ÉRIC LA­POINTE AC­COU­CHE­RA DE BLEU

MON­TRÉAL | Avant de ber­cer son pre­mier en­fant en fé­vrier pro­chain, Éric La­pointe ac­cou­che­ra d’un sixième al­bum en car­rière, l’un des plus at­ten­dus de l’au­tomne. Tein­té de lu­mière, mais tor­tu­ré comme du La­pointe, Bleu cé­lé­bre­ra no­tam­ment ses re­trou­vailles

Le Journal de Quebec - Weekend - - MUSIQUE - Da­ny Bou­chard DBOU­CHARD@JOUR­NALMTL.COM

L’al­bum d’Éric La­pointe, son sixième de­puis 1994, est pré­vu pour le mois de no­vembre.

«Je me mets de la pres­sion; à un mo­ment don­né il faut s’im­po­ser un échéan­cier, dit le chan­teur briè­ve­ment sor­ti de sa re­traite pour par­ler au Jour­nal de ses nou­veaux pro­jets.

«Ça fait long­temps qu’il est en che­min. Ça fait un an qu’on tra­vaille des­sus, pas à temps per­du, mais entre les shows parce qu’on n’a pas ar­rê­té la tour­née. On s’est aus­si ins­tal­lé un mois à StMar­tin, avec notre stu­dio. Il y a plein d’idées sur les tapes, mais il y a peut-être une chan­son qui est sor­tie de là. On a pas mal iden­ti­fié toutes les tounes qui se­ront sur l’al­bum. On fait des ma­quettes», ex­plique-t-il, at­ta­blé à un res­tau­rant du VieuxMon­tréal. Cet al­bum, Éric La­pointe l’a bap­ti­sé Bleu. «Mis à part que c’est ma cou­leur pré­fé­rée, mis à part que Fer­land a eu son al­bum jaune, que les Beatles ont eu leur al­bum blanc, et Me­tal­li­ca leur al­bum noir, je vais avoir mon al­bum bleu.

«Bleu comme un en­fant qui vient au monde, bleu comme le ciel, bleu comme un ca­davre, bleu parce que ce n’est pas noir, mais le blanc peut être bleu, et le noir peut aus­si être bleu, plaide-t-il. Ça peut aus­si faire ré­fé­rence à avoir les bleus ou avoir les blues. »

RO­GER TA­BRA

Pour cet al­bum, Éric La­pointe re­trouve deux an­ciens com­plices: Stéphane Du­four à la réa­li­sa­tion, et Ro­ger Ta­bra, avec qui il a col­la­bo­ré pour la der­nière fois sur son al­bum Cou­pable.

«Un mo­ment don­né, on s’est per­du», confie Éric La­pointe à pro­pos des deux hommes. Le chan­teur ajoute qu’il ne connaît pas les rai­sons de leur éloi­gne­ment.

«Per­sonne ne le sait, de vieilles chi­canes de couple. (...) On se re­trouve où on s’était lais­sé. On a tou­jours le même plai­sir à tra­vailler en­semble.»

Pour Bleu, Ro­ger Ta­bra col­la­bore à cha­cune des chan­sons.

«On s’est connu quand j’avais 20 ans et qu’il en avait 40. Là, on est vingt ans plus tard. Il a eu des pro­blèmes de san­té der­niè­re­ment et il a eu un en­fant. Ce sont tous des thèmes qui nous rap­prochent.

«Ro­ger a la plume heu­reuse, ces temps-ci. Il écrit des choses qui me touchent beau­coup. Je pense que c’est parce qu’il me connaît beau­coup et peu­têtre parce qu’on se res­semble en quelque part. On co­écrit aus­si beau­coup en­semble et je pense que le mé­lange de nos plumes donne quelque chose de spé­cial.»

Les thèmes de Bleu se­ront en ligne di­recte avec l’uni­vers des autres al­bums du chan­teur.

«Ce sont tou­jours les mêmes thèmes qui re­viennent: la vie, la mort, l’amour, l’ami­tié.

