« À UN MO­MENT DON­NÉ, C’EST LE TEMPS DE FAIRE LE POINT »

Le Journal de Quebec - Weekend - - MUSIQUE - Da­ny Bou­chard Le Jour­nal

MON­TRÉAL | Éric La­pointe re­vient de loin. De­puis un an et de­mi, sa vie n’est plus la même, mais les chan­ge­ments sont pour le mieux.

À la fin du mois de jan­vier 2009, le chan­teur a tou­ché le fond du ba­ril. Plon­gé dans un co­ma ar­ti­fi­ciel pour net­toyer son corps des ra­vages de l’al­cool et de la drogue, Éric La­pointe est sor­ti gran­di – et sobre – de cette épreuve.

« Les gens dé­couvrent peut-être une nou­velle fa­cette de ma per­son­na­li­té que j’ex­pri­mais moins au­pa­ra­vant. Ce n’est pas un nou­veau Éric. On vieillit, on gran­dit, avec les ex­pé­riences et les épreuves. J’ai eu une grosse pé­riode de re­mise en ques­tion et de ré­flexion. Les 40 an­nées qui ont pré­cé­dé, je n’ai pas trop ré­flé­chi, j’y suis al­lé à l’ins­tinct. À un mo­ment don­né, c’est le temps de faire le point », confie-t-il.

« C’est un com­bat de tous les jours. Je se­rai al­coo­lique jus­qu’à la fin de mes jours et ce n’est as­su­ré­ment pas un com­bat qui se gagne pu­bli­que­ment. C’est bien per­son­nel comme dé­marche et c’est pour ça que je ne ré­pon­drai plus à des ques­tions par rap­port à ça pu­bli­que­ment, mais à tra­vers l’al­bum, j’écris ce que je vis, mes émo­tions, ce qui me touche, et ça trans­pire un peu. »

EF­FETS BÉ­NÉ­FIQUES

En un an et de­mi, Éric La­pointe a ob­ser­vé sur son corps les ef­fets bé­né­fiques de son chan­ge­ment de vie.

« Je me sens mieux. J’ai un stress de moins dans la vie, ce­lui de per­for­mer. En ayant une meilleure dis­ci­pline de vie, vo­ca­le­ment, je suis plus en forme. J’ai plus de fun à don­ner mes shows et toute l’équipe se sent plus en sé­cu­ri­té. Ils ne se de- mandent pas si je vais ar­ri­ver trop saoul pour don­ner mon show ou avec la voix toute dé­cris­sée du par­ty de la veille. » La mu­sique l’a d’ailleurs beau­coup ai­dé. « Ma fa­çon de m’être re­mis sur le pi­ton, c’est d’être re­mon­té en selle pra­ti­que­ment tout de suite, à l’en­contre des conseils des mé­de­cins. C’est ça qui m’a ai­dé à m’en sor­tir. Faire de la mu­sique, j’ai tou­jours dit que c’était une forme de thé­ra­pie et c’est la meilleure forme de thé­ra­pie. J’ai eu la chance qu’on me donne l’oc­ca­sion de pou­voir jouer plu­sieurs fois par se­maine. Ça fait du bien. Quand je ne joue pas, je de­viens fa­ci­le­ment dé­pres­sif. (..) C’est as­sez ra­pide chez moi de pen­ser que je suis un ar­tiste fi­ni. J’ai be­soin de mon­ter sur scène pour me ras­su­rer un peu, al­ler cher­cher ma dose d’adré­na­line. J’ai es­sayé toutes les dopes qui peuvent exis­ter sur la terre, mais c’est net­te­ment la plus puis­sante et celle que je pré­fère. »

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