L’art de faire fris­son­ner la jeu­nesse

Avec « Ma­dame Wen­ham », le maître de l’hor­reur Pa­trick Se­né­cal signe la suite at­ten­due de « Sept comme Set­teur », un ro­man jeu­nesse qui a fait fris­son­ner des mil­liers de jeunes lecteurs de­puis sa pu­bli­ca­tion, en 2007, aux édi­tions de la Ba­gnole.

Le Journal de Quebec - Weekend - - LIVRES - Marie-France Bor­nais Le Jour­nal de Québec Pa­trick Se­né­cal se­ra le porte-pa­role de la Se­maine des bi­blio­thèques pu­bliques, qui au­ra lieu du 16 au 23 oc­tobre. La thé­ma­tique se­ra en lien avec les ados.

Après avoir sau­vé le père Noël et le la­pin de Pâques de l’em­prise de mon­sieur Set­teur, Rom et Nat sont cette fois aux prises avec la nou­velle me­nace du quar­tier : Ma­dame Wen­ham, une sup­pléante qui ne donne pas droit à l’er­reur.

L’au­teur de 5150, rue des Ormes et Les sept jours du ta­lion, por­tés ré­cem­ment à l’écran, a ré­pon­du au dé­fi lan­cé par ses en­fants, Na­than et Ro­my, en ima­gi­nant une his­toire dans la­quelle ils de­vien­draient des hé­ros.

« C’est car­ré­ment mon fils qui m’a de­man­dé, il y a trois ans, d’écrire un livre pour lui et pour sa soeur Ro­my. Il avait huit ans et ma fille en avait six et il était frus­tré de ne pas pou­voir lire mes livres pour adultes. J’ai pris ça au pied de la lettre : pour­quoi ne pas leur lé­guer quelque chose de plus lu­mi­neux que mes autres ro­mans, qui sont as­sez sombres? », ra­conte l’au­teur en en­tre­vue té­lé­pho­nique de­puis sa ré­si­dence de Mont Saint-Hi­laire.

Pour avoir du plai­sir à l’écrire, il fal­lait que l’his­toire reste dans ses cordes... Pa­trick Se­né­cal a donc mi­jo­té une his­toire qui fait fris­son­ner tout en étant adap­tée aux en­fants. « Au dé­but, je man­quais de confiance en moi, je me de­man­dais si j’al­lais être ca­pable d’al­ler dans l’uni­vers des en­fants. L’autre idée que j’ai eue, c’est de mettre Na­than et Ro­my en scène, que ce soit leur aven­tu- re à eux pour qu’ils y trouvent du plai­sir. »

LA QUÊTE DE LA PER­FEC­TION

Pa­trick Se­né­cal s’est ima­gi­né ce qui se­rait ar­ri­vé si la Fée des dents de­ve­nait vrai­ment mé­chante... et a créé Ma­dame Wen­ham pour pa­ro­dier la quête de per­for­mance et de l’en­fant par­fait qui conta­mine de plus en plus l’uni­vers des écoles pri­maires qué­bé­coises.

« In­cons­ciem­ment, il y a peu­têtre un peu d’un pro­fes­seur que j’ai eu en deuxième an­née dans Ma­dame Wen­ham. Elle était dé­jà très âgée à l’époque et ve­nait de la vieille école. Elle doit être morte au­jourd’hui, d’ailleurs. Elle était très dure, elle nous frap­pait, nous don­nait des claques en ar­rière de la tête, ce qui est au­jourd’hui to­ta­le­ment im­pen­sable. Mme Wen­ham, ce n’est pas phy­si­que­ment qu’elle est dure, c’est psy­cho­lo­gi­que­ment. » La mé­chante Ma­dame Wen­ham, une vraie chi­pie, com­mence tou­jours la jour­née par une farce plate et lance des mau­vais sorts aux en­fants qui ont mal ap­pris leurs le­çons. Quant à ceux qui ont des dif­fi­cul­tés... tant pis pour eux. « On va à l’école pour ap­prendre, pour tout connaître et ne plus faire d’er­reurs dans la vie », as­su­ret-elle.

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.