Se ma­rier au my­thique hô­tel Bilt­more

Lors­qu’on se marie, on vou­drait que tout soit par­fait. On sou­hai­te­rait le faire dans un en­droit de rêve. La Flo­ride, avec ses hô­tels my­thiques, en offre la pos­si­bi­li­té. On vous entraîne dans l’un d’entre eux : l’hô­tel Bilt­more.

Le Journal de Quebec - Weekend - - TOURISME - Isabelle La­flamme

Quand en­fin l’amour ap­pa­raît dans notre vie, on a sou­vent en­vie de le sou­li­gner. Cer­tains s’en­gagent en se ma­riant. On ré­flé­chit alors pen­dant des se­maines à une mul­ti­tude de pe­tits dé­tails. On a le coeur qui bat la cha­made en pen­sant à l’être cher. On vou­drait que tout soit par­fait, que tout soit au ren­dez-vous : le beau temps, un en­droit de rêve et la cer­ti­tude que le par­terre se­ra fleu­ri et par­fu­mé.

Pour réunir ces condi­tions, il est im­pos­sible de se trom­per si l’on opte pour un ma­riage en Flo­ride. Et quant à rê­ver, on peut pen­ser à des en­droits ex­cep­tion­nels de ro­man­tisme et de beau­té. Je vous entraîne donc au my­thique hô­tel Bilt­more.

Cet en­droit unique se cache dans la ville de Co­ral Gables, à moins d’une heure au sud de l’aé­ro­port de Mia­mi. À l’ar­chi­tec­ture à mi-che­min entre le pa­lais romain et le pa­lais mau­resque d’Es­pagne, l’en­droit est d’un ro­man­tisme d’un autre temps. Il ne res­semble pas à ces hô­tels bou­tique à la mode qui poussent par­tout sur la pla­nète. Il vient tout droit de l’âge d’or du jazz et de ce­lui des gang­sters. Il semble avoir été lais­sé tel qu’il était au mo­ment de son ou­ver­ture, en 1926.

Pour un ma­riage à l’al­lure eu­ro­péenne, il est par­fait.

Raf­fi­né et convi­vial à la fois, l’hô­tel dis­pose de 275 chambres, dont 130 suites. L’une d’elles, l’Ever­glades Suite, était la pré­fé­rée du cé­lèbre caïd Al Ca­pone. Un grand pia­no trône dans la pièce et des bal­cons pro­curent une vue im­pre­nable. On a l’im­pres­sion d’em­bras­ser la Flo­ride.

Mais l’hô­tel ne fut pas seule­ment le pré­fé­ré des per­son­nages peu re­com­man­dables. Au fil des ans y sé­jour­nèrent aus­si une mul­ti­tude de cé­lé­bri­tés, dont Ju­dy Gar­land ain­si que le duc et la du­chesse de Wind­sor.

Pour se ma­rier dans l’hô­tel, on a l’em­bar­ras du choix, et ce, même le soir ve­nu. De ma­gni­fiques ter­rasses sur­plombent la grande pis­cine qui est illu­mi­née, à la tom­bée du jour. Les sta­tues en­châs­sées sous des arches prennent vie sous le lé­ger fré­mis­se­ment de l’eau. Et les bou­gain­vil­liers qui en­lacent les arches semblent sou­pi­rer d’amour. Il est donc pos­sible de se ma­rier sous les étoiles. Presque tou­jours, le temps est clé­ment. De grandes tables peuvent être mon­tées à l’ex­té­rieur. Or­chestre de chambre, vio­lo­niste, se­lon ses goûts, la mu­sique peut être au ren­dez-vous. Lors de mon pas­sage, j’ai pu as­sis­ter à un tel ma­riage noc­turne à l’at­mo­sphère si dif­fé­rente.

Une ter­rasse avec de ma­gni­fiques es­ca­liers qui do­mine le jar­din et le ter­rain de golf est aus­si dis­po­nible pour les cé­lé­bra­tions. De­vant nous, 150 acres de ver­dure, in­cluant un par­cours de 18 trous et 10 courts de ten­nis, s’étalent à perte de vue. Le dé­cor est agré­men­té d’une des ma­gni­fiques fon­taines que l’on re­trouve un peu par­tout sur le site. Ce- pen­dant, si l’on pré­fère être à l’in­té­rieur, de grandes salles nous at­tendent. Des portes somp­tueuses d’un rose sur­an­né donnent ac­cès aux salles de bal. L’en­droit est ma­gique. Les pla­fonds de 46 pieds sont dé­co­rés de cais­sons en­cas­trés, peints mi­nu­tieu­se­ment. De grands mi­roirs an­tiques ornent les murs. Dans leurs glaces, on ima­gine sans peine les re­flets de mil­liers de valses qui ont tra­ver­sé les dé­cen­nies. D’im­menses fe­nêtres à car­reaux et de ma­jes­tueux can­dé­labres de cris­tal donnent une chance à nos rêves les plus mer­veilleux de se ré-

ali­ser. Un grand foyer rose avec mou­lures décoratives et des tables rondes com­plètent le ta­bleau.

