PERDRE SES ILLU­SIONS

Le Journal de Quebec - Weekend - - MUSIQUE - DARRYL STER­DAN

Alors qu’il re­gar­dait l’émis­sion Ce­le­bri­ty Re­hab With Dr Drew, Ste­ven Ad­ler s’est dit qu’il se­rait prêt à ten­ter l’ex­pé­rience. Une se­maine plus tard, sa fa­mille en­trait en contact avec le Dr Drew Pins­ky, mais Ad­ler vou­lait par­ler à une per­sonne avant de s’en­ga­ger dans cette di­rec­tion.

«J’ai dit au Dr Drew que je de­vais d’abord par­ler avec Slash, car je ne pen­sais pas que je ti­re­rais tous les bé­né­fices pos­sibles de cette dé­marche si je ne par­lais pas à Slash. Il a donc or­ga­ni­sé une ren­contre entre Slash et moi, seul à seul, pas de ca­mé­ras ou quoi que ce soit du genre. J’ai donc pu pré­sen­ter mes ex­cuses pour l’avoir blâ­mé de tout ce qui m’était ar­ri­vé, les échecs, la drogue, la pri­son, de­puis 20 ans, alors qu’il n’avait rien à voir là­de­dans. Ce n’est pas lui qui met­tait l’ai­guille dans mes veines, c’est moi. C’est la même his­toire pour le reste des membres du groupe. J’ai fi­ni par com­prendre et ad­mettre que ce ne sont pas eux qui m’avaient lais­sé tom­ber, mais bien moi qui les avais lais­sé tom­ber.»

AVEUX MA­JEURS

Il a fi­na­le­ment com­men­cé à se re­prendre en main. Après avoir ca­ché sa dé­pen­dance pen­dant des an­nées, il a tout avoué par son pas­sage à l’émis­sion Ce­le­bri­ty

Re­hab 2 et l’émis­sion co­rol­laire So­ber House, qui l’ont toutes deux ai­dé à faire face à ses dé­mons, par­ti­cu­liè­re­ment lors­qu’il a re­chu­té.

«Je me suis pré­sen­té com­plè­te­ment ge­lé sur l’hé­ro et ils m’ont fil­mé. Bien en­ten­du, j’ai été mis en état d’ar­res­ta­tion et, lors­qu’ils sont ve­nus me sor­tir de pri­son, ils m’ont for­cé à re­gar­der ces images. J’ai vu de quoi j’avais l’air et ça m’a com­plè­te­ment dé­vas­té. Quand vous êtes ge­lés, vous vous sen­tez comme le roi de l’uni­vers, mais en réa­li­té, vous res­sem­blez à un zom­bie. Me voir ain­si m’a ou­vert tout grand les yeux: je ne veux pas res­sem­bler à ça et me sen­tir comme je me sens.»

Il est tou­te­fois conscient du fait qu’il a en­core beau­coup de che­min à par­cou­rir.

«J’ai eu en­vi­ron cinq re­chutes de­puis deux ans. La der­nière fois que ça m’est ar­ri­vé, c’était avec une drogue que je n’avais ja­mais es­sayée au­pa­ra­vant, l’OxyCon­tin. Il y a cinq ou six mois, j’ai croi­sé quel­qu’un qui m’a fi­lé un ou deux com­pri­més de ce truc. Ça n’a pas pris beau­coup de temps pour que ma femme me montre une photo de moi sans connais­sance dans le cou­loir. J’ai té­lé­pho­né au Dr Drew et à Slash et je leur ai dit qu’il fal­lait que je re­tourne en dé­sin­tox im­mé­dia­te­ment. Je me suis re­le­vé et j’ai re­pris le com­bat, et je vais conti­nuer à la faire jus­qu’à ce que j’y ar­rive. Je suis sobre de­puis cinq mois, main­te­nant.»

UNE VIE DE RÊVE RE­TROU­VÉE?

Jus­qu’ici, tout va bien. Il ef­fec­tue pré­sen­te­ment une tour­née de 55 villes pour faire la pro­mo­tion de son livre et il a re­com­men­cé à jouer de la mu­sique avec son groupe Ad­ler’s Ap­pe­tite, qui joue des pièces du ré­per­toire de Guns N’ Roses. Il a com­po­sé une nou­velle chan­son qui s’in­ti­tule It’s Good to Be Alive et il a même joué de la bat­te­rie sur le ré­cent al­bum épo­nyme de Slash et il rêve de réunir la for­ma­tion ini­tiale de Guns N’ Roses.

«Ce que j’ai­me­rais le plus au monde, c’est de fi­nir ce que j’avais com­men­cé avec ces gars, et si je dois les kid­nap­per pour y ar­ri­ver, je le fe­rai», lance-t-il à la blague.

Mais ça, c’est l’ave­nir. Pour l’ins­tant, comme le dit joyeu­se­ment Slash, «il va bien» et pro­fite de la vie.

«J’ai re­trou­vé une vie de rêve, et cette fois-ci, je l’ap­pré­cie. Je vis chaque se­conde, chaque mi­nute et chaque jour plei­ne­ment, et au­jourd’hui c’est une très bonne jour­née.»

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