Mor­ning man pre­mier de classe

Le Journal de Quebec - Weekend - - LA RENTRÉE DE LA RADIO -

MON­TRÉAL | Il a 50 ans cette an­née, a 20 ans de ra­dio der­rière la cra­vate et est au som­met de­puis pra­ti­que­ment tout ce temps. Paul Ar­cand, le mor­ning man nu­mé­ro un, en­tame sa sixième an­née à la barre de l’émis­sion Puis­qu’il faut se le­ver au 98,5 FM avec sa­gesse.

Son suc­cès ne lui est pas mon­té à la tête.

« Je ne pense pas à la concur­rence ou à ce que fait Re­né-Ho­mier Roy chaque jour. Le dan­ger dans notre mé­tier est de re­gar­der ce que font les autres et de perdre de vue ce qu’on est en train de faire », dit en en­tre­vue Paul Ar­cand, prêt plus que ja­mais pour la ren­trée au­tom­nale.

Il est d’ailleurs en poste de­puis dé­jà le dé­but d’août. « L’ac­tua­li­té n’ar­rête ja­mais. Mais di­sons qu’à l’au­tomne, on sent tout de même une belle fé­bri­li­té. »

Ce mé­tier de mor­ning man le sti­mule comme à ses dé­buts. Mais pour Paul Ar­cand, le mot « tra­vail » re­vient cons­tam­ment dans son vo­ca­bu­laire.

« Il n’y a pas de grand se­cret, c’est tra­vail, tra­vail, tra­vail et sa­voir bien s’en­tou­rer de gens com­pé­tents qui sau­ront main­te­nir le ni­veau de jeu tou­jours très éle­vé. Ça nous sti­mule », dit-il.

LA RA­DIO… OP­TI­MISTE QUANT À SON AVE­NIR

Il ne cache pas que dans toute pro­gram­ma­tion, les émis­sions du ma­tin sont pri­vi­lé­giées.

« Sur le plan du bud­get, as­su­ré­ment, on nous donne les moyens. Nous avons plus de re­cher­chistes, plus de col­la­bo­ra­teurs. À nous alors de sa­voir créer une am­biance qui plai­ra aux au­di­teurs. Je crois que nous avons réus­si à don­ner le bon ton à cette émis­sion. Nous sa­vons être sé­rieux et drôles au bon mo­ment. Nous pas­sons d’un sen­ti­ment à un autre. C’est la clé pour main­te­nir le cap de 5 h 30 à 10 h le ma­tin, chaque jour » as­sure Paul Ar­cand.

Pour lui, tout est une ques­tion de conte­nu.

« Je crois que la ra­dio par­lée est moins me­na­cée mal­gré tous les chan­ge­ments que connaissent les sta­tions mu­si­cales. On sent que les gens sont en­core très at­ta­chés à ce mé­dium. »

Un mé­dium qui, grâce à In­ter­net et les cour­riels, per­met au­jourd’hui un échange en­core plus di­rect avec son au­di­toire.

« C’est for­mi­dable; j’aime re­ce­voir ces ré­ac­tions im­mé­diates du pu­blic. On peut vrai­ment par­ler d’un réel par­tage et d’un échange d’idées in­croyable. C’est une vé­ri­table ré­vo­lu­tion que nous avons vé­cue et c’est la ra­dio qui en pro­fite, je crois. »

Paul Ar­cand n’est pas sur Twit­ter et n’a pas un blogue per­son­nel.

« L’émis­sion a une page Fa­ce­book et est sur Twit­ter. Je ne suis pas contre, mais pour moi, In­ter­net et tous ces mé­dias so­ciaux nou­veau genre, je m’en sers comme ou­til de re­cherche et c’est ex­tra­or­di­naire pour un mor­ning man comme moi. »

Conte­nu, tra­vail, pas­sion : ce sont les mots qui re­viennent le plus sou­vent lorsque Paul Ar­cand parle de son mé­tier.

La der­nière tran­sac­tion de Co­ge­co qui a ache­té Co­rus et qui se re­trouve de­vant le CRTC plus tard cet au­tomne n’in­quiète pas trop le mor­ning man d’ex­pé­rience.

« Ça se passe au-des­sus de nos têtes et tant qu’on ne sau­ra pas qui est vrai­ment le pro­prié­taire de la sta­tion, quelle est sa vi­sion des choses et com­ment il veut l’orien­ter, on ne peut pas faire grand-chose. Il s’agit pour nous de faire notre job au quo­ti­dien. Ces longs pro­ces­sus de vente et de tran­si­tion ne sont ja­mais agréables pour per­sonne. T’as hâte que ce soit ré­glé, t’as hâte de sa­voir avec qui tu tra­vaille­ras. Mais nous n’avons pas le choix d’at­tendre. Notre prio­ri­té de­meure ce qu’on a à faire tous les jours pour nos

au­di­teurs. »

DIRE NON À RA­DIO-CA­NA­DA

Lors­qu’il a quit­té CKAC, la so­cié­té d’État a flir­té avec le mor­ning man d’ex­pé­rience. Re­grette-t-il de ne pas avoir fait le saut?

« Nous avions re­gar­dé quelques scé­na­rios ef­fec­ti­ve­ment. Mais je ne re­grette rien. C’est sûr qu’il y a une dif­fé­rence de moyens y a pas une sta­tion pri­vée au Ca­na­da qui a au­tant de moyens. Mais en même temps, je dois dire que j’ai une grande li­ber­té et même si j’ai chan­gé de pro­prié­taire. Je crois que même à Ra­dioCa­na­da, il y au­rait eu des désa­van­tages aus­si, comme par­tout. Je suis vrai­ment heu­reux au 98,5 FM. »

Pour ce qui est des po­li­ti­ciens et de la mi­nistre Ch­ris­tine St-Pierre qui croit que les « mé­dias ont un agen­da », Paul Ar­cand ré­pond : « Ça me fait bien rire. Je dis que lorsque, comme gou­ver­ne­ment, ton mes­sage ne passe pas comme tu voudrais, ça de­vient la faute des mé­dias. J’ai vu ce genre de ré­ac­tions avec tous les gou­ver­ne­ments. Ce n’est pas parce qu’à La Presse, le pro­prié­taire est fé­dé­ra­liste que la page édi­to­riale est fé­dé­ra­liste et que ça dé­peint sur les jour­na­listes. Et ce n’est pas parce que Pierre Karl Pé­la­deau est na­tio­na­liste qu’au­to­ma­ti­que­ment, ce se­ra fa­cile pour le Par­ti qué­bé­cois. Je ne pense pas. Moi, j’ai ja­mais vu ce­la, pas plus à TVA », conclut le mor­ning man d’ex­pé­rience.

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