Les lieux pour prendre des photos de ma­riage sont mul­tiples. Et ro­man­tiques. Il est pos­sible de dé­am­bu­ler sous des ton­nelles fleu­ries. Lors de mon pas­sage, il y avait à l’ex­té­rieur des sculp­tures mo­dernes qui contras­taient jo­li­ment avec les bâ­ti­ments.

Le ma­tin ve­nu, le pe­tit-dé­jeu­ner se­ra ser­vi dans le pa­tio cen­tral en­tou­ré de ba­lus­trades. De pe­tites tables en fer for­gé et des pal­miers dans d’im­menses pots, comme le veut la tra­di­tion es­pa­gnole, en­tourent une im­mense fon­taine. L’am­biance ex­té­rieure com­po­sée du so­leil le­vant, du chant des pe­tits oi­seaux, des cou­leurs chaudes et du bon­heur am­biant est in­ou­bliable. Le ser­vice cour­tois. La nour­ri­ture ex­cel­lente. L’oeuf bé­né­dic­tine était par­fait. Quelques tranches minces de truffes or­naient la sauce hol­lan­daise. Le tout à la bonne tem­pé­ra­ture. Et une or­chi­dée d’un rose soute- nu éta­lait sa per­fec­tion dans mon as­siette.

On peut même, si on le veut, faire ses achats de ma­riage dans le quar­tier avoi­si­nant l’hô­tel. L’ave­nue Mi­racle Mile, de Co­ral Gables, est spé­cia­li­sée dans le ma­riage. On y trouve de tout : faire-part, robes, com­plets pour homme, ca­deaux, lin­ge­rie, chaus­sures, bi­joux… de tous les styles et à tous les prix.

Il ne faut d’ailleurs pas man­quer de vi­si­ter Co­ral Gables, l’un des quar­tiers les plus pros­pères des États-Unis. La ville fut ima­gi­née par Georges Merrick dans les an­nées 20. Grand vi­sion­naire, ce­lui-ci rê­vait de créer un en­semble ar­chi­tec­tu­ral ima­gi­naire. Il prit ce qu’il consi­dé­rait comme le meilleur des styles es­pa­gnol et ita­lien, et y ajou­ta une jo­lie touche flo­ri­dienne. La ville est par­cou­rue de pe­tits ca­naux et de ma­gni­fiques al­lées luxu­riantes, bor­dées de grands arbres qui créent une voûte de ver­dure. C’est tout un contraste apai­sant avec Mia­mi.

La mer n’est pas loin, ni le vi­brant quar­tier de South Beach. Pour faire des achats, il y a éga­le­ment, à proxi­mi­té du Bilt­more, le vil­lage de Merrick Park. Un ma­gni­fique centre com­mer­cial ex­té­rieur qui re­groupe de luxueuses bou­tiques comme Tif­fa­ny & Co., Blu­ma­rine (la seule aux États-Unis) et Guc­ci. Mais aus­si des bou­tiques beau­coup plus ac­ces­sibles comme Vic­to­ria’s Se­cret, An­thro­po­lo­gie et Ba­na­na Re­pu­blic.

Une note en ter­mi­nant : sé­jour­ner au Bilt­more ne veut pas dire qu’il faut se rui­ner. L’été, en basse sai­son – qui aus­si est la sai­son des ma­riages –, la chambre la moins chère est of­ferte à 159 $ la nuit. Mais il en va au­tre­ment pour la suite d’Al Ca­pone : elle coûte 4 684 $ la nuit...

Voi­ci l’adresse du site Web de l’hô­tel au su­jet des ma­riages : www.bilt­mo­re­ho­tel.com/wed­dings.php Ce voyage a été réa­li­sé grâce au Grea­ter Mia­mi Conven­tion & Vi­si­tors Bu­reau.

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1. La nuit ve­nue, l’image du Bilt­more se re­flète dans sa jo­lie pis­cine. 2. Construit en 1928, l’hô­tel Bilt­more a très peu chan­gé de­puis son inau­gu­ra­tion. 3. Le Bilt­more a été le ren­dez-vous de toutes sortes de per­son­nages : du gang­ster Al Ca­pone jus­qu’à l’ac­trice Ju­dy Gar­land. 4. Quelque150 acres de ver­dure en­châssent l’hô­tel. 5. Le pa­tio cen­tral est en­tou­ré de ba­lus­trades. De pe­tites tables en fer for­gé et des pal­miers dans d’im­menses pots, comme le veut la tra­di­tion es­pa­gnole, en­tourent une im­mense fon­taine. 6. D’élé­gantes co­lonnes agré­mentent le dé­cor du Bilt­more.

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QMI PHOTOS ISABELLE LA­FLAMME, AGENCE

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