La mé­tier de po­li­ti­cien est ren­du ter­rible

- Ma­rio Du­mont

Le Journal de Quebec - Weekend - - TÉLÉVISION - Mi­chelle Coudé-Lord MCLORD@JOUR­NALMTL.COM

MON­TRÉAL | Même si sa pre­mière an­née au pe­tit écran ne fut pas chose fa­cile, Ma­rio Du­mont n’a ja­mais re­gret­té

d’avoir dit adieu au monde po­li­tique. Au contraire. Il est sou­la­gé et en pri­vé, dit-il, il trouve que ses an­ciens col­lègues «lui font pi­tié» tel­le­ment la joute est de­ve­nue dure et cruelle. C’est ce que l’ani­ma­teur, qui en pas­sant, a fait un ta­bac cet été en rem­pla­ce­ment de Paul Houde à la ra­dio du 98,5 FM, nous confiait dans un en­tre­tien à une se­maine de son re­tour en ondes à V, dans un nou­veau cré­neau de 22h30.

« Pas un seul ins­tant, je re­grette d’avoir quit­té le monde po­li­tique. Ce fut une sage dé­ci­sion. Même dans les pires jour­nées de l’an der­nier dans mon nou­veau monde de la té­lé­vi­sion, le mé­tier de po­li­ti­cien ne m’a ja­mais man­qué. J’ai la convic­tion pro­fonde et sin­cère qu’il n’y avait plus rien de beau pour moi dans ce mi­lieu après 20 ans de car­rière. Et tant qu’à pour­rir dans un en­droit et de t’en­nuyer, vaut mieux par­tir», ajoute Ma­rio Du­mont sur un ton convain­cu.

PAUVRES PO­LI­TI­CIENS

Même si toutes ces an­nées en po­li­tique l’ont for­mé comme in­di­vi­du, l’ex-chef de l’ADQ hé­site tou­jours à in­ci­ter un ami à faire le saut.

« Ce mé­tier-là est ren­du ter­rible, dé­va­lo­ri­sé com­plè­te­ment. Or, lorsque des gens viennent me voir pour me de­man­der conseil, je trouve ce­la dif­fi­cile, car je crois en la dé­mo­cra­tie. Mais je sais ce qui les at­tend. C’est une vie vrai­ment dure pour la­quelle les ré­com­penses en 2010 sont to­ta­le­ment in­suf­fi­santes. Et tout ce cy­nisme tue cette pro­fes­sion. Par exemple, lors­qu’un po­li­ti­cien nou­veau genre comme Ré­gis Labeaume connait du suc­cès, il se fait vite bras­ser pour évi­ter qu’il monte trop haut et plu­sieurs sou­haitent qu’il se plante. C’est dom­mage, mais c’est dur comme ce­la. Au­jourd’hui, je n’ai au­cun re­gret. J’ai eu au­tant de plai­sir à le faire qu’à tour­ner la page », as­sure-t-il.

Et il est prêt à don­ner son opi­nion tous les soirs à son émis­sion à V.

Il sou­haite que Line Beau­champ, la nou­velle mi­nistre de l’Édu­ca­tion, soit la ve­dette de l’au­tomne.

« Qu’elle mette son poing sur la table et main­tienne les vrais bul­le­tins dans les écoles; qu’elle s’at­taque vrai­ment au dé­cro­chage sco­laire.

Et pour avoir ali­men­té les dé­bats à l’As­sem­blée na­tio­nale, il es­time que Jean Cha­rest, qui veut que le ton change à Québec, a ten­du un vé­ri­table piège à l’Op­po­si­tion.

« C’est très ha­bile de la part de M. Cha­rest, mais c’est un voeu pieux”, croit Ma­rio Du­mont.

L’ADQ... UNE AUTRE ÉTAPE

Quant à son an­cien par­ti, l’ADQ, il croit que le chef Gé­rard Del­tell de­vra se faire voir et se faire en­tendre.

« Il a réus­si à ar­rê­ter l’hé­mor­ra­gie. C’est bien. Mais la tra­ver­sée du dé­sert se conti­nue et il se doit d’être pré­sent dans l’ac­tua­li­té et d’ar­ri­ver avec de nou­velles idées. Je crois que l’ADQ va sur­vivre. Je suis pour la di­ver­si­té des idées et des points de vue en po­li­tique ».

Et l’ani­ma­teur est fin prêt à par­ta­ger son opi­nion et ses idées avec ses té­lé­spec­ta­teurs le 30 août pro­chain.

«Je crois que ce se­ra une deuxième an­née en­core plus pas­sion­nante. Les er­reurs du dé­bu­tant sont faites. Le concept de l’émis­sion est bien sur ses rails », conclut l’ani­ma­teur qui ne chan­ge­rait rien au monde sa place avec un siège de mi­nistre du gou­ver­ne­ment.

PHOTO JO­CE­LYN MALETTE

« Je suis fier de ce que j’ai ac­com­pli en po­li­tique, mais j’étais vrai­ment prêt à tour­ner la page. Je suis content d’être ailleurs », confie l’ex-chef de l’ADQ, Ma­rio Du­mont.

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