« Cen’est­pas unremake deL’exor­ciste »

- Éli Roth

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA - Isabelle Hontebeyrie

Le pro­duc­teur lève le voile sur Le der­nier exor­cisme, qui prend l’af­fiche le 27 août pro­chain. « Ce n’est pas un film d’hor­reur, mais bien un thril­ler psy­cho­lo­gique », pré­cise im­mé­dia­te­ment Éli Roth, scé­na­riste, réa­li­sa­teur, pro­duc­teur et ac­teur qu’on a vu l’an der­nier dans Le com­man­do des bâ­tards, de Quen­tin Ta­ran­ti­no. Le der­nier exor­cisme est le pre­mier né de sa com­pa­gnie de pro­duc­tion, Ar­cade Films. Le film n’est pas un re­make de L’exor­ciste, film culte qui avait trau­ma­ti­sé le pro­duc­teur quand il l’avait vu dans sa jeu­nesse. On y suit le ré­vé­rend Cot­ton Mar­cus (Pa­trick Fa­bian), « homme d’Église comme d’autres sont ven­deurs », dé­crit l’ac­teur le cam­pant.

Fai­sant l’ob­jet d’un do­cu­men­taire, il veut mon­trer au pu­blic qu’il n’est qu’un ri­go­lo qui ef­fec­tue des exor­cismes sans même croire en Dieu. Mais tout change quand il est ap­pe­lé pour trai­ter la jeune Nell (Ash­ley Bell), ado­les­cente vi­vant dans une ferme au fin fond du sud des États-Unis.

DIA­BO­LIQUE

Éli Roth a été im­mé­dia­te­ment sé­duit par le scé­na­rio de Huck Bot­ko et And- rew Gur­land qui lui a « don­né des fris­sons » en plus de le sur­prendre tant « l’his­toire prend une tour­nure in­ha­bi­tuelle ». Pour le pro­duc­teur, Le der­nier exor­cis

me n’est pas à prendre au pre­mier de­gré : « C’est un exa­men de la guerre entre science et re­li­gion, dit-il. Et ce que j’aime de ce film est que c’est le ré­vé­rend qui prend le par­ti de la science et le père de la jeune fille ce­lui de l’église. » Il ne faut pas ou­blier que, de­puis quelques an­nées, le nombre d’exor­cismes n’a ces­sé d’aug­men­ter et que le Va­ti­can a même for­mé une vé­ri­table ar­mée de prêtres pour com­battre le Diable.

« J’aime le sous mes­sage qui est : Ne vous at­ta­quez pas à des forces que vous ne com­pre­nez pas », pré­cise Éli Roth avant d’ajou­ter que le Ma­lin a tou­jours fas­ci­né… et main­te­nant plus que ja­mais. « Le frère d’un des employés de l’équipe est un exor­ciste et rien de ce que nous tour­nions ne lui pa­rais­sait étrange. Pour lui, c’est un phé­no­mène ha­bi­tuel », ré­vèle-t-il.

Afin de conten­ter tout le monde, « les deux ar­gu­men­taires sont éga­le­ment re­pré­sen­tés. Si vous avez la foi, vous se­rez convain­cu que Nell est pos­sé­dée, si vous êtes athée, vous vous ral­lie­rez aux ar­gu­ments de Cot­ton Mar­cus ».

UN JEUNE RÉA­LI­SA­TEUR

Pour réa­li­ser Le der­nier exor­cisme, pré­sen­té comme un do­cu­men­taire, Éli Roth a choi­si Da­niel Stamm, jeune ci­néaste d’ori­gine al­le­mande et dont ce n’est que le deuxième long mé­trage.

« J’adore dé­cou­vrir de nou­veaux réa­li­sa­teurs, ex­plique Éli Roth. Je fais ce dont j’au­rais ai­mé bé­né­fi­cier pour mon pre­mier film et que Quen­tin Ta­ran­ti­no a fait pour mon deuxième. »

D’ailleurs, le pro­duc­teur, as­so­cié à Stu­dio Ca­nal pour ce film, a eu carte blanche pour l’em­bauche de l’équipe. Du coup, on y re­trouve bon nombre d’Eu­ro­péens, ce qui donne une cou­leur par­ti­cu­lière au film.

« Le ci­néaste pré­fé­ré de Da­niel est Lars Von Trier. On sent d’ailleurs, dans Le

der­nier exor­cisme, que les sé­quences clés sont celles des confron­ta­tions entre les per­son­nages. C’est comme ça qu’il a abor­dé le scé­na­rio, en se concen­trant sur la dou­leur conte­nue dans les échanges entre les pro­ta­go­nistes. »

ÉVO­LU­TION DES FILMS D’HOR­REUR

Si Le der­nier exor­cisme ne com­porte au­cun gore et presque pas de sang, Éli Roth n’en de­meure pas moins convain­cu qu’il sau­ra plaire au pu­blic qui ap­pré­cie les gi­clées d’hé­mo­glo­bine. « Il ne fal-

lait pas tom­ber dans le piège de vou­loir re­faire L’exor­ciste, de li­vrer un re­make, ana­lyse-t-il. Le der­nier exor­cisme est autre chose qui fait tout aus­si peur, mais pas de la même ma­nière. »

À ce su­jet, le pro­duc­teur ef­fec­tue la com­pa­rai­son avec d’autres créa­tures my­thiques. « Si je pro­nonce le mot “vam­pire”, on ne pense pas au film en noir et blanc. On pense im­mé­dia­te­ment à Twi­light, à True Blood ou à Vam­pire Dia­ries. » Le genre a donc évo­lué et la seule chose qu’Éli Roth es­père est que cette his­toire de pos­ses­sion fe­ra ré­flé­chir le pu­blic!

Le der­nier exor­cisme prend l’af­fiche dans toutes les salles du Québec le 27 août.

Pa­trick Fa­bian et Ash­ley Bell se par­tagent l’af­fiche dans

Le der­nier exor­cisme.

Ash­ley Bell.

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