Hom­mage aux jeux vin­tage

Scott Pil­grim Vs. The World: The Game sort sur les traces d’un nou­veau film ins­pi­ré d’une sé­rie de ro­mans gra­phiques qui rendent hom­mage au jeu vi­déo.

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA - Steve Tilley

Un jeu Scott Pil­grim avait plu­sieurs chances d’être mau­vais et de souiller l’image des ro­mans gra­phiques met­tant en ve­dette le tire-au-flanc, bas­siste et su­per hé­ros to­ron­tois de l’au­teur Bryan Lee O’Mal­ley, ou en­core du sur­pre­nant long-mé­trage tour­né à To­ron­to avec l’ac­teur Mi­chael Cera dans le rôle titre.

L’as­tuce d’Ubi­soft au­ra été de conce­voir Scott Pil­grim Vs. The World en s’ins­pi­rant de jeux vi­déo clas­siques tels qu’en joue Scott lui-même, avec leur vi­suel 8bits sché­ma­tique et leurs ef­fets so­nores d’un autre temps. Cette ap­proche néo-ré­tro a dé­jà été mise à pro­fit dans des jeux mo­dernes, mais ici le ré­sul­tat est tout sauf ar­ti­fi­ciel : c’est un hom­mage bien sen­ti tant aux jeux vin­tage qu’à la fran­chise Scott Pil­grim.

Le jeu est un sa­vou­reux mé­lange de bons vieux beat em’ ups dans le style de Streets Of Rage ou Double Dra­gon, avec un zeste ajou­té de jeu de rôles. Les joueurs pro­gressent dans une re­cons­ti­tu­tion pixé­li­sée de To­ron­to en in­car­nant les ef­forts de Scott qui cherche à vaincre les sept ex de la nou­velle élue de son coeur, Ra­mo­na Flo­wers.

Quatre joueurs à la fois peuvent faire équipe sur la même console, dans le rôle de Scott, Ra­mo­na et des amis Kim Pine et Ste­phen Stil­ls. La chro­no­lo­gie du jeu suit à peu près celle des ro­mans et du film, avec quelques dé­tours sur­réels : ti­re­lires vo­lantes, nin­jas lan­ceurs de boules de feu, ro­bots de la taille d’un gratte-ciel et bien plus.

Les joueurs avancent en jouant du coude dans cette ver­sion « pil­grim-isée » de To­ron­to, amas­sant des pièces (des huards et des deux dol­lars bien sûr) et amé­lio­rant au pas­sage leur ha­bi­le­té à vaincre des en­ne­mis qui vont du dur à cuire de ruelle aux zom­bies, sans ou­blier les sept mé­chants ex, cha­cun re­pré­sen­tant une ba­taille de fin de cha­pitre contre un boss.

La pro­gres­sion d’un per­son­nage dans les ni­veaux per­met à ce­lui-ci d’ajou­ter de nou­veaux coups à son ré­per­toire et de mettre de cô­té de l’ar­gent qui ser­vi­ra par exemple à se payer un snack de na­chos chez Snea­ky Dee’s ou en­core à ac­croître sa puis­sance grâce à des T-shirts ou des livres de re­cettes qui aug­mentent la force, la vi­tesse et autres ap­ti­tudes du per­son­nage.

UNI­VERS DE LA BD

Le jeu baigne dans l’uni­vers sty­li­sé de la BD et on y sent pla­ner l’au­ra propre aux bons vieux jeux vi­déo 8bits et 16bits. Une trame so­nore ex­quise de la for­ma­tion newyor­kaise Ana­ma­na­gu­chi est la ce­rise sur ce sun­dae d’ef­fets so­nores nos­tal­giques.

Le jeu souffre tout de même de quelques fai­blesses, dont le manque de jeu coop en ligne (pas cool) et un ni­veau de dif­fi­cul­té as­sez éle­vé. Les joueurs qui choi­si­ront de s’exé­cu­ter en so­lo de­vront re­prendre plu­sieurs fois les ni­veaux de base pour ac­cu­mu­ler suf­fi­sam­ment d’ar­gent et d’ex­pé­rience afin de sur­vivre aux ni­veaux plus dif­fi­ciles qui sur­viennent plus tard dans le jeu.

Comme le jeu ne coûte que 10 $ à té­lé­char­ger sur PlayS­ta­tion Net­work (le jeu doit pa­raître dans le cou­rant du mois sur Xbox 360 Live) et res­pecte fi­dè­le­ment l’es­prit du ma­té­riel ori­gi­nal et des jeux vi­déo clas­siques, ces dé­tails sont par­don­nables.

VER­DICT

Cette re­cons­ti­tu­tion res­pec­tueu­se­ment fi­dèle des jeux vi­déo clas­siques bai­gnant dans l’uni­vers ex­cen­trique de Scott Pil­grim est un dé­lice à té­lé­char­ger, quoique pas fa­cile à réus­sir.

SCOTT PIL­GRIM

VS. THE WORLD: THE GAME

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