La fac­ture

Le Journal de Quebec - Weekend - - SAVEURS -

Ça m’a frap­pé, sa­me­di der­nier. Je vais ache­ter cinq bou­teilles de vin dans une suc­cur­sale de la SAQ et, comme d’ha­bi­tude, je paie avec ma carte dé­bit. Jusque-là, pas de pro­blème. C’est quand on m’a re­mis mon cou­pon de caisse que je me suis ren­du compte de l’in­con­grui­té de la chose. Ma fac­ture, comme on dit fa­mi­liè­re­ment, fai­sait onze pouces de long et mon re­çu fai­sant état de ma tran­sac­tion par carte de dé­bit fai­sait presque huit pouces. Dix-neuf pouces de pa­pier pour faire état d’une vente de cinq bou­teilles de vin! Et dire, me di­sais-je, que la SAQ a fait grand état de sa po­li­tique verte en ma­tière de gaspillage de pa­pier en for­çant les ama­teurs de vin à uti­li­ser des sacs re­cy­clables. Une po­li­tique, en pas­sant, que je suis le pre­mier à ap­plau­dir. Mais si c’est pour réuti­li­ser le pa­pier ain­si économisé dans des cou­pons de caisses longs comme le bras, où est la lo­gique? « On est au cou­rant de la chose », me di­sait Lin­da Bou­chard, res­pon­sable des re­la­tions de presse à la SAQ. « Et on a un plan pour di­mi­nuer la quan­ti­té de pa­pier uti­li­sé sur les cou­pons de caisses. Mais on ne pour­ra pas le mettre en oeuvre tant que nos nou­velles caisses ne se­ront pas im­plan­tées dans tout le ré­seau et ce­la ne se fe­ra pas avant la fin du mois d’oc­tobre ». C’est pour pou­voir se confor­mer aux nou­velles normes ban­caires de sé­cu­ri­té, dues à l’im­plan­ta­tion de la tech­no­lo­gie de la carte à puce, que la SAQ a dû chan­ger ses caisses. Ces nou­velles normes en­tre­ront en vi­gueur le 31 oc­tobre. L’im­plan­ta­tion de ces nou­velles caisses a com­men­cé en juin, et dé­jà, pré­ci­sait Lin­da Bou­chard, « on a consta­té qu’elles sont moins éner­gi­vores que les an­ciennes et qu’elles per­mettent de sau­ver du pa­pier lors de la pu­bli­ca­tion des rap­ports de vente dans les suc­cur­sales ». En ce qui concerne le cou­pon de caisses, on en­tend bien le ré­duire au maxi­mum en di­mi­nuant, no­tam­ment, le lo­go de la SAQ et en en­le­vant le plus pos­sible éga­le­ment les es­paces blancs entre les don­nées. Ex­cel­lente idée. Il me sem­blait bien, aus­si, que ces fac­tures-là n’avaient pas d’al­lure. Re­ve­nons donc à nos bou­teilles puisque c’est pour ça qu’on est ici. Voi­ci quelques sug­ges­tions pour les jours qui viennent.

BLANCS

■ Cha­mi­né 2009, Vin­ho Re­gio­nal Alen­te­ja­no, Cortes de Cima (12,95 $) : vin aro­ma­tique, fait d’un as­sem­blage ori­gi­nal d’antão vaz, un cé­page du sud du Por­tu­gal, de vio­gnier, de ver­del­ho et de sé­millon; belle com­plexi­té de sa­veurs compte te­nu de son prix, dans les­quelles, m’a-t-il sem­blé, on trouve no­tam­ment de sub­tiles notes de sa­pi­nage. Un blanc qui a de la per­son­na­li­té, ce qui le rend d’au­tant plus in­té­res­sant à ce prix.

■ Or­viet­to Clas­si­co 2008, Ruf­fi­no (13,35 $) : un bon blanc simple et fa­cile, mais im­pec­cable, frais, avec un moel­leux en mi­lieu de bouche qui laisse pen­ser qu’il contient peut-être un chouia de sucre, mais rien de cho­quant, même pour le pour­fen­deur de sucre ré­si­duel que je suis.

■ Bos­co del Gal 2009, Bian­co di Cus­to­za, Tom­ma­si (16,20 $) : un bon pe­tit blanc sec et ner­veux, un peu fen­dant même, mais en même temps avec quelque chose de miel­lé; fait avec du treb­bia­no, du gar­ga­ne­ga, de la mal­va­sia et du cor­tese, c’est tout compte fait un blanc ori­gi­nal, que l’on ap­pré­cie de plus en plus au fur et à me­sure... que l’on vide la bou­teille.

■ Châ­teau de la Ra­go­tière 2008, Mus­ca­det Sèvre-et-Maine, Les Frères Couillaud (18,70 $) : mi­né­ral à sou­hait, cris­tal­lin, ten­du, mais avec un fruit qui a de la chair, pe­tite note sa­line en fi­nale. J’aime sa net­te­té et la pu­re­té de son fruit.

ROUGES

■ Re­ser­va Dou­ro 2007, Sogrape (19,95 $) : une sève gé­né­reuse, une pointe de noix, de va­nille et de mo­ka, no­tions de ta­bac, c’est un vin gour­mand et sa­vou­reux.

■ Pa­pa­ge­na 2007, Bar­be­ra d’Al­ba Su­pe­riore, Fon­ta­na­fred­da (24,95 $) : du fruit, du corps, pe­tite note cho­co­la­tée, beau­coup de fraî­cheur et de vi­va­ci­té; fran­che­ment sa­vou­reux.

■ Châ­teau de Sé­rame 2007, Cor­bières (17,70 $) : outre son mi­ner­vois (22,85 $), le châ­teau fait aus­si ce cor­bières qui est pul­peux, plu­tôt cor­sé et sa­vou­reux, avec en fi­nale une pe­tite pointe d’amertume de bon aloi.

■ Ba­rar­den­ga 2007, Chian­ti Clas­si­co, Fat

to­ria di Fel­si­na (23,70 $) : il n’en reste pas des masses dans le ré­seau, mais les ama­teurs de chian­ti frais et peu cor­sé, mais en même temps d’une grande au­then­ti­ci­té, se ré­ga­le­ront.

EX­CUSES

Plu­sieurs, avec rai­son, ont trou­vé in­com­pré­hen­sible mon in­tro­duc­tion de chro­nique de la se­maine der­nière. J’ex­pli­quais qu’au dé­but des an­nées 80, on bu­vait du Châ­teau d’Aglu­det avec nos ham­bur­gers. On au­rait dû boire plu­tôt du Cos d’Es­tour­nel, écri­vais-je. C’est que même si Cos (c’était du 1976) coû­tait alors seule­ment 16,75 $ contre 13,40 $ pour d’An­glu­det, Cos 2005 coûte au­jourd’hui 303 $ alors que d’An­glu­det 2006 est à 36,95 $. Ré­tros­pec­ti­ve­ment, on au­rait fait une bien bien meilleure af­faire. Or, l’omis­sion de l’in­for­ma­tion concer­nant le prix que coûte main­te­nant le Cos d’Es­tour­nel ren­dait le texte in­com­pré­hen­sible. Je m’en ex­cuse.

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