CE MÉO DONT IL NE PEUT SE PAS­SER

MON­TRÉAL | Pierre Le­beau parle avec at­ta­che­ment de son per­son­nage de Méo des Boys: «une belle aven­ture de 15 ans qui m’a mon­tré ce qu’était une vraie équipe d’ac­teurs qui pour­suivent le même but», confie-t-il, en en­tre­vue au Jour­nal.

Le Journal de Quebec - Weekend - - TÉLÉVISION - MCLORD@JOUR­NALMTL.COM Mi­chelle Coudé-Lord

Et il conti­nue : « Il n’y a pas de bou­le­chite dans les Boys, ni d’égo sur­di­men­sion­né. C’est une vraie équipe. Ja­mais un ac­teur ne vole la ve­dette à un autre. Si c’est au tour de Ré­my Gi­rard d’avoir la ron­delle et de comp­ter des buts, tout le monde se­ra à son ser­vice. C’est ce qui ex­plique en par­tie l’énorme suc­cès de cette sé­rie té­lé­vi­sée et des Boys au ci­né­ma », ex­plique Pierre Le­beau, l’ac­teur ré­pu­té de 56 ans.

D’ailleurs, il aime rap­pe­ler l’im­por­tance qu’ont eue les Boys pour le ci­né­ma qué­bé­cois.

« Le suc­cès des Boys s’ex­plique en par­tie à cause de l’iden­ti­fi­ca­tion très forte des per­son­nages, mais aus­si, il ne faut pas ou­blier que ce sont les Boys qui ont in­té­res­sé de nou­veau les ci­né­philes au

À CU­BA

L’ac­teur vante au pas­sage le pro­duc­teur Ri­chard Gou­dreau, qui fe­rait tout pour ses Boys, comme les ame­ner à Cu­ba tour­ner des scènes de la 4e sai­son, que les té­lé­spec­ta­teurs ver­ront au pe­tit écran en jan­vier pro­chain, à Ra­dio-Ca­na­da.

Ain­si, Ré­my Gi­rard, Marc Mes­sier, Pa­trice Ro­bi­taille et des ac­teurs cu­bains par­ti­cipent au tour­nage qui du­re­ra deux se­maines.

« Méo au­ra une dure an­née. Il croyait trou­ver l’amour et se­ra amè­re­ment dé­çu. Ses amis se­ront là pour lui comme lui est là pour Stan, qui se fait avoir par un bandit à cra­vates. Nous al­lons à Cu­ba pour ten­ter de re­trou­ver cet homme qui a fait mal à notre Stan. Quelle sé­rie peut se van­ter d’avoir à son gé­né­rique des Ré­my Gi­rard, Marc Mes­sier, Pa­trice Ro­bi­taille? Les Boys de­meurent une aven­ture for­mi­dable dans ma car­rière d’ac­teur », ajoute un Pierre Le­beau qui, après deux mois de re­pos, ne s’est ja­mais vu aus­si « de bonne hu­meur » et prêt à re­le­ver de beaux dé­fis.

Il ne le dit pas sur le bout de ses lèvres. ci­né­ma qué­bé­cois. Ce film des Boys a une par­tie im­por­tante dans ce re­nou­veau-là », es­time Pierre Le­beau. Au contraire, Pierre Le­beau en parle li­bre­ment, parce qu’il veut ef­fa­cer les ta­bous qui grugent le mot burn-out ou l’épui­se­ment pro­fes­sion­nel.

LA PRU­DENCE EST DE MISE

« Après le spec­tacle Pa­ra­dis Per­du, qui m’a épui­sé, je n’en pou­vais plus. J’ai réa­li­sé que j’avais brû­lé la chan­delle par les deux bouts. Tu dis oui à tous les pro­jets, tu tra­vailles 7 jours par se­maine et tu t’aper­çois que tu ne peux plus conti­nuer. Il était temps dans mon cas. Je n’en pou­vais plus », confirme Pierre Le­beau, bien re­mis sur les pieds.

« Je vais être plus pru­dent, choi­sir mi­nu­tieu­se­ment mes pro­jets et ap­prendre tout sim­ple­ment à dire non. Car ce mé­tier-là, je l’ai dans la peau. C’est moi, mon pré­sent, mon ave­nir », ex­prime Pierre Le­beau.

Il a donc re­plon­gé dans les his­toires ro­cam­bo­lesques de son Méo avec un bon­heur par­ti­cu­lier.

« Re­trou­ver un pla­teau de tour­nage m’a fait du bien. Le plus dur, c’était de vivre cet épui­se­ment pro­fes­sion­nel pu­bli­que­ment, mais j’ai com­pris que ça pou­vait ai­der à dé­mys­ti­fier cette ma­la­die et, à ce que je sache, le cer­veau fait par­tie du corps hu­main, donc ça se peut qu’il souffre aus­si comme tout autre or­gane. J’au­rais ten­dance à dire aux gens de ne pas être gê­né d’en par­ler lors­qu’ils se sentent au bord de l’épui­se­ment pro­fes­sion­nel et de ne pas at­tendre que le tapis vous glisse sous les pieds », ajoute l’ac­teur.

C’est ain­si qu’il em­brasse à nou­veau son mé­tier et son Méo.

« Au dé­but, ce per­son­nage était un grand risque tout de même, car il était très iden­ti­fiable à tous­ser tout le temps, à être tou­jours au bord de la crise car­diaque, dans un état de san­té pi­toyable. Je ne sa­vais pas com­ment les gens al­laient ré­agir, alors qu’ils le sa­luent dans la rue et me le ré­clament. C’est une su­perbe re­con­nais­sance du pu­blic en­vers un per­son­nage que j’ai créé. C’est la beau­té du mé­tier », dit Pierre Le­beau, qui pro­met que la peine d’amour de Méo en se­ra toute une.

« Ri­chard Gou­dreau a rai­son d’être fier de son équipe », conclut, en riant, un Pierre Le­beau plus en forme que ja­mais. Cette an­née, dans la sai­son 4 des Boys, comp­tez sur la par­ti­ci­pa­tion de nom­breux ac­teurs et pas les moin-dres, soit les François Pa­pi­neau, Syl­vie Léo­nard, Diane La­val­lée, Pascale Mont­pe­tit, An­toine Ber­trand.

PIERRE LE­BEAU

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