«J’ai frô­lé la mort l’an­née pas­sée et il y a une par­tie de ça qui est dans l’ins­pi­ra­tion. Il y a toute la re­nais­sance qui s’en est sui­vie, il y a ma blonde qui va avoir un en­fant (voir autre texte). C’est un mé­lange de la nais­sance, de la mort, de la ré­sur­rec­tion et des re­trou­vailles.»

L’une des chan­sons porte sur l’époque où La­pointe a ren­con­tré Ta­bra, «l’époque où on était d’illustres in­con­nus qui er­raient dans les bars de Mon­tréal, la gui­tare en ban­dou­lière, et qui jouaient où on pou­vait. On dor­mait quand on pou­vait et on man­geait aus­si quand on pou­vait. Fi­na­le­ment, des iti­né­rants avec une adresse», ré­sume le chan­teur en riant.

Dans une autre chan­son, Éric La­pointe s’adresse à son pu­blic.

«Je m’adresse beau­coup à ceux qui m’ont ai­dé à pas­sé à tra­vers les étapes dif­fi­ciles de ma vie, pas seule­ment la der­nière, mais aus­si les autres. Le der­nier épi­sode m’a fait réa­li­ser plein de choses, que j’avais dé­lais­sé beau­coup de monde qui me sup­porte de­puis long­temps et avec qui je n’étais pas tou­jours fin. J’ai réa­li­sé que j’avais beau­coup d’amis que j’avais peut-être mis de cô­té au pro­fit de mon amour pour la vie noc­turne ex­ces­sive.

«Je fais mon mea culpa dans cer­taines chan­sons », confie-t-il.

Les re­trou­vailles ne s’ar­rêtent pas à Stéphane Du­four et Ro­ger Ta­bra : Éric La­pointe a aus­si concoc­té une chan­son avec Al­do No­va, un col­la­bo­ra­teur de la pre­mière heure.

«Il m’a ap­pe­lé comme ça, par ha­sard, en me de­man­dant d’al­ler écou­ter son nou­veau stock. De fil en ai­guille, il s’est mis au pia­no, j’ai ra­mas­sé une gui­tare et il y a une chan­son qui est sor­tie de là », ra­conte le chan­teur.

« J’AVAIS DES CHOSES À DIRE »

Éric La­pointe te­nait ab­so­lu­ment à sor­tir un al­bum cette an­née.

«Le show de Ma Peau on l’a tour­né, tour­né et tour­né, et il s’est pas­sé plu­sieurs choses dans ma vie. J’avais des choses à dire et j’ai en­vie d’avoir du nou­veau ma­té­riel pour mon­ter un nou­veau show. »

L’al­bum, la po­chette, se­ra par­ti­cu­lière, pro­met Éric La­pointe,en ajou­tant que Bleu au­ra sa part de lu­mi­no­si­té.

«Il est noir et plein de lu­mière en même temps. Ça reste du La­pointe, as­sez tor­tu­ré, as­sez mélancolique, et as­sez an­gois­sé de na­ture, sur­tout quand vient le temps de faire un al­bum.

«Il y a tou­jours des re­mises en ques­tions in­croyables où je me mets à faire de l’ec­zé­ma et que j’ai du mal à dor­mir. C’est comme ça que je le vis. Je me pose bien des ques­tions, mais je pense qu’on ne s’en pose ja­mais trop. C’est le temps de s’en po­ser avant de pas­ser à l’étape «je m’as­sume». Pour l’ins­tant, je suis dans la re­mise en ques­tion et je pense que c’est une saine fa­çon de faire un al­bum.»

POUR LES AUTRES AL­BUMS, JE M’ISO­LAIS POUR STRIC­TE­MENT ÉCRIRE. LÀ, C’EST LA PRE­MIÈRE FOIS QUE J’ÉCRIS EN MÊME TEMPS QUE LA TOUR­NÉE, ENTRE LES SHOWS. »

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