Tou­jours de­bout aprés plu­sieurs com­bats

La­ra Fa­bian

Le Journal de Quebec - Weekend - - LA UNE -

La­ra Fa­bian pèse cha­cun de ses mots. À 40 ans, la chan­teuse est ré­flé­chie, po­sée. La­ra Fa­bian a vi­si­ble­ment fait beau­coup de che­min. Avec sous le bras son al­bum Toutes

les femmes en moi, la chan­teuse re­vient au Québec, là où elle se sent le mieux, où est sa ra­cine, comme elle se plaît à le dire.

« J’ai fait des choix dans ma vie. J’ai fait le choix de par­tir à une époque où j’étais très seule ici, où c’était très dif­fi­cile de conti­nuer, où j’avais per­sonne, pas de fa­mille, dit-elle.

« C’est peut-être pour ça que j’ex­plose tou­jours en san­glots à la fin des spec­tacles, que quand je dois par­tir, c’est une souf­france. Quand cet avion dé­colle, j’ai l’im­pres­sion qu’on m’ar­rache quelque chose », confie-t-elle à pro­pos de ce Québec qui lui manque et qui re­pré­sente tant pour elle.

Toutes les femmes en moi est sor­ti en Eu­rope au prin­temps 2009.

La­ra Fa­bian re­vi­site des chan­sons comme So­leil So­leil, L’Amour existe

en­core ou L’Hymne à l’amour. « C’est mon idée, à l’is­sue d’une conver­sa­tion avec ma meilleure amie, ex­plique-t-elle. On se po­sait la ques­tion, à sa­voir com­ment on fait pour de­ve­nir ce que l’on est, pas ce qu’on vou­drait être, mais ce que l’on est vé­ri­ta­ble­ment. »

Pour être ce qu’elle est, La­ra Fa­bian dit avoir for­gé sa per­sonne au contact de toutes les femmes de sa vie : sa mère, sa grand-mère, sa meilleure amie.

Pour s’amu­ser, elle s’est mise à dres­ser une liste de femmes connues - en ci­né­ma, en lit­té­ra­ture, en mu­sique - qui ont été im­por­tantes dans sa vie. Quelque part, La­ra Fa­bian était en train de mon­ter la liste des ar­tistes à qui elle em­prun­te­rait un titre pour son nou­vel al­bum.

« J’avais ja­mais fait un al­bum de co­vers. J’avais dé­jà chan­té des co­vers dans ma vie; j’avais dé­jà chan­té Je suis

ma­lade, qui n’était pas ma chan­son, mais qui est presque de­ve­nue ma chan­son avec le temps. J’ai at­ten­du d’avoir presque 40 ans pour le faire », sou­ligne-t-elle.

L’al­bum a été en­re­gis­tré en Bel­gique, à Paris, dans le sud de la France et en grande par­tie à Mon­tréal.

D ailleurs, en France, l’al­bum a été ac­cueilli par au moins une cri­tique né­ga­tive.

« Mais je ne fais pas ça pour les gens qui ne m’aiment pas. (...) Je fais mon mé­tier avec énor­mé­ment de convic­tion et d’en­thou­siasme, en me di­sant que ceux qui ai­me­ront sont les bien­ve­nus », clame la chan­teuse en ajou­tant qu’un al­bum de re­prises ex­pose l’ar­tiste à plus de risques et à plus de cri­tiques né­ga­tives.

« Il y a des gens que ça a dé­ran­gé pro­fon­dé­ment d’en­tendre L’Hymne à l’a

mour de Piaf en gos­pel. Je com­prends. Je com­prends, mais je n’avais au­cune en­vie de la chan­ter comme Édith Piaf parce que ça n’au­rait pas eu d’in­té­rêt, pour moi, de le faire comme ça. Je n’au­rais pas eu le sen­ti­ment d’ap­por­ter quelque chose. »

EVE­RY WO­MAN IN ME

Toutes les femmes en moi a aus­si son pen­dant an­glo­phone, Eve­ry wo­man

in me, qui n’est pas en­core « of­fi­ciel­le­ment » sur le mar­ché.

« Au dé­but, c’était pas du tout des­ti­né à être un al­bum. Ça a été juste une mise à plat des chan­sons que j’ai­mais en an­glais, pia­no et voix », ex­plique la chan­teuse

En spec­tacle, La­ra Fa­bian a chan­té quelques-unes des chan­sons en an­glais et de­vant l’en­thou­siasme des spec­ta­teurs, elle a eu l’idée de pro­po­ser Eve

ry wo­man in me en vente, sur son site Web.

« Si les gens me le de­mandent à plus large spectre, pour­quoi pas? Pour l’ins­tant, EWIM (Eve­ry wo­man in me) existe sur la­ra­fa­bian.com » .

La­ra Fa­bian n’avait pas chan­té en an­glais de­puis 2003.

« C’est mon autre langue, mon grand­père est amé­ri­cain. J’ai pas­sé la moi­tié de ma vie à étu­dier, écrire, chan­ter, ap­pré­cier l’an­glais. Je n’ai tel­le­ment pas l’im­pres­sion que c’est un voyage dans l’in­con­nu, dans quelque chose qui ne m’est pas ha­bi­tuel ou usuel. (...) C’est une langue que je maî­trise, dans la­quelle j’écris des textes de­puis tou­jours. C’est comme quand je chante en ita­lien », dit-elle.

UNE AD­MI­RA­TRICE DE CÉ­LINE DION

La­ra Fa­bian est sou­vent com­pa­rée, pour sa puis­sance vo­cale, à une Cé­line Dion, ou à une jeune Bar­bra Strei­sand.

« Je suis tel­le­ment ad­mi­ra­tive de cette per­sonne, dit-elle à pro­pos de Cé­line Dion, et j’ai un tel res­pect pour cette car­rière, pour la force qu’elle a dé­ployée pour être là où elle est, que c’est tou­jours un vrai beau com­pli­ment quand on se fait com­pa­rer à nos pairs et que les pairs aux­quels on se fait com­pa­rer sont des gens qui ont une car­rière hors norme, exem­plaire. »

La­ra Fa­bian au­rait-elle pu avoir une car­rière comme celle de Cé­line Dion?

« On ne peut pas faire ou re­faire une vie. J’ai fait des choix im­por­tants dans ma car­rière à un mo­ment don­né, qui ont fait que je ne me suis pas di­ri­gé vers ça. Des choix per­son­nels, qui ont mis un em­bar­go sur cer­taines choses qui étaient pro­fes­sion­nelles », ex­pli­quet-elle.

Da­ny Bou­chard DBOU­CHARD@JOUR­NALMTL.COM

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.