Une nou­nou d’en­fer

Dans « Le re­tour de Nou­nou McP­hee », Em­ma Thomp­son re­vêt de nou­veau le cos­tume de cette gar­dienne d’en­fants pas comme les autres. Pleins feux sur un per­son­nage qui prend l’af­fiche le 20 août.

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA - Isabelle Hontebeyrie

« Je l’aime parce qu’elle est mys­té­rieuse, ori­gi­nale, qu’elle est contre l’au­to­ri­té et qu’elle croit fer­me­ment que les en­fants et leurs pa­rents sont les plus à même de ré­gler leurs pro­blèmes », ex­plique Em­ma Thomp­son quand on lui de­mande pour­quoi elle a dé­ci­dé de ré­ité­rer l’ex­pé­rience de

Nou­nou McP­hee.

D’ailleurs, la co­mé­dienne ne fait pas qu’in­ter­pré­ter cette es­pèce de Ma­ry Pop­pins à la sauce Bur­ton, mais signe aus­si (en plus de le pro­duire) le scé­na­rio de ce deuxième vo­let, adap­ta­tion, lui aus­si, des ro­mans de Ch­ris­tian­na Brand.

Dans cette nou­velle aven­ture réa­li­sée par Su­san­na White, Nou­nou McP­hee (Em­ma Thomp­son) vient en aide à une jeune mère de fa­mille, Isabel Green (Mag­gie Gyllenhaal), dont le ma­ri est par­ti à la guerre. Leurs en­fants, eux, sont en butte à deux cou­sins par­ti­cu­liè­re­ment mé­chants.

L’at­trait prin­ci­pal de cette gar­dienne d’en­fants vient du fait, pour Em­ma Thomp­son, qu’elle ne consti­tue pas un mo­dèle tra­di­tion­nel. Loin de dé­li­vrer un mes­sage brut (comme c’est le cas gé­né­ra­le­ment dans les films pour en­fants), Nou­nou McP­hee « crée des si­tua­tions qui per­mettent aux pro­ta­go­nistes d’ex­plo­rer leurs sen­ti­ments », sou­ligne la co­mé­dienne de 51 ans, os­ca­ri­sée à deux re­prises.

LE POU­VOIR DES SEN­TI­MENTS

« C’est d’ailleurs, quand on y ré­flé­chit bien, le noeud de tout conflit. Sans vou­loir de­ve­nir trop sé­rieuse, il me semble qu’on ne peut ré­soudre le conflit is­raé­lo-pa­les­ti­nien sans com­prendre les émo­tions qui en sont au coeur », ajoute-t-elle. Comme le pré­cise Em­ma Thomp­son, c’est ce qui a été ajou­té dans les films alors que les ro­mans ne dé­crivent que des si­tua­tions dans les­quelles les en­fants sont mé- chants pour le seul plai­sir de l’être.

C’est aus­si cette di­men­sion qui, se­lon l’ac­trice, plaît aux en­fants qui voient le long mé­trage : « Nou­nou McP­hee donne aux gens à qui elle vient en aide les ou­tils pour qu’ils règlent leurs pro­blèmes, ce qui est, à mon avis, la seule ma­nière ef­fi­cace de s’y prendre. »

MAGIE ET RÉA­LI­TÉ

Im­pos­sible de dis­so­cier Nou­nou McP­hee de la magie dont elle dis­pose pour don­ner quelques le­çons bien sen­ties aux en­fants qui lui sont confiés.

Or, Em­ma Thomp­son, la pro­duc­trice du film, a pris soin de ne pas exa­gé­rer ces sé­quences afin de pré­ser­ver la réa­li­té du per­son­nage.

« Dans la sé­quence où les en­fants se tapent des­sus, les jeunes ac­teurs ont été fil­més en train d’ef­fec­tuer ces gestes. Mais, avec un tout pe­tit peu de CGI (NDLR : les ani­ma­tions par or­di­na­teur), nous avons été ca­pables de don­ner une toute autre di­men­sion à la scène. C’est d’ailleurs beau­coup plus ma­gique qu’une sé­quence com­plète en CGI qui ne laisse au­cune place à l’ima­gi­na­tion ou à l’hu­ma­ni­té des per­son­nages. »

PHOTO COUR­TOI­SIE

Em­ma Thomp­son est Nou­nou McP­hee.

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