« Pour com­prendre la vie, il faut com­prendre la mort »

Convain­cus que la peur de la mort ré­sulte d’un manque de connais­sances, les doc­teurs Ri­chard Bé­li­veau et De­nis Gingras ont dé­ci­dé d’af­fron­ter la bête en écri­vant La mort, un livre des­ti­né au com­mun des mor­tels avec l’ob­jec­tif de dé­mys­ti­fier la mort pour m

Le Journal de Quebec - Weekend - - CE WEEK-END SUR - De­nise Mar­tel

Après avoir écrit Les ali­ments contre le can­cer, Cui­si­ner avec les ali­ments contre le can­cer et La san­té par le plai­sir de bien

man­ger, ven­dus à plus de 400 000 exem­plaires au Québec, le tan­dem a dé­ci­dé, en quelque sorte, de pré­sen­ter une re­cette d’un tout autre type, vieille comme le monde : ex­pli­quer le pro­ces­sus qui entraîne la mort.

« Pour com­prendre et ap­pré­cier la vie, il faut com­prendre la mort, qui fait suite à une cas­cade d’évé­ne­ments pré­cis. Une fois qu’on a fait tout ce qu’on pou­vait pour pré­ve­nir la mort phy­sio­lo­gique en man­geant mieux et en se te­nant en forme, il faut néan­moins sa­voir que la mort est na­tu­relle. Elle est ins­crite dans nos gènes et sur­vien­dra tôt ou tard », ex­plique Ri­chard Bé­li­veau, de pas­sage à Québec ré­cem­ment pour par­ler de son der­nier livre, ce­lui dont il dit être le plus fier parce qu’il vient de son âme.

À LA POR­TÉE DE TOUS

« Toutes les ci­ta­tions, toutes les illus­tra­tions et les photos, je les ai choi­sies parce qu’elles sont proches de moi. La peur de la mort ré­sulte d’un manque de connais­sances. C’est un peu comme le ra­cisme. Une grande part tient à l’igno­rance de l’autre. Quand on cô­toie des étran­gers et qu’on ap­prend à les connaître, il y a beau­coup de pré­ju­gés qui tombent », ajoute le scien­ti­fique, que l’on peut voir toutes les se­maines à l’émis­sion Kampaï! ani­mée par Mit­sou.

Sa po­pu­la­ri­té ne fait au­cun doute, à voir les gens qui viennent lui ser­rer la main en le re­con­nais­sant sur leur pas­sage.

« Des livres à ca­rac­tère phi­lo­so­phique sur la mort et la vie après la mort, il y en a des mil­liers. Ça ne nous in­té­res­sait pas du tout d’en faire un autre. En tant que scien­ti­fiques et cher­cheurs en can­cé­ro­lo­gie, nous sommes confron­tés à la mort tous les jours et, comme dans nos livres pré­cé­dents, nous avons choi­si une ap­proche scien­ti­fique à la por­tée de tous. »

L’ou­vrage compte entre autres un cha­pitre sur le ca­rac­tère na­tu­rel de la mort, un autre sur la vieillesse et l’usure du temps, en­core un autre sur les in­fec­tions puis les poi­sons, les morts vio­lentes par ac­ci­dent ou trau­ma­tismes ex­té­rieurs comme la guerre, etc. Le tout, avec de nom­breuses illus­tra­tions, dont des ta­bleaux ex­pli­ca­tifs, mais aus­si des oeuvres d’art et des pho­to­gra­phies très élo­quentes.

UN PRI­VI­LÈGE

« J’ai un im­mense res­pect pour la beau­té et la com­plexi­té de la vie. Il y a une dame at­teinte de can­cer qui est ve­nue me voir un jour en me di­sant qu’elle avait com­men­cé à vivre le jour où elle a re­çu son diag­nos­tic du can­cer. Ça prend sou­vent un évé­ne­ment trau­ma­ti­sant pour prendre conscience de la vie.

« C’est un pri­vi­lège d’avoir la conscience d’être vi­vant, on ne sa­voure pas as­sez ce pri­vi­lè­ge­là. Pour­quoi at­tendre? Pour­quoi ne pas en pro­fi­ter le plus tôt pos­sible? » in­ter­roge Ri­chard Bé­li­veau. « Si le livre réus­sis­sait à ame­ner un jeune de 20 ans à prendre conscience de l’im­por­tance et la beau­té de la vie, à de­ve­nir plus em­pa­thique en­vers les autres, plus sen­sible, plus conscient de sa propre exis­tence, comme cher­cheur je se­rai content », conclut-il.

PHOTO BE­NOÎT GA­RIE­PY

RI­CHARD BÉ­LI­VEAU

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