«Nous sommes tous des ven­deurs »

Le su­jet de La fa­mille Jones est à la fois drôle et sé­rieux. Une fa­mille amé­ri­caine ty­pique (les pa­rents sont joués par De­mi Moore et Da­vid Du­chov­ny, et les en­fants, par Ben Hol­ling­sworth et Am­ber Heard) em­mé­nage dans une ban­lieue plu­tôt cos­sue. Le hic, c

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA - Isabelle Hontebeyrie

OEuvre du réa­li­sa­teur et scé­na­riste d’ori­gine al­le­mande Der­rick Borte, le long mé­trage n’a bé­né­fi­cié que d’une sor­tie li­mi­tée aux États-Unis en avril der­nier. « Les Amé­ri­cains sont en­core sous le coup de la crise, ana­lyse Ben Hol­ling­sworth. Mais je pense qu’ils sont prêts à en­tendre ce dis­cours chez eux, en fa­mille, afin d’en dis­cu­ter après le vi­sion­ne­ment. »

Car, on s’en doute, l’ar­ri­vée des Jones dans le quar­tier au­ra des ré­per­cus­sions dra­ma­tiques pour cer­tains ré­si­dents.

« Le mar­ke­ting ca­ché est mon­naie cou­rante, pré­cise l’ac­teur qui a fait ses études théâ­trales à Mon­tréal avant d’en­ta­mer sa car­rière à To­ron­to. Les gens ne le réa­lisent pas né­ces­sai­re­ment, mais les vê­te­ments que portent les ve­dettes de Hol­ly­wood sont sou­vent don­nés par des com­pa­gnies qui sou­haitent voir ain­si leurs pro­duits mis en va­leur », in­dique-t-il.

Et c’est sans au­cun doute la force du long mé­trage : le fait que la base de l’his­toire soit an­crée dans la réa­li­té et touche à des sen­ti­ments que nous éprou- vons tous. « Nous sommes tous des ven­deurs. Il suf­fit de pen­ser aux ré­ac­tions que nous avons quand nous ve­nons d’ache­ter un nou­veau té­lé­phone cel­lu­laire par exemple. Sans qu’on le réa­lise, on in­fluence nos amis, dit l’ac­teur. Nous sommes en­tou­rés de choses ma­té­rielles et pas­sons notre temps à en vou­loir de plus en plus », ex­plique-t-il, fai­sant ré­fé­rence à la re­la­tion d’amour et de haine qu’en­tre­tient tout le monde avec la so­cié­té de consom­ma­tion ac­tuelle.

« Mais à la fin de la jour­née, il est im­por­tant de se dis­so­cier de ce ma­té­ria­lisme pour ne conser­ver que ce qui est es­sen­tiel : les re­la­tions avec les autres. Le bon­heur n’est ja­mais lié aux biens qui nous en­tourent, mais à ce que nous sommes cha­cun sur le plan spirituel et à la fa­çon dont nous condui­sons notre vie. »

DANS LA COUR DES GRANDS

Choi­si par­mi 200 ac­teurs (De­mi Moore avait un droit de re­gard sur la dis­tri­bu­tion) pour le rôle de Mick Jones, le faux fils de Steve et Kate, Ben Hol­ling­sworth n’a pu s’em­pê­cher d’éprou­ver quelques craintes à l’idée de faire ses dé­buts au ci­né­ma avec des co­mé­diens aus­si re­con­nus que De­mi Moore et Da­vid Du­chov­ny.

L’ac­teur s’est donc lon­gue­ment pré­pa­ré, ef­fec­tuant des re­cherches sur le mar­ke­ting ca­ché, en plus de dis­cu­ter de long en large de son per­son­nage et du scé­na­rio avec le réa­li­sa­teur Der­rick Borte ain­si qu’avec ses « pa­rents » à l’écran.

« Le fait de jouer avec des ac­teurs du ca­libre de De­mi Moore et Da­vid Du­chov­ny a gé­né­ré une cer­taine ner­vo­si­té qui m’a per­mis de me surpasser », confie-til.

Ce tra­vail pré­pa­ra­toire lui a aus­si per­mis de creu­ser son per­son­nage, d’en raf­fi­ner cer­tains élé­ments et d’im­pro­vi­ser ça et là. De plus, ses deux co­ve­dettes lui ont été d’un grand sou­tien.

Comme il le sou­ligne, « Da­vid m’a pris sous son aile, m’a don­né des conseils et m’a mon­tré plein de pe­tites choses pour amé­lio­rer ma pres­ta­tion. De­mi a été très ma­ter­nelle avec moi, très gen­tille. En fait, ils ont eu une at­ti­tude de pa­rents à mon égard, me gui­dant à tra­vers la pro­duc­tion ».

Rap­pe­lons que La fa­mille Jones, de Der­rick Borte avec De­mi Moore, Da­vid Du­chov­ny, Am­ber Heard et Ben Hol­ling­sworth a fait son ar­ri­vée en DVD le 10 août.

Ben Hol­ling­sworth, Am­ber Heard, De­mi Moore et Da­vid Du­chov­ny sont La fa­mille Jones.

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