POURL’ÉPOU­VANTE, FAU­DRA RE­PAS­SER

Film de Phi­lippe Ga­gnon met­tant en ve­dette Guillaume Le­may-Thi­vierge, Vi­viane Audet et An­toine Ber­trand. À l’af­fiche pré­sen­te­ment.

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA - Cé­dric Bé­lan­ger Le Jour­nal de Québec cedric.be­lan­ger@jour­nal­de­que­bec.com

Pour ap­pré­cier un film comme Le poil de la bête, il est pré­fé­rable de ne pas an­ti­ci­per une oeuvre his­to­rique à grands dé­ploie­ments ni de s’at­tendre à mou­rir de peur.

Bien que le film soit clas­sé film d’aven­tures, cette his­toire de loups-ga­rous im­por­tée de notre tra­di­tion orale et de la Nou­velle-France ré­pond mieux aux at­tentes si on se met dans la tête qu’on la ver­ra pour ri­go­ler un coup.

Le ton est don­né dès la pre­mière scène quand Jo­seph Cô­té (Guillaume Le­mayT­hi­vierge), un bel­lâtre qui court au­tant les bois que les ju­pons, se fait sur­prendre avec la fian­cée de l’in­ten­dant Ta­lon dans une pos­ture qui ne prête lieu à au­cune in­ter­pré­ta­tion.

Condam­né à la pen­dai­son, Jo­seph réus­sit à fuir sa geôle et se pousse en di­rec­tion de la sei­gneu­rie de Beau­fort, pour­chas­sé par Va­de­bon­coeur (An­toine Ber­trand). En che­min, il tombe sur le ca­davre du père Brind’amour, un jé­suite dont il em­prunte les ha­bits et, éven­tuel­le­ment, l’iden­ti­té.

À Beau­fort, où il dé­barque en même temps qu’un contin­gent de Filles du Roy, Jo­seph est pris pour le père Brind’amour et il dé­couvre que ce­lui-ci est vé­né­ré pour ses ex­ploits de chas­seur de loups-ga­rous.

Jus­te­ment, il y en a quelques-uns qui se ma­ni­festent du­rant la nuit et qui sèment la ter­reur chez les vil­la­geois, for­çant le faux jé­suite à se la jouer chas­seur à son tour. En pa­ral­lèle, Jo­seph s’en­tiche de Marie La­botte (Vi­viane Audet), l’une des Filles du Roy, pen­dant qu’une frange de vil­la­geois com­mence à se mé­fier de lui. Tout ce­la nous mè­ne­ra vers une ul­time confron­ta­tion avec les loups-ga­rous, dont vous de­vi­ne­rez ai­sé­ment l’is­sue.

PRÉ­VI­SIBLE MAIS CO­MIQUE

Dans Le poil de la bête, tout est lou­foque, que ce soit, par bon­heur, ces per­son­nages dont les traits sont gros­sis sans sub­ti­li­té, mais mal­heu­reu­se­ment aus­si, un scé­na­rio ar­chi­pré­vi­sible et peu ins­pi­ré sur le plan nar­ra­tif. Même si le ré­sul­tat à l’écran est gra­phi­que­ment im­pres­sion­nant, les loups­ga­rous ne font pas très peur. Pour l’épou­vante, fau­dra re­pas­ser.

Pour le bur­lesque, c’est plus réus­si. C’est d’ailleurs ce qui sauve le film. On aime no­tam­ment le jeu dia­bo­lique de Gilles Re­naud (épou­van­ta­ble­ment mé­chant quand ils s’adressent aux Filles du Roy) et Sé­bas­tien Hu­ber­deau, tout comme les ré­pliques pui­sant dans les ex­pres­sions qué­bé­coises, telles, bien sûr, « le poil de la bête » ou « avoir la chienne ». C’est gros, en­core une fois pas très sub­til, mais ça fait rire.

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