PRÊT À CAS­SER LA GLACE

Il a 34 ans, trois en­fants, une for­ma­tion d’édu­ca­teur spé­cia­li­sé et après y avoir rê­vé pen­dant des an­nées, l’hu­mo­riste Phi­lippe La­prise est fi­na­le­ment prêt à pré­sen­ter son tout pre­mier one man show.

Le Journal de Quebec - Weekend - - WEEKEND - Cé­dric Bé­lan­ger Le Jour­nal de Québec

Ré­ci­pien­daire de l’Olivier pour le dé­cou­verte de l’an­née 2009 et connu des té­lé­philes pour son tra­vail dans Vrak la vie et Atomes crochus, ce na­tif de Jon­quière cas­se­ra la glace of­fi­ciel­le­ment, lun­di, à la salle Al­bert-Rous­seau, après un été à roder en pro­vince son spec­tacle in­ti­tu­lé Je peux main­te­nant mou­rir.

Il fe­ra de même à Mon­tréal, le 19 oc­tobre, au Gé­su. Ner­veux?

« Oui. C’est la pre­mière fois que je vais pas­ser sous le bis­tou­ri d’un cri­tique. Mais ce qui me stresse, c’est de pré­sen­ter ça à mes amis. Beau­coup d’hu­mo­ristes vont être là. Mais en même temps, ils sont pas­sés par là et ils vont m’ac­com­pa­gner. L’un d’eux m’a dit : « On sait ce que c’est; alors quand on y va, on s’ouvre et on rit. »

UN BI­LAN DE VIE

Ce spec­tacle, qu’il mû­rit de­puis jan­vier 2009, Phi­lippe La­prise l’a trans­for­mé en bi­lan de vie.

« J’ai été ins­pi­ré de ce que j’ai vé­cu quand j’étais jeune, au se­con­daire, ce que j’ai vé­cu avec mes en­fants, quand j’ai tra­vaillé en dé­fi­cience in­tel­lec­tuelle, le fait que j’ai un sur­plus de poids. Oui, il y en a des jokes de gros dans mon show parce que je suis gros. Ça fait par­tie de ma réa­li­té. Sauf qu’on es­saye d’al­ler cher­cher des pistes dif­fé­rentes. Et on veut aus­si ex­plo­rer la mort. Qu’est-ce qu’il y a après? », dit le sym­pa­thique

hu­mo­riste, qui se plan­te­ra sur scène au beau mi­lieu d’une cui­sine.

«Mon dé­cor, c’est ma cui­sine : un pré­lart ex­ces­si­ve­ment beau, un pe­tit îlot, un fri­go. Se­lon moi, la cui­sine est l’en­droit le plus fré­quen­té par une fa­mille. C’est là qu’il se passe le plus d’af­faires. La ligne di­rec­trice du spec­tacle est sur le fri­go.

« Je suis su­per fier de mon nu­mé­ro fi­nal parce qu’il est dif­fé­rent, ajoute-t-il. Tout le long du spec­tacle, j’amène le pu­blic dans une di­rec­tion et, à la fin, je dé­fais tous les pat­terns pour faire un autre genre d’hu­mour. C’est un peu plus théâ­tral. »

PEUR DE RE­GRET­TER

Pour en ar­ri­ver à ce pre­mier spec­tacle, Phi­lippe La­prise a uti­li­sé quelques dé­tours. Une for­ma­tion col­lé­giale en édu­ca­tion spé­cia­li­sée (« Ma mère m’avait dit : « Ça ne me dé­range pas que t’ailles dans l’hu­mour, mais ça te prend un plan B si ça ne marche pas’’ »), de l’im­pro­vi­sa­tion en plus de ses contrats à la té­lé­vi­sion.

« En 1999, j’ai fait les au­di­tions en duo pour l’École na­tio­nale de l’hu­mour et on a été re­fu­sés. Quand j’ai eu fi­ni mon D.E.C., je me suis dit qu’il fal­lait que je fasse l’école parce que ma peur était de le re­gret­ter à 35 ans, de me dire que j’au­rais dû y al­ler quand c’était le temps », confie l’hu­mo­riste, qui est bien conscient qu’une car­rière en hu­mour peut être bien courte.

« L’hu­mour, on ne se le ca­che­ra pas, c’est bien éphé­mère. Je touche du bois. Je suis su­per heu­reux d’être là, mais je sais que ça peut ar­rê­ter après un, deux ou trois ans. Qu’im­porte le temps que ça va du­rer, je vais pou­voir dire que je l’ai fait, que j’ai eu le cou­rage, les couilles, de le faire jus­qu’au bout, de fon­cer. » Phi­lippe La­prise se­ra à la salle Al­bertRous­seau, ce lun­di, et au Gé­su de Mon­tréal, le 19 oc­tobre.

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