LA TÉ­LÉ­RÉA­LI­TÉ FAIT DES VAGUES

Le Journal de Quebec - Weekend - - TÉLÉVISION -

De­puis dix ans, la té­lé­réa­li­té oc­cupe une place im­por­tante dans toutes les chaînes de té­lé­vi­sion et Ra­dio-Ca­na­da, qui avait ju­ré sur ses grands dieux qu’elle ne s’y adon­ne­rait ja­mais, a fi­ni par s’y mettre comme la plu­part des autres. Il ne faut ja­mais cra­cher en l’air.

Mal­gré d’im­por­tants suc­cès, la té­lé­réa­li­té a en­core de nom­breux dé­trac­teurs et ils n’ont pas tou­jours tort. Quand je pense à cer­taines scènes de nos sé­ries dra­ma­tiques, en par­ti­cu­lier cette in­nom­mable scène du fu­ret dans Les Bou­gons, scène dont n’avait pas be­soin cette sé­rie par ailleurs ori­gi­nale, je ne peux m’em­pê­cher de consta­ter que la fic­tion pousse par­fois le bouchon en­core plus loin que la té­lé­réa­li­té.

La plu­part des té­lé­réa­li­tés pré­sen­tées à notre té­lé­vi­sion ont été as­sez sages. Loft

Story a fait des vagues à quelques re­prises, mais TQS vou­lait se mon­trer à la hau­teur de son image de « mou­ton noir ».

En France, où les chaînes de té­lé furent par­mi les pre­mières à pré­sen­ter des té­lé­réa­li­tés, on ne fait pas tou­jours dans la den­telle. À TF1, par exemple, un ré­seau équi­valent à TVA, Se­cret Story, qui vient de com­men­cer sa qua­trième sai­son, fait par­fois bon­dir les té­lé­spec­ta­teurs.

Le prin­cipe même de l’émis­sion se prête à toutes les pro­vo­ca­tions, car c’est une es­pèce de Loft Story ou de Big Bro

ther avec un angle par­ti­cu­lier : chaque par­ti­ci­pant se bat pour dé­fendre un se­cret in­avouable!

L’an der­nier, le Conseil su­pé­rieur de l’Au­dio­vi­suel, ju­meau non iden­tique de notre CRTC, a for­cé TF1 d’in­di­quer au gé­né­rique que Se­cret Story s’adresse aux adultes... ce qui n’em­pêche pas les en­fants de re­gar­der!

Cet été, le CSA a condam­né une té­lé­réa­li­té de W9, chaîne nu­mé­rique gé­né­ra­liste, pour « at­teinte à la di­gni­té hu­maine ». Dans sa té­lé­réa­li­té in­ti­tu­lée Di­lem

me, 14 can­di­dats, sept gar­çons et sept filles ré­par­tis en deux équipes, vivent en­semble pen­dant huit se­maines pour ten­ter de rem­por­ter de l’ar­gent. Le prin­cipe est simple : jus­qu’où sont-ils prêts à al­ler pour en ga­gner?

Le 15 juillet, Jean-Charles a été pro­cla­mé vain­queur et il a en­cais­sé un chèque de 99 684 eu­ros (135 600 $).

DANS LE FU­MIER

Plu­sieurs des di­lemmes pro­po­sés aux par­ti­ci­pants sont à la li­mite de l’ac­cep­table, mais le 1er juin, Di­lemme a sé­rieu­se­ment dé­ra­pé. Pour la mo­dique somme de 500 eu­ros (680 $), la par­ti­ci­pante Marie a ac­cep­té de pas­ser trois mi­nutes en­fouie jus­qu’au cou dans un bas­sin rem­pli de fu­mier !

Pour faire les drôles, les gar­çons ont fi­ni par lan­cer un des leurs dans le bas­sin de fu­mier... On peut en­core « ad­mi­rer » cette édi­fiante scène sur le site de l’émis­sion et si on cherche bien, on peut aus­si la trou­ver sur YouTube, qui a cen­su­ré presque toutes les scènes trop osées de la sé­rie.

TROP, C’EST TROP

Cette fois, le CSA a ju­gé qu’on avait dé­pas­sé les bornes et il a dé­ci­dé d’ins­truire une ré­flexion glo­bale sur la té­lé­réa­li­té. Trois sages consul­te­ront tous les pro­fes­sion­nels de la té­lé afin d’éta­blir un code d’éthique de la té­lé-réa­li­té. C’est sans doute parce qu’elle sen­tait la soupe chaude que la so­cié­té En­de­mol vient de créer sa propre charte dé­on­to­lo­gique et nom­mer son propre co­mi­té d’éthique.

Autre pays, autres moeurs : chez nous, la té­lé pri­vée a presque tou­jours été plus ré­ser­vée que la té­lé pu­blique...

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.