Dé­li­cieuses ques­tions exis­ten­tielles

Après avoir ven­du plus de 20000 exem­plaires des Chro­niques d’hi­ver et 10 000 exem­plaires des Chro­niques d’été, Mar­cia Pi­lote convie ses lec­trices à un nou­veau tête-àtête avec ses dé­li­cieuses Chro­niques d’au­tomne.

Le Journal de Quebec - Weekend - - LIVRES - Marie-France Bor­nais

Écrites sur un ton in­ti­miste, avec coeur, avec hu­mour et sans fla­fla, les 70 « tranches de vie » des Chro

niques d’au­tomne in­vitent à prendre une pause et à ré­flé­chir cal­me­ment aux pe­tites et aux grandes ques­tions de l’exis­tence fé­mi­nine.

Mar­cia Pi­lote s’ins­pire du quo­ti­dien et son ta­lent de conteuse l’aide à ré­di­ger des chro­niques courtes, éner­giques et vi­vi­fiantes. « Ra­con­ter une his­toire à sa meilleure amie, ça ne prend pas de temps. Les Chro

niques ne sont pas écrites sous une forme lit­té­raire. C’est une forme par­lée que je pri­vi­lé­gie. Ce n’est donc pas dif­fi­cile pour moi d’écrire, ni de trou­ver des idées », ex­plique l’au­teure, qui a pro­ba­ble­ment ter­mi­né la ré­dac­tion de ses pro­chaines Chro­niques de

prin­temps au mo­ment où vous li­sez ces lignes.

Dans son nou­veau re­cueil, Mar­cia par­tage de vrais mo­ments de femmes, ceux qui font rire et pleu­rer, s’émer­veiller, ré­flé­chir. L’heure des choix lors de sa pre­mière gros­sesse, à 19 ans. Le désar­roi de­vant les pe­tites rides qui ap­pa­raissent dans le dé­col­le­té et qui an­noncent que les seins tombent. La tris­tesse lors des fu­né­railles du père d’une amie. Des choses qui a

prio­ri ne se font pas et qu’elle, pour­tant, fait. Un long ali­te­ment lié au syn­drome de la « queue-de­che­val ». Et le désar­roi d’un homme plan­té dans l’al­lée des ser­viettes hy­gié­niques.

Cer­tains pas­sages sont d’un co­mique ir­ré­sis­tible. « Tout, tout,

RES­TER CEN­TRÉE

tout ce que j’écris, tout est vrai, as­sure Mar­cia. Il y a même des choses que je dois par­fois en­le­ver parce que je me dis que les gens ne me croi­ront pas. Il n’y a rien d’in­ven­té! »

Mal­gré son ho­raire char­gé et sa vie de fa­mille bien rem­plie, Mar­cia Pi­lote n’éprouve pas de fa­tigue. Sa re­cette? « Tous les ma­tins de­puis huit ans, je prends une heure avant de com­men­cer ma jour­née pour faire mes pages du ma­tin. C’est sa­cré pour moi. Il s’agit de rem­plir à la main, tous les ma­tins, l’équi­valent de trois pages de car­table. Tu écris n’im­porte quoi. Tu ne peux pas sau­ter une jour­née ni re­mettre à de­main. C’est ce qui me per­met, dans les mo­ments de rush, de ne pas vi­rer folle et d’être tou­jours cen­trée. »

L’au­teure et ani­ma­trice consi­dère que cet exer­cice tout simple est for­mi­da­ble­ment ef­fi­cace. « C’est un ou­til ex­tra­or­di­naire : c’est comme sor­tir les pou­belles tous les jours avant de com­men­cer ta jour­née. Quand tu te re­centres, plus per­sonne ne peut avoir un ef­fet de dé­via­tion sur ton éner­gie. Tu te re­centres dans ton état à toi. Donc, tout ce qui est ex­té­rieur, les autres, ce qu’ils pensent, la fa­çon de faire face à leurs in­sé­cu­ri­tés, ça n’a plus d’im­pact. Dé­sor­mais, tu vibres à ta fré­quence à toi et ce n’est pas celle des autres. »

Mar­cia vit sa vie de femme en fai­sant et en as­su­mant des choix. Et la ré­colte est bonne. « On a l’im­pres­sion que vivre la vie comme on l’aime, c’est vivre dans un châ­teau, man­ger des ca­na­pés et por­ter des chaus­sures Guc­ci. Pan­toute! La vie comme je l’aime, pour moi, c’est de se rap­pro­cher de jour en jour de qui on est vrai­ment. » Mar­cia Pi­lote anime l’émis­sion

C’est ça la vie, dif­fu­sée du lun­di au ven­dre­di, à 14 h, à la SRC.

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