Pas de place pour la dis­si­dence

TO­RON­TO | Après 30 ans de vie com­mune, il n’y a pas beau­coup de dis­si­dence par­mi les hommes de Bad Re­li­gion.

Le Journal de Quebec - Weekend - - MUSIQUE - Darryl Ster­dan Agence QMI

« Lorsque nous nous réunis­sons, nous nous en­ten­dons tous très bien, dit Brett Gu­re­witz, un des pion­niers de la mu­sique punk à Los An­geles. Nous avons tous na­tu­rel­le­ment trou­vé notre rôle au sein du groupe. » Le gui­ta­riste de 48 ans et co­fon­da­teur de Bad Re­li­gion es­time d’ailleurs avoir le meilleur band, rien de moins.

Alors qu’il est en­core au­jourd’hui un des prin­ci­paux au­teurs-com­po­si­teurs du groupe, avec le chan­teur Greg Graf­fin, il a re­non­cé de­puis long­temps aux longues et épui­santes tour­nées. Plu­tôt que de mon­ter à bord de l’au­to­car, il pré­fère faire du tra­vail de bu­reau. Ain­si, il passe ses jour­nées à s’oc­cu­per d’Epi­taph, un la­bel de mu­sique qu’il a créé en 1981 pour dis­tri­buer les al­bums de Bad Re­li­gion. De­puis, plu­sieurs autres la­bels liés à Epi­taph se sont ajou­tés, no­tam­ment An­ti-et Hell­cat.

Tou­jours bien pré­sent sur la scène mu­si­cale après 30 ans de car­rière, Bad Re­li­gion vient de sor­tir l’al­bum The Dissent of Man, alors que Gu­re­witz di­rige une équipe de plu­sieurs di­zaines d’employés.

Ce­lui qu’on connaît de­puis long­temps comme Mr. Brett a fait un trou dans son em­ploi du temps pour par­ler af­faires et ré­flé­chir sur les 30 ans de Bad Re­li­gion.

QU’EST-CE QU’UNE JOUR­NÉE TYPE POUR VOUS?

« Vous al­lez rire. Une jour­née type, je me lève su­per tôt, 5 h 30. Je vais m’en­traî­ner, que ce soit à vé­lo (parce que j’es­saie de pé­da­ler 160 km par se­maine), au tout autre type d’exer­cice d’en­du­rance. Je com­mence à tra­vailler vers 8 h ou 9 h et je passe en­vi­ron huit heures dans les bu­reaux d’Epi­taph. Je né­go­cie des ac­cords, j’écoute de la mu­sique, je mets sous contrat des groupes et j’as­siste à des réunions. C’est la pa­pe­rasse ha­bi­tuelle. Je rentre en­suite chez moi, je donne un bain à ma fille d’un an, je soupe, je mets ma fille au lit et, si je suis chan­ceux, je re