Quand le jeu de­vient plus vrai que na­ture

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA -

Ka­the­rine Hei­gl parle de couches pleines. Il semble qu’il s’agisse d’un su­jet de conver­sa­tion tout ce qu’il y a de plus na­tu­rel si l’on en croit la bande-an­nonce de son plus ré­cent film, La vie, tout

sim­ple­ment, dans le­quel on la voit faire une pré­sence re­mar­quée dans une fête avec des ma­tières fé­cales au vi­sage.

C’est aus­si un su­jet qu’elle a ap­pro­fon­di, étant don­né que son ma­ri, Josh Kel­ley, et elle ont adop­té une pe­tite Co­réenne, Na­leigh, juste avant le dé­but du tour­nage de cette comédie ro­man­tique dans la­quelle elle et l’ac­teur Josh Du­ha­mel in­carnent deux pa­rents in­com­pa­tibles et hé­si­tants.

« Au dé­part, quand ils sont pe­tits, ce n’est pas si mal et c’est fa­cile à ap­pri­voi­ser, a dit l’ac­trice qui a été connue du grand pu­blic dans la sé­rie Grey’s Ana­to­my. Mais elle a près de deux ans et a vrai­ment be­soin d’être en­traî­née sur le pe­tit pot en ce mo­ment. Hier, nous étions dans l’avion qui n’était pas équipé d’une table à lan­ger où nous au­rions pu la chan­ger. Ma fille était as­sise avec sa gar­dienne et ten­tait de dor­mir et tout l’avion com­men­çait à sen­tir mau­vais. Je me suis dit : “C’est tel­le­ment désa­gréable pour tous ces gens”. »

Re­con­nais­sant de son propre chef être une control freak, Ka­the­rine Hei­gl pré­fère chan­ger elle-même sa fille, car elle pré­tend que son ma­ri et la gar­dienne ne s’y prennent pas de la bonne fa­çon. Sans le vou­loir, Na­leigh a pro­ba­ble­ment été une source d’ins­pi­ra­tion pour sa ma­man du­rant le tour­nage du film à At­lan­ta, alors qu’elle ve­nait d’ache­ver quelques mois plus tôt un autre film, Tuer pour ai­mer, sor­ti en juin.

SI­TUA­TION EX­TRA­OR­DI­NAIRE

Dans La vie, tout sim­ple­ment, Hei­gl et Du­ha­mel sont Hol­ly et Mes­ser, des pa­rents mal­adroits qui hé­ritent de la garde du bé­bé nais­sant de leurs meilleurs amis dé­cé­dés dans un ac­ci­dent. Pour com­pli­quer une si­tua­tion dé­jà hors de l’or­di­naire, les scé­na­ristes ont ima­gi­né Hol­ly et Mes­ser comme deux êtres que tout op­pose et dont le blind date dans le pas­sé a été une vé­ri­table ca­tas­trophe. Qui plus est, leur seul lien sen­ti s’avé­rait être leurs deux amis dé­cé­dés.

Josh Du­ha­mel a vou­lu faire connais­sance avec les tri­plettes avant le tour­nage, elles qui al­laient jouer à tour de rôle Sophie, la fille du couple dys­fonc­tion­nel. « Je de­vais m’ac­cli­ma­ter aux en­fants et m’as­su­rer qu’elles soient à l’aise avec moi, a dit l’ac­teur. Ka­the­rine était en plein mi­lieu de ses dé­marches d’adop­tion à ce mo­ment-là, alors je de­vais en pro­fi­ter pour ap­prendre à les connaître. J’ai une af­fi­ni­té avec les en­fants. Je pense que ce­la s’ex­plique par le fait que nous pou­vons nous com­prendre les uns les autres et que nous nous trou­vons sur le même ni­veau émo­tion­nel. »

Hei­gl se la­mente : « J’ai dû agir avec froi­deur et je crois que les en­fants ne m’ap­pré­ciaient pas vrai­ment. Il y en avait une qui m’ai­mait. Je ve­nais juste de de­ve­nir fa­mi­lière avec le fait de te­nir un en­fant dans mes bras. C’était nou­veau pour moi. Il fal­lait sim­ple­ment lais­ser les choses al­ler. Si les en­fants sont de mau­vaise hu­meur, qu’ils ne sont pas confor­tables ou qu’ils pleurent, plus vous êtes ten­du, plus ils le se­ront aus­si. Alors, nous de­vons faire beau­coup d’exer­cices de res­pi­ra­tion. »

En ré­tros­pec­tive, elle dit que la vie et les films ont com­men­cé à ne faire plus qu’un dans son cas. « Tout était en pa­ral­lèle. Je jouais de­vant la ca­mé­ra ce qui se pro­dui­sait dans ma propre vie. J’ai vu le film ré­cem­ment et j’ai pen­sé qu’il s’agis­sait d’un livre vi­vant, parce qu’il m’a rap­pe­lé mes pre­miers mois avec mon bé­bé de neuf mois. C’était tel­le­ment nou­veau pour moi et pour elle. Ce film va tou­jours me rap­pe­ler cette pé­riode de ma vie. C’était très in­tense et très glo­rieux, et cer­tai­ne­ment très pre­nant. »

LE BLIND DATE

L’ac­trice a aus­si ad­mis en en­tre­vue avoir eu à com­po­ser avec une autre di­men­sion par­ti­cu­lière rap­pe­lant l’his­toire de La vie, tout sim­ple­ment, alors qu’elle avait or­ga­ni­sé un

blind date qui a peut-être été un dé­sastre. « Je suis en­core in­cer­taine, car c’est tout ré­cent. Chris Ja­cobs, de l’émis­sion The In­si­der, un bon ami de mon ma­ri, a ren­con­tré mon amie Cheyenne El­lis qui est ma dou­blure. Il y avait beau­coup de gens à la mai­son et nous avons de­man­dé à tout le monde de jouer le jeu comme s’il n’était pas au cou­rant du blind date.

« Il y a eu une réelle connexion entre eux et ils ont pas­sé un bon mo­ment. Je pense que Chris a vou­lu la re­voir, mais les deux voyagent beau­coup.

« J’ai dit à Josh : “Ne parle pas de notre plan à Chris. In­vite-le à man­ger et Cheyenne se­ra tout sim­ple­ment là.” Bien sûr, Josh lui a tout dit et vous sa­vez qu’il faut tou­jours pré­ve­nir une seule per­sonne dans une ren­contre or­ga­ni­sée. Nous avions dé­jà pré­ve­nu Cheyenne! De toute ma­nière, je ne le re­fe­rai pas. »

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