Plus haïs­sable que ja­mais

Se re­fu­sant à toute forme d’au­to­cen­sure, Mike Ward pro­met de se faire en­core plus « haïs­sable » avec son nou­veau spec­tacle qui pousse les li­mites du « po­li­ti­que­ment in­cor­rect ».

Le Journal de Quebec - Weekend - - WEEKEND -

Après avoir of­fert près de 200 re­pré­sen­ta­tions de son spec­tacle Haïs­sable, to­ta­li­sant 100 000 spec­ta­teurs, l’in­cor­ri­gible hu­mo­riste est de re­tour avec Mike Ward s’ex­pose. Ce titre, ex­plique-t-il, fait ré­fé­rence à son goût du risque. « J’aime m’ex­po­ser au dan­ger », dit ce­lui qui s’est en­tou­ré à l’écri­ture de sa dou­zaine de sketches du non moins dé­ran­geant François Avard. « C’est en­core une coche plus crue que le spec­tacle pré­cé­dent », nous dit Mike Ward, sur­pris de l’at­ti­tude conci­liante de son pu­blic à ses pre­mières re­pré­sen­ta­tions. « Lorsque je pré­sen­tais Haïs­sable, j’ai vu des spec­ta­teurs quit­ter la salle au beau mi­lieu du show. Cette fois, ça ne s’est pas en­core pro­duit une fois. Je ne com­prends pas : pour­tant, je vais en­core plus loin... Il faut croire que les gens se sont ha­bi­tués à mon style », lance-t-il en sou­riant.

Dans Mike Ward s’ex­pose, le fan­tai­siste ex­pose sa vi­sion sur la pau­vre­té, le ra­cisme, le re­li­gion, le sexe, les han­di­caps et la guerre. Son pro­pos re­pose sur­tout sur son ex­pé­rience trou­blante en Af­gha­nis­tan, où il est al­lé di­ver­tir nos sol­dats. « J’ai vu des choses hal­lu­ci­nantes, comme ces hommes qui vont chier sur le toit de leur mai­son; ils laissent sé­cher la merde en la lais­sant en­suite par­tir au vent... » Ward n’a pas pu s’em­pê­cher d’y faire une ré­fé­rence avec le sort des femmes af­ghanes, « obli­gées de res­ter voi­lées même à l’in­té­rieur de leur de­meure. Ce qui me fait dire en show : quand elles meurent, on ne les en­terre pas, on les lance sur le toit de leur mai­son... »

« C’est le genre de re­marque qui crée un cer­tain in­con­fort. Mais moi, je ne me sens pas à l’aise dans la zone du confort », lance l’hu­mo­riste en­core ou­tré par les images du pas­sage au même mo­ment en Af­gha­nis­tan de Mi­chaëlle Jean « se fai­sant prendre en photo avec des en­fants tout sou­riants, comme si c’était la réa­li­té de là-bas... »

PAS PEUR DE DÉ­RAN­GER

Mike Ward ne craint pas de dé­ran­ger par son pro­pos, même si, dit-il, « je n’écris pas ex­pres­sé­ment pour cho­quer. C’est ma fa­çon à moi de ra­con­ter les choses. C’est aus­si dé­ran­geant que peut l’être l’ac­tua­li­té. » Il prend soin d’ajou­ter : « J’aime mieux al­ler trop loin que pas as­sez loin... » Il di­ra en­core qu’il a pré­ve­nu François Avard de veiller « à ce que je ne m’adou­cisse pas avec l’âge ». Il ne cache pas qu’il avait « un peu la chien- ne » avant de pré­sen­ter son nou­veau spec­tacle pour la pre­mière fois dans la ré­gion de Ga­ti­neau « Mais l’ac­cueil du pu­blic m’a don­né rai­son », af­firme ce­lui qui, sur scène, lance même quelques pointes à l’en­droit de ses pairs, dont Guy A. Le­page, Louis-Jo­sé Houde, Martin Matte et même Cé­line Dion.

Mike Ward consi­dère que son show, par son conte­nu sa­lé, ne se­ra ja­mais « dif­fu­sable » par la té­lé... « Y sont ben trop fri­leux », lance ce­lui qui se tour­ne­ra da­van­tage vers la pro­duc­tion d’un DVD. Ac­cep­te­rait-il de faire l’ob­jet d’un do­cu­réa­li­té comme Claude Du­bois? « Ja­mais, ça ne se­rait pas mon­trable, y au­rait juste des bip... » Mike Ward se­ra à la salle Al­bert-Rous­seau, les 13 et 14 oc­tobre et les 23 et 24 mars 2011; à la salle An­dré-Ma­thieu, les 22 et 23 oc­tobre, et au théâtre Saint-De­nis de Mon­tréal, les 17 et 18 no­vembre.

Pierre O. Na­deau PIERRE.NA­DEAU@JOUR­NAL­DE­QUE­BEC.COM

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