Amu­sante fan­tai­sie

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA -

Fi­na­le­ment, voi­ci un film ins­pi­ré d’un jeu vi­déo qui tient la route. J’irais jus­qu’à dire que ça roule à fond la caisse.

En fait, Scott Pil­grim vs. le monde n’a pas grand-chose à voir avec les jeux vi­déo. On re­trouve par contre l’am­biance de ces der­niers dans le quo­ti­dien d’une bande de jeunes mu­si­ciens désoeu­vrés, sur­tout pen­dant les «ba­garres» dignes de Ter­mi­na­tor.

Cette adap­ta­tion des ro­mans de Bryan Lee O’Mal­ley, à pro­pos d’un jeune To­ron­tois désa­bu­sé (Mi­chael Cera) qui ren­contre la fille de ses rêves (Ma­ry Elizabeth Wins­tead), frappe dans le mille. Tou­te­fois, il de­vra vaincre sept de ses ma­lé­fiques an­ciens pe­tits amis s’il veut ga­gner son coeur.

Avec cette bro­chette d’en­ne­mis dan­ge­reux, de filles échau­dées et de per­son­nages in­cluant la soeur mo­ra­li­sa­trice (An­na Ken­drick) et le co­loc gai hy­per­bran­ché (Kie­ra Kul­kin), le réa­li­sa­teur Ed­gar Wright avait dé­jà de quoi faire un ta­bac.Tou­te­fois, il s’ins­pire de la BD et des jeux vi­déo afin d’ajou­ter une fac­ture très amu­sante au film. Par exemple, des «bi­lans de san­té» et des «jauges émo­tion­nelles» ap­pa­raissent dans le coin de l’écran, qui nous in­diquent l’état d’âme de nos hé­ros. Des dé­tails bio­gra­phiques et des bulles sur­gissent de temps à autre. Somme toute, on s’amuse ferme. Néan­moins, le plus hi­la­rant des per­son­nages se pointe seule­ment vers la fin. Il s’agit de Gi­deon Graves, un pro­duc­teur de disque à la tête des ma­lé­fiques ex. Si ce film se targue d’al­ler à contre-cou­rant, il réus­sit haut la main avec cette scène ro­cam­bo­lesque où Sch­wartz­man et Cera se livrent un duel sans mer­ci, tels deux nin­jas en fu­rie.

MU­SIQUE DÉ­CA­PANTE

La trame so­nore dé­cape, sur­tout avec les pièces in­ten­tion­nel­le­ment nulles de Beck, Frank Black et des groupes ca­na­diens Bro­ken So­cial Scene et Sloan, com­po­sées pour le film. Cette am­biance jeu vi­déo-bois­son éner­gé­tique donne du coffre à cette bande de jeunes mol­las­sons. Quelle di­cho­to­mie! Mais ça fonc­tionne à mer­veille. Comme d’ha­bi­tude, Mi­chael Cera joue les grin­ga­lets un peu abru­tis. Ce­pen­dant, un bon réa­li­sa­teur sait mettre en va­leur les qua­li­tés d’ac­teur de l’im­payable Cera.

PHOTO COUR­TOI­SIE

Mi­chael Cera et Ma­ry Elizabeth Wins­tead sont les hé­ros de ce film ins­pi­ré d’un jeu vi­déo.

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