AVEC OU SANS AC­CENT

Le Journal de Quebec - Weekend - - WEEKEND - Mi­chelle Coudé-Lord MCLORD@JOUR­NALMTL.COM

MON­TRÉAL | Stéphane Rous­seau est ti­mide. La scène et son mé­tier l’aident à se li­bé­rer. Ce spec­tacle dans le­quel il se confesse comme ja­mais le dé­voile. « Les gens qui ver­ront ce spec­tacle vont cer­tai­ne­ment mieux me connaître. Comme ils vont com­prendre par exemple pour­quoi je suis ca­pable d’être ex­hi­bi­tion­niste sur scène... sur­tout en dé­voi­lant mon se­cret de fa­mille : je fai­sais du nu­disme avec mes pa­rents à 12 ans. C’est un peu bi­zarre, car je n’en fe­rais même pas au­jourd’hui. Ça me gê­ne­rait ter­ri­ble­ment », lance-t-il.

Il a tra­vaillé ce spec­tacle avec le ta­len­tueux Yves Au­coin, le scé­no­graphe qui est de tous les spec­tacles de Cé­line Dion.

« J’ai te­nu à har­mo­ni­ser la tech­no­lo­gie, l’hu­mour, l’es­thé­tisme... mes des­sins sont aus­si pré­sents, ils servent d’ac­com­pa­gne­ment dans cer­tains nu­mé­ros.

Les gens dé­cou­vri­ront des traits de ma per­son­na­li­té par le biais de cette autre forme d’art qui me tient aus­si à coeur », pré­cise Stéphane Rous­seau qui, rap­pe­lons-le, a dé­jà ex­po­sé à Paris, et pro­met de ré­ci­di­ver.

« J’aime faire de tout sur scène et, heu­reu­se­ment, je suis très choyé.

J’ai un vaste pu­blic, ça va de la grand-mère à la jeune fille qui se paye une soi­rée de filles et de la gang de chums. Donc, mon but est de faire rire tout ce beau monde-là, qu’on se

paye un beau trip en­semble. »

UN MÉ­TIER COM­PÉ­TI­TIF

Et la com­pé­ti­tion de ses pairs? « Bien sûr que c’est exi­geant, tu dois tou­jours al­ler de l’avant pour ne pas être dé­pas­sé. Le pu­blic a le choix, donc tu te dois de leur pro­po­ser le meilleur. Je me com­pare à un per­for

mer, à un ath­lète, quand je suis sur scène.

Je suis nour­ri, je crois, par une bonne am­bi­tion, je veux leur mon­trer que je suis en­core ca­pable de les ame­ner loin, de les faire rire comme ja­mais. C’est plus fort que moi, c’est mon mé­tier, que j’aime pro­fon­dé­ment. Un

show, c’est vi­vant, on peut tou­jours l’amé­lio­rer, quoique la pru­dence est de mise, car la per­fec­tion, un show trop bien lé­ché, asep­ti­sé, n’est pas non plus la meilleure for­mule.

Le pu­blic doit tou­jours avoir de­vant lui le ra­con­teur d’his­toire », sou­tient Stéphane Rous­seau.

Il se sent choyé par son pu­blic et res­pec­té par ses pairs. La veille de notre en­tre­vue, il avait re­çu chez lui un cer­tain Claude Meu­nier, au­jourd’hui un ami. Tout comme Yvon Deschamps est un de ses grands guides et confi­dents.

« Ce sont des dieux pour moi. Faire par­tie de leur vie au­jourd’hui est vé­ri­ta­ble­ment un ca­deau », dit-il sur un ton fier et heu­reux.

DEUX CONTI­NENTS, DEUX VIES... MÊME MÉ­TIER, MÊME PAS­SION

À Paris, il a un chauf­feur, les soi­rées se suc­cèdent après les spec­tacles. Sa vie de ve­dette est or­ga­ni­sée au quart de tour.

Sa blonde Maude et son fils Axel se

join­dront à lui au cours de l’au­tomne.

« Je me sens pri­vi­lé­gié d’avoir ac­cès à cette vie-là, mais j’aime aus­si re­ve­nir seul dans mon char sur la route du Québec après mon show, chez nous.

Deux vies dif­fé­rentes, certes, mais le même mé­tier, la même pas­sion, c’est cer­tain », pré­cise-til.

Il l’ad­met, en France, il a un ac­cent... « Ça prend beau­coup de temps à trou­ver le ton juste. Le pe­tit ac­cent est à mon avis in­évi­table. Au ci­né­ma, par exemple, si tu veux jouer, tu te dois de par­ler un fran­çais plus in­ter­na­tio­nal, si­non, on va te faire jouer le Qué­bé­cois. Sur scène, j’ai trou­vé le ton juste, je crois, je leur passe des ex­pres­sions qué­bé­coises et on ne rit pas de l’ac­cent, ni de l’un ni de l’autre. Faut s’adap­ter, mais non pas re­nier d’où on vient. Au contraire, le Québec est mon chez nous, j’en suis fier et ça res­te­ra tou­jours ma prio­ri­té », af­firme Stéphane Rous­seau. Et le ma­riage? « Je ne juge pas ceux qui se ma­rient, mais moi je n’ai ja­mais été por­té vers ce­la.

Je ne dis pas que je ne chan­ge­rai pas d’idée. Mais ça fait six ans et de­mi que je suis heu­reux avec Maude, la mère de mon gar­çon, et je suis de plus en plus ca­pable de sai­sir les mo­ments de bon­heur.

Juste le sou­rire de mon gar­çon et voi­là, c’est bon, je suis heu­reux », conclut-il.

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