­na­tio­nal. Ça fait vingt ans que je suis sur la scène qué­bé­coise fran­co­phone avec les Yann Per­reau, Do­ba­ca­ra­col, Ca­the­rine Ma­jor et com­pa­gnie. J’ai par­ti­ci­pé à ça et j’en suis très fier mais là, j’ai le goût d’al­ler plus loin et qu’il n’y ait plus la bar­rière de la langue. »

PI­LOU PRO­POSE LE ROCK

Les germes de ce qui al­lait de­ve­nir Elek­trik Bones ont com­men­cé à pous­ser il y a plu­sieurs an­nées. Avec une ky­rielle de mu­si­ciens, Chau­vette a d’abord mis sur pied un en­semble qui ver­sait dans l’afro­beat.

Cette for­ma­tion a fait long feu. Franc Chau­vette a tout de même gar­dé le nom pour créer un pro­jet hip-hop, « à la Go­rillaz ». Mais les plans ont chan­gé quand, en 2007, il a ren­con­tré Pierre-Phi­lippe Cô­té, alias Pi­lou, chan­teur connu pour sa col­la­bo­ra­tion au der­nier al­bum de Cham­pion.

« Il m’a pro­po­sé de trans­for­mer mes chan­sons en rock. Je me de­man­dais pour­quoi et, fi­na­le­ment, le ré­sul­tat m’a plu. À ce mo­ment, l’in­die rock était à son apo­gée. On a juste em­bar­qué dans la vague. »

Le son, un mé­lange des Sex Pis­tols et de Muse, était trou­vé. Les frères Re­naud et Ga­briel Grat­ton ont joint l’aven­ture. Il res­tait à peau­fi­ner le style et à trou­ver un réa­li­sa­teur pour en­re­gis­trer un pre­mier al­bum. C’est par l’en­tre­mise d’Anik Jean qu’ils ont fait la ren­contre du ré­pu­té pro­duc­teur Mark Pla­ti, qui a dé­jà be­so­gné aux cô­tés de Da­vid Bo­wie, des Cure, de Louise At­taque.

« On a fait une pre­mière par­tie avec Anik Jean et après le show, on lui a par­lé de Pla­ti parce qu’elle avait dé­jà tra­vaillé avec lui. Elle nous a dit : pas de pro­blème, je lui en parle. Trois jours après, j’avais une de­man- de d’ami Fa­ce­book et MyS­pace de Mark Pla­ti. »

EU­ROPE ET ÉTATS-UNIS

Entre quelques spec­tacles ça et là au Québec, dont ce­lui au Cercle, à Québec, le 20 août, Elek­trik Bones se pré­pare à ten­ter sa chance en Eu­rope, où il ont été pris en charge par So­ny.

« En ce mo­ment, en Eu­rope, ce n’est pas la fo­lie mais les gens sont ex­ci­tés. So­ny est en train de tra­vailler fort pour un lan­ce­ment de disque, de la pro­mo et une mi­ni-tour­née à l’au­tomne », confie Chau­vette, qui es­père aus­si voir Elek­trik Bones per­cer le mar­ché amé­ri­cain.

« MTV nous aime dé­jà. Si on est si­gnés aux États-Unis sur une grosse com­pa­gnie, ils vont nous ai­der pour la dif­fu­sion. C’est un al­lié à long terme. » ■ Elek­trik Bones se­ra de pas­sage au Cercle, le 20 août.

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