LE DEUIL, À LA FA­ÇON DE FRANÇOIS PA­PI­NEAU

« Au diable les conven­tions, un deuil est une af­faire per­son­nelle qui se vit à sa fa­çon », nous ba­lance le per­son­nage de Gilles, que joue François Pa­pi­neau.

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA - Cé­dric Bé­lan­ger Le Jour­nal de Québec cedric.be­lan­ger@jour­nal­de­que­bec.com

« Il donne l’im­pres­sion de prendre plu­sieurs mau­vaises dé­ci­sions et de se pous­ser d’une dou­leur ex­trême, mais fi­na­le­ment c’est pour l’ap­pri­voi­ser gra­duel­le­ment qu’il fait ces mou­ve­ments-là », sou­ligne l’ac­teur à pro­pos de Gilles, qui fait l’im­passe sur les fu­né­railles de son en­fant de cinq ans pour prendre la route vers le Bas-Saint-Laurent, en com­pa­gnie de son ami Bob.

« Plus ça avance, pour­suit Pa­pi­neau, plus on dé­couvre qu’il a pris les bonnes dé­ci­sions pour lui. Ce gars-là a re­fu­sé cette fa­çon pré­em­bal­lée de gé­rer la mort. Il y a cin­quante ou cent ans, on ex­po­sait les corps dans le sa­lon et il n’était pas ques­tion d’en­ter­rer le dé­funt tant que le cou­sin du qua­trième vil­lage n’était pas ve­nu le voir. Il y avait un temps de deuil, quelque chose d’im­por­tant et de gra­duel qui est de­ve­nu mé­ca­nique au­jourd’hui. »

DES ÉLOGES

Coïn­ci­dence, l’ac­teur a aus­si joué dans Trois temps après la mort d’An­na, de Ca­the­rine Martin, un film qui traite aus­si du deuil et qui a abou­ti sur nos écrans ré­cem­ment. Mal­gré la lour­deur du su­jet, il as­sure que la pré­pa­ra­tion au tour­nage ne dif­fère pas.

« C’est le tra­vail nor­mal de ré­flexion en amont. Tu penses aux si­tua­tions quelques mois à l’avance, tu es­saies de trou­ver une cer­taine em­pa­thie par rap­port aux per­son­nages. Plus tu creuses, plus tu réus­sis à trou­ver des cou­loirs émo­tifs », dit ce­lui qui ne re­çoit que des éloges pour son jeu dans Route 132 et qui a rem­por­té le prix d’in­ter­pré­ta­tion au der­nier Fes­ti­val des films du monde de Mon­tréal.

« C’est sûr que c’est bon pour le film puisque c’est une men­tion in­ter­na­tio­nale. C’est un ju­ry com­po­sé de gens de l’Asie et d’Eu­rope. C’est un pri­vi­lège d’être ap­pré­cié à l’ex­té­rieur du Québec », confie-t-il, sans pour au­tant dé­cré­ter qu’il s’agit de sa meilleure per­for­mance en car­rière.

« C’est ce qui marque le plus les gens par rap­port au ci­né­ma. De­puis plu­sieurs an­nées, j’ai un pa­quet de per­for­mances qui m’ont ex­trê­me­ment sa­tis­fait. J’aborde tou­jours mes af­faires de la même fa­çon. C’est la ré­ac­tion des gens qui changent. »

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