Le cal­mar vo­lant s’in­vite dans les eaux de San Die­go

Le Journal de Quebec - Weekend - - TOURISME -

Le Na­tio­nal Geo­gra­phic parle d’un nou­veau ve­nu dans les eaux de la Ca­li­for­nie: le cal­mar de Hum­boldt, par­fois sur­nom­mé le « dé­mon des pro­fon­deurs ». En 2009, rap­pe­lons qu’une « at­taque » de cal­mar contre des plon­geurs près de San Die­go avait été rap­por­tée. Que les ama­teurs de plon­gée se ras­surent: le cal­mar n’aime pas man­ger de l’hu­main. Si l’un d’eux vous at­trape dans ses dix ten­ta­cules (et cette créa­ture peut me­su­rer jus­qu’à six pieds), il va vous pal­per, ju­ger que vous êtes im­propre à la consom­ma­tion et – ouf! – vous re­lâ­cher. « Ils sont in­tel­li­gents, cu­rieux et très tac­tiles », ex­plique le bio­lo­giste William Gillie, de l’uni­ver­si­té Stan­ford.

Est-ce parce que les eaux se ré­chauffent que les cal­mars de Hum­boldt ont pous­sé vers le nord jus­qu’à la Ca­li­for­nie? Si vous avez beau­coup de chance, quand vous na­vi­guez sur un ba­teau, vous pour­riez voir cer­tains de ces cal­mars géants sau­ter hors de l’eau. En ef­fet, ils se pro­pulsent par­fois hors de l’eau avec leurs puis­sants ten­ta­cules; les scien­ti­fiques ignorent le pour­quoi de cette ha­bi­tude qui leur a va­lu en an­glais le sur­nom de flying

squid (cal­mar vo­lant). La vie de ces cal­mars n’est pas de tout re­pos: ils chassent et mangent et chassent et mangent fré­né­ti­que­ment jus­qu’à leur mort, après une ou deux an­nées de vie. Ces glou­tons en­gouffrent de si grandes quan­ti­tés de pois­sons qu’ils sont ca­pables de dés­équi­li­brer des éco­sys­tèmes. Au­tre­ment dit, ce sont peut-être moins les ama­teurs de plon­gée que les pê­cheurs qui, en Ca­li­for­nie, de­vraient re­dou­ter l’ar­ri­vée du cal­mar de Hum­boldt. Chose amu­sante: dans le Na­tio­nal Geo

gra­phic, on re­trouve une photo de ces cal­mars prise par… un autre cal­mar (un ap­pa­reil-photo ayant été fixé sur l’un d’eux afin qu’il « do­cu­mente » les scien­ti­fiques sur les moeurs de son es­pèce).

En­fin, sou­li­gnons l’ex­cel­lence de l’ar­ticle au­quel Na­tio­nal Geo­gra­phic consacre sa page cou­ver­ture (ga­geons que cet ar­ticle se re­trou­ve­ra dans quelques se­maines tra­duit en fran­çais dans Na­tio­nal Geo­gra­phic France). Les trous bleus des Bahamas sont de très pro­fondes grottes ma­rines. Il est très dan­ge­reux de plon­ger, d’ex­plo­rer leurs pro­fon­deurs, no­tam­ment parce qu’il est ris­qué de s’y perdre dans les « fo­rêts de sta­lac­tites ». Au fond de ces trous bleus, ima­gi­nez-vous donc qu’il y a… des fos­siles d’ani­maux (et des restes hu­mains…) ad­mi­ra­ble­ment pré­ser­vés par une qua­si-ab­sence d’oxy­gène. Une mine d’or pour les cher­cheurs.

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