Sans la té­lé, pas de sa­lut

Le Journal de Quebec - Weekend - - TÉLÉVISION -

La pré­sence de la té­lé aux grands évé­ne­ments, en par­ti­cu­lier les matchs de sport, les concerts en plein air et les as­sem­blées pu­bliques, fait main­te­nant à ce point par­tie du dé­cor qu’on en ou­blie sa pré­sence. Pour­tant, sans elle, com­bien de ces évé­ne­ments ar­ri­ve­raient à at­ti­rer des foules de 25, 50 et même 100 000 per­sonnes et plus?

Cet été, grâce entre autres à l’ama­bi­li­té de Jean Bé­dard et d’Yvon Mi­chel, j’ai as­sis­té à deux pal­pi­tantes soi­rées de boxe au Colisée de Québec et au stade Uni­prix.

À cause d’une in­tem­pes­tive pneu­mo­nie, j’ai dû ra­ter le match entre Pas­cal et Daw­son, que j’ai néan­moins re­gar­dé sur Illi­co.

La se­maine pré­cé­dente, j’avais as­sis­té à la par­tie de foot­ball entre les Alouettes et les Rough Ri­ders au stade McGill, un match presque aus­si fou que ce­lui de la coupe Grey, que les Alouettes avaient ga­gné par un bot­té de pla­ce­ment, ren­du pos­sible par une pu­ni­tion de der­nière se­conde aux Rough Ri­ders.

PLUS BE­SOIN DE PAYER LE GROS PRIX

Au stade McGill, j’avais à cô­té de moi un jeune homme qui ne ces­sait de pes­ter chaque fois que les écrans du stade ne mon­traient pas de re­prises. Pour lui, c’était in­ima­gi­nable qu’il ne puisse re­voir en gros plan un jeu im­por­tant qui ve­nait de se dé­rou­ler live sous ses yeux. Après avoir sou­ri de ses ré­ac­tions, j’ai fi­ni par me dire qu’il avait bien rai­son de pes­ter. Non seule­ment la té­lé­vi­sion nous a per­mis de voir en di­rect des mil­liers d’évé­ne­ments, mais elle a aus­si com­plè­te­ment chan­gé notre fa­çon d’en faire par­tie.

Qu’on as­siste à un match de boxe ou de ho­ckey, à un concert pu­blic du Fes­ti­val de jazz ou à une ma­ni­fes­ta­tion comme l’an­ni­ver­saire de l’ar­mis­tice dans la ca­pi­tale fé­dé­rale, ça se­rait tout à fait in­ac­cep­table de ne pas voir en gros plan une re­prise du jeu, l’ar­tiste en ré­ci­tal où la veuve de guerre dé­po­sant une gerbe de fleurs au pied du mo­nu­ment au sol­dat in­con­nu.

Les écrans géants font dé­sor­mais par­tie in­té­grante du spec­tacle. Ils l’ont même com­plè­te­ment dé­mo­cra­ti­sé. Plus be­soin de payer le gros prix pour être aux pre­mières loges.

Il n’y a pas si long­temps, quand on ache­tait un billet « de­bout », au Fo­rum de Mon­tréal, on ne voyait pas grand-chose du match de ho­ckey. Tout au plus pou­vait-on dire à ses amis qu’on y était...

Au­jourd’hui, même avec les moins bons billets, on peut si­non suivre le jeu à son goût, au moins re­voir ses plus beaux as­pects sous leur meilleur angle.

TOU­CHEZ PAS À MES ÉCRANS

Qu’au­rait vu, l’an der­nier, le 150 000e spec­ta­teur au ré­ci­tal de Paul McCart­ney sur les plaines d’Abra­ham si on n’avait pas ins­tal­lé des écrans re­layant dans tous les coins du parc des images de la scène? Même chose aux concerts en plein air du Fes­ti­val de jazz.

La té­lé­vi­sion a contri­bué à en­grais­ser de ma­nière presque éhon­tée le por­te­feuille des ath­lètes pro­fes­sion­nels. Non seule­ment les droits des matchs rap­portent aux pro­mo­teurs des sommes fa­ra­mi­neuses, mais les écrans géants leur per­mettent de vendre aus­si de coû­teuses pu­bli­ci­tés. C’est l’as­pect que j’aime le moins de ces écrans, mais je les sup­porte bien pour peu que je ré­flé­chisse à tous les avan­tages qu’ils m’ap­portent.

Qu’on ne m’en­lève ja­mais les écrans géants qui ac­com­pagnent tous les évé­ne­ments d’au­jourd’hui, car je me conten­te­rai alors de les re­gar­der bien as­sis chez moi. À la té­lé­vi­sion évi­dem­ment!

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