UNE HIS­TOIRE DE FA­MILLE

Le Journal de Quebec - Weekend - - CE WEEK-END SUR - Da­ny Bou­chard DBOU­CHARD@JOUR­NALMTL.COM

MON­TRÉAL | Son idée a char­mé les Fran­çais. Ka­tia Az­na­vour s’at­taque main­te­nant au mar­ché qué­bé­cois avec la comédie mu­si­cale Je m’voyais dé­jà, créée au­tour des chan­sons de son cé­lèbre père. Une his­toire de fa­mille, du genre de celles qui plaisent au pu­blic d’ici.

Ka­tia Az­na­vour, qui ac­com­pagne son père sur scène comme cho­riste, a eu l’idée de mon­ter le spec­tacle Je m’voyais dé­jà en sor­tant d’une re­pré­sen­ta­tion de Mam­ma Mia!, la comédie mu­si­cale créée avec l’oeuvre de AB­BA.

Après avoir ob­te­nu le feu vert de son père, elle s’est tour­née vers l’hu­mo­riste fran­çais Laurent Ru­quier, afin de lui de­man­der de pondre une his­toire en as­sem­blant quelques-unes des cé­lèbres chan­sons qu’a écrites, com­po­sées ou in­ter­pré­tées Charles Az­na­vour.

Je m’voyais dé­jà ra­conte l’his­toire de six jeunes qui sont re­je­tés lors d’une au­di­tion et qui dé­cident de mon­ter leur propre spec­tacle avec la com­pli­ci­té de Fran­ces­ca, l’une de celles qui les ont jus­te­ment écar­tés.

À Paris, le spec­tacle a été pré­sen­té au Théâtre du Gym­nase, à l’au­tomne 2008, puis au Théâtre Co­mé­dia, à l’hi­ver 2009. Diane Tell et Vé­ro­nique Ri­vière ont tour à tour prê­té leurs traits à Fran­ces­ca, alors que le rôle de Dan­ny, le plus âgé des co­mé­diens en au­di­tions et ex-amant de Fran­ces­ca, a été cam­pé par Pa­blo Villa­fran­ca. Le spec­tacle a été vu par quelque 200 000 spec­ta­teurs.

À comp­ter de mar­di, le spec­tacle adap-adap­té­té par Pierre Lé­ga­ré s’ins­talle à Mon-Mon­tréal, au Théâtre Olym­pia.

« Au Québec, je sens qu’il est vrai­ment chez lui, confie Ka­tia Az­na­vour à pro­pos de son père. « Il a dé­bu­té là-bas », rap­pelle-t-elle. Ka­tia Az­na­vour s’est beau­coup im­pli­quée dans la créa­tion et l’adap­ta­tion du spec­tacle. Au Québec, elle est l’une de celles qui ont choi­si les sept co­mé­diens-co­mé­dien­schan­teurs : Judith Bérard, Fré­dé­rick De Grand­pré, Sa­rah Da­ge­nais Ha­kim, Martin Rouette, Élise Cor­mier, Hu­go La­pierre et Jean-François Pou­lin.

« Je trouve vrai­ment qu’ils sont su­per. Ils chantent tous très bien, ils sont très res­pec­tueux et ils com­prennent très bien. »

Le soir de la pre­mière, mer­cre­di, Char-Charles Az­na­vour se­ra dans la salle, ac­com­pa­gné de son épouse.

« Ma mère ne se dé­place pas sou­vent. Elle vient vrai­ment pour moi », confie Ka­tia Az­na­vour, vi­si­ble­ment tou­chée.

DOUBLE LEC­TURE

Comme en France, le spec­tacle qui se­ra pré­sen­té ici porte la touche du met­teur en scène Alain Sachs, un spé­cia­liste des co­mé­dies mu­si­cales dans l’Hexa­gone.

« Les gens vont as­sis­ter à une comédie mu­si­cale en tra­ver­sant 45 chan­sons de Charles Az­na­vour. Chaque fois qu’on en­tend une chan­son de Charles Az­na­vour dans le spec­tacle, on doit avoir une double lec­ture : on en­tend la chan­son et la chan­son per­met de faire avan­cer l’his­toire », ex­plique-t-il. Un peu comme dans Le Blues d’la

mé­tro­pole, la comédie mu­si­cale pré­sen­tée plus tôt cette an­née, et construite à par­tir des chan­sons de Beau Dom­mage.

« C’est le même prin­cipe. On est dans la même fa­mille », convient M. Sachs, qui a as­sis­té à une re­pré­sen­ta­tion du Blues d’la mé­tro­pole.

Si la mise en scène et la scé­no­gra­phie sont les mêmes qu’en France, les cos­tumes, les ar­ran­ge­ments mu­si­caux et les cho­ré­gra­phies ont été re­pen­sés pour le spec­tacle qué­bé­cois.

« On a sou­hai­té que l’ac­tion se passe à Mon­tréal, sou­ligne le met­teur en scène.

« Ce n’est pas un spec­tacle fran­çais qui dé­boule. »

CHAN­TEURS ET IN­TER­PRÈTES

Alain Sachs est par­ti­cu­liè­re­ment fier des ar­tistes qué­bé­cois qui com­posent la dis­tri­bu­tion.

« J’ai pu trou­ver à Mon­tréal des ar­tistes qu’on n’a pas en France. Glo­ba­le­ment, les Qué­bé­cois chantent beau­coup mieux que les Fran­çais. De tous ceux qui chan-chan­taient­taient mieux les uns que les autres (plus de 300 ont été ren­con­trés en au­di­tions), j’ai vou­lu trou­ver les meilleurs in­ter­prè-in­ter­prètes,tes, ce qui n’est pas tou­jours le cas au Québec. J’ai vrai­ment trou­vé les sept que je sou­hai­tais », dit-il en ajou­tant qu’ils sont « de grands tra­vailleurs », avec de forts tem­pé­ra­ments, qui n’hé­sitent pas à par­ta­ger leurs idées.

« Ils veulent tou­jours com­prendre pour­quoi on fait les choses. [...] Ils se donnent des idées, ce qui est très rare en France. » Alain Sachs, comme Ka­tia Az­na­vour, a le sen­ti­ment d’avoir en main un spec­tacle qui plai­ra beau­coup aux Qué­bé­cois qui furent après tout les pre­miers fans de Charles Az­na­vour.

« J’ai hâte de voir [...], j’ai vrai­ment confiance », confie Ka­tia Az­na­vour.

« La dif­fi­cul­té en France était d’in­té­res­ser le jeune pu­blic, l’ame­ner à connaître Charles Az­na­vour et ses chan­sons. Je ne crois pas qu’on au­ra ce pro­blème au Québec », ana­lyse Alain Sachs. Le spec­tacle, au bud­get d’un mil­lion de dol­lars re­pose sur 45 titres écrits et chan­tés par Charles Az­na­vour, à l’ex­cep­tion de trois (qu’il a écrits, mais qu’il n’a pas chan­tés) : La plus belle pour al­ler dan­ser, Un Mexi­cain et Re­tiens la nuit. En­vi­ron 60 % du spec­tacle est com­po­sé de chan­sons. Je m’voyais dé­jà se­ra à l’af­fiche du Théâtre Olym­pia à comp­ter de mar­di, jus­qu’au 30 oc­tobre, et au Ca­pi­tole de Québec, du 5 au 12 mai 2011.

Ka­tia Az­na­vour

Alain Sachs

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