Une ac­trice ca­mé­léon

Si vous avez vu l’ac­trice bri­tan­nique Gem­ma Ar­ter­ton dans le rôle de la co­pine de James Bond dans le film Quan­tum Of So­lace, ou dans ce­lui de la ma­jes­tueuse Ta­mi­na dans Prince Of Persia, vous ne sa­vez en­core rien de ce qu’elle peut faire.

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA - Liz Braun

Ce sont peut-être ces deux su­per­pro­duc­tions qui ont fait connaître Gem­ma Ar­ter­ton, âgée de 24 ans, au pu­blic nord-amé­ri­cain, mais tout ce­la va chan­ger avec La

dis­pa­ri­tion d’Alice Creed, un sombre pe­tit thril­ler sur un en­lè­ve­ment qui met en scène Ar­ter­ton, Ed­die Mar­san et Martin Comps­ton.

Ar­ter­ton n’est pas qu’un jo­li mi­nois de plus, comme le prouve La

dis­pa­ri­tion d’Alice Creed, qui a pris l’af­fiche hier. « Avec ce film-ci et l’autre qui se­ra pré­sen­té au Fes­ti­val in­ter­na­tio­nal du film de To­ron­to le mois pro­chain (in­ti­tu­lé

Ta­ma­ra Drewe), je crois que je peux dire que c’est moi, ex­plique Ar­te­ton. Quand j’ai lu les deux scé­na­rios, j’ai pen­sé tout de suite que c’étaient des films que j’au­rais en­vie d’al­ler voir au ci­né­ma. » Dans La dis­pa­ri­tion d’Alice Creed, un film noir et sur­pre­nant, Ar­ter­ton s’avère une vic­time beau­coup plus co­riace que les kid­nap­peurs ne l’au­raient cru. C’est à peu près tout ce que l’on peut dire du film sans vendre la mèche, mais le jeu des ac­teurs est cap­ti­vant. Ar­ter­ton n’a que des éloges à faire à pro­pos de ses deux co­ve­dettes mas­cu­lines. « On doit pré­ci­ser cer­taines choses au su­jet des ac­teurs de la classe ou­vrière, men­tionne-t-elle. Ils n’ont rien ob­te­nu sur un pla­teau d’ar­gent et leur jeu est cré­dible. Nous avons tous les trois des par­cours très nor­maux, et il se passe des choses très nor­males dans nos vies. C’était vrai­ment un pla­teau terre-àterre. Nous avons eu du plai­sir et nous ne nous sommes pas pris trop au sé­rieux. »

Ori­gi­naire du Kent, Gem­ma Ar­ter­ton pro­vient de fait de la classe ou­vrière (sa mère est femme de mé­nage et son père est sou­deur). Bien qu’elle ne se prenne pas trop au sé­rieux, elle prend son tra­vail très au sé­rieux. Di­plô­mée de l’Aca­dé­mie royale d’art dra­ma­tique (RA­DA), elle a tra­vaillé sans re­lâche de­puis qu’elle a ter­mi­né ses études il y a trois ans. En fait, même avant d’obte- nir son di­plôme : alors qu’elle fré­quen­tait en­core l’école, Ar­ter­ton a fait ses dé­buts au théâtre dans Peines d’amour per­dues et a éga­le­ment ob­te­nu un rôle dans la pro­duc­tion té­lé­vi­suelle dra­ma­tique Cap­tu­ring Ma­ry.

Elle a dé­bu­té au ci­né­ma dans St. Tri­nian’s en 2007, puis a joué dans une dou­zaine de films. Et elle a fait ses dé­buts au théâtre West End de Londres cette an­née dans la pièce The Lit­tle Dog Lau­ghed.

Les ci­né­philes pour­ront la voir pro­chai­ne­ment dans Ta­ma­ra Drewe, un film qui ra­conte l’his­toire d’un af­freux pe­tit ca­nard ado­les­cent qui de­vient une ma­gni­fique jeune adulte. La re­mar­qua­ble­ment belle Ar­ter­ton af­fu­blée en vilain ca­nard ? « J’ai un nez pro­thé­tique. Ils m’ont mis un nez et m’ont don­né une per­ruque dou­teuse et un af­freux uni­forme sco­laire. C’est une comédie noire. Mon ma­ri a pa­ni­qué quand il a vu une photo de moi pro­ve­nant du tour­nage », ra­conte-t-elle en ri­go­lant.

UN RÔLE LI­BÉ­RA­TEUR

En son­geant à son ap­pa­rence, Gem­ma Ar­ter­ton se dit heu­reuse d’avoir une al­lure dif­fé­rente dans chaque film qu’elle fait. « Quand j’étais à la RA­DA, je ne me suis ja­mais vue comme l’ac­trice qui al­lait ob­te­nir des rôles de femme fa­tale ou quoi que ce soit, parce qu’ils me fai­saient tou­jours in­ter­pré­ter d’autres genres de rôle. Je jouais des hommes, des dro­gués, tout le temps des rôles de per­son­nages peu at­ti­rants. Je me consi­dère réel­le­ment comme une ac­trice de per­son­nages et je suis fran­che­ment mal à l’aise avec des rôles de belles femmes, dans un cer­tain sens. »

« L’une des rai­sons pour les­quelles j’ai fait Alice Creed, c’est que je ve­nais de ter­mi­ner un film où j’avais l’im­pres­sion que ma beau­té était ce qui comp­tait le plus. Et ce­la ne m’in­té­res­sait pas du tout. Ce­la vous li­mite tel­le­ment. Je vou­lais jouer un rôle où je pour­rais man­ger et où je pour­rais être mal coif­fée si je me ré­veillais avec les che­veux en ba­taille, pour­suit-elle en riant. Alice Creed a été un rôle li­bé­ra­teur. Per­sonne ne s’oc­cu­pait de mon al­lure et je pou­vais me concen­trer sur le jeu, sur ce que j’avais à faire. »

Avec Jake Gyllenhaal dans Prince Of Persia.

Aux cô­tés de Da­niel Craig, dans Quan­tum Of So­lace.

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