Entre réa­li­té et fic­tion

Oui, elle veut un en­fant. Non, elle n’au­ra pas re­cours à une banque de sperme comme le per­son­nage qu’elle in­carne dans L’échange. Jen­ni­fer Anis­ton se fait l’apôtre de la femme mo­derne dans cette comédie ro­man­tique col­lée sur sa réa­li­té. Un rôle qu’elle dé

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA - Marie-Joëlle Pa­rent

Un lé­ger ma­laise plane au-des­sus de la salle de confé­rence. L’ac­trice de 41 ans est bom­bar­dée de ques­tions plu­tôt per­son­nelles. Quand on in­carne une jeune femme du même âge qui a re­cours à une banque de sperme pour déses­pé­ré­ment tom­ber en­ceinte, faute d’avoir trou­vé un homme, ça ouvre la porte aux in­dis­cré­tions. Sur­tout quand sa vie per­son­nelle est éta­lée au grand jour comme un feuille­ton quo­ti­dien dans les ta­bloïds.

Veut-elle un en­fant? « Oui et je l’ai tou­jours dit, il n’y a rien de nou­veau là-de­dans.» Au­rait-elle re­cours à une banque de sperme? «Je n’y ai pas pen­sé», di­telle, mais elle n’écarte pas l’op­tion. Estce que c’est pos­sible de res­ter bon ami avec un ex? « Oui, c’est pos­sible », ré­pond-elle du tac au tac. Se re­trou­vet-elle dans le per­son­nage? « Oui, mais à tra­vers mes amies qui tra­versent le même genre de pro­blème.» À ses cô­tés, les deux réa­li­sa­teurs du film Will Speck et Josh Gor­don semblent exas­pé­rés.

La vie de Jen­ni­fer Anis­ton, de­puis son di­vorce avec Brad Pitt, est de la chair à ca­non pour les ma­ga­zines à po­tins. Chaque se­maine, on an­nonce sa rup­ture avec un autre ca­sa­no­va hol­ly­woo­dien (Vince Vaughn, John Mayer, le man­ne­quin Paul Scul­for) ou ses sup­po­sées gros­sesses quand elle est pho­to­gra­phiée la main près du ventre. « J’ai eu 13 en­fants », lance-t-elle à la blague.

LA REINE DES ROM COMS

Anis­ton a 41 ans au­jourd’hui et on di­rait tou­jours la Ra­chel de Friends. Elle en a d’ailleurs pro­fi­té pour faire taire les ru­meurs: «Non, il n’y a pas de plan pour un film sur Friends. »

Sou­rire et che­veux im­pec­cables (son loyal coif­feur Ch­ris­to­pher McMillan la suit par­tout, sacs bour­rés de pro­duits à l’épaule), elle prend place dans une robe mar­ron Alexan­der McQueen de­vant un par­terre de jour­na­listes in­qui­si­teurs. Des bou­teilles d’eau Smart, dont elle est l’image de marque, sont bien en vue sur la table.

L’ac­trice est sans au­cun doute la reine des co­mé­dies ro­man­tiques aux ÉtatsU­nis. Ces der­nières an­nées, elle a en­chaî­né les rôles dans Le chas­seur de

primes avec Ge­rard But­ler, Laisse tom­ber, il te mé­rite pas, La rup­ture avec Vince Vaughn, Quand ar­rive l’amour,

Mar­ley et moi et on la ver­ra pro­chai­ne­ment dans Just Go With It avec Adam Sandler et Ni­cole Kid­man.

Elle dit avoir été in­ter­pel­lée par le rôle de Kas­sie dans L’échange, une NewYor­kaise cé­li­ba­taire dans la mi-qua­ran­taine qui se tourne vers une banque de don­neurs pour tom­ber en­ceinte.

« Im­mé­dia­te­ment, j’ai pen­sé aux femmes près de moi qui sont pas­sées à tra­vers ces pro­blèmes de fer­ti­li­té et d’adop­tion. On dis­cute ra­re­ment de ces su­jets au ci­né­ma. »

LA FEMME MO­DERNE

Anis­ton dé­fend avec vé­hé­mence ce nou­veau mo­dèle de la femme mo­derne. «Les femmes com­prennent fi­na­le­ment qu’elles n’ont pas be­soin de se ca­ser avec un homme afin d’éle­ver un en­fant. Les temps changent et les pos­si­bi­li­tés aus­si, contrai­re­ment au temps de nos pa­rents», dit-elle à pro­pos de la pré­misse du film.

À une jour­na­liste qui lui de­mande si ce n’est pas égo­cen­trique pour une femme de dé­ci­der d’avoir un en­fant seule, elle ré­pond: «Le film sou­lève la ques­tion de l’iden­ti­té de la fa­mille. Qu’est-ce qu’une fa­mille au juste? La ma­man, le pa­pa, les deux en­fants et le chien? L’amour, c’est l’amour et les gens près de vous sont votre fa­mille. Je ne crois pas qu’il s’agit d’égoïsme. Au contraire, c’est très noble.»

À ses cô­tés, Ja­son Ba­te­man, qui in­carne son meilleur ami Wal­ly, vient à la res­cousse : « Ça peut sem­bler pro­gres­siste, mais en fait, ce sont des femmes qui prennent les meilleures dé­ci­sions pour notre pla­nète de­puis quelque temps. Il ne fait nul doute qu’elles peuvent avoir un en­fant sans la pré­sence du gaillard de ser­vice. »

Wal­ly est un ban­quier pros­père, né­vro­sé, égoïste, pes­si­miste, mais sur­tout se­crè­te­ment amou­reux de Kas­sie. Dans un mo­ment d’in­toxi­ca­tion éthy­lique, il ira même jus­qu’à échan­ger l’échan­tillon de sperme pour le sien…

Les deux ac­teurs, qui sont bons amis, ont une vi­sion dif­fé­rente, par contre, de l’ami­tié entre un homme et une femme.

Est-ce pos­sible d’être amis sans tom­ber amou­reux? «Oui, j’ai fait ça», ré­pond Anis­ton. «Non», ré­plique im­mé­dia­te­ment Ba­te­man.

« C’est bien drôle, car je pense que les femmes se la coulent un peu plus douce

que les hommes», pour­suit-il.

« Je gé­né­ra­lise et ça peut sem­bler af­freux, mais la plu­part des gars cou­che­ront avec la pre­mière ve­nue. Si en plus il s’agit d’une amie, alors c’est un deux pour un. Les gars et les filles peuvent en­tre­te­nir des liens d’ami­tié, à condi­tion qu’un des deux soit en couple. Si les deux sont cé­li­ba­taires, le dé­compte com­mence», conclut Ba­te­man.

On ne peut que se de­man­der si c’est le cas avec Brad Pitt.

Bryce Ro­bin­son et Jen­ni­fer Anis­ton dans L’échange, en salles le 20 août.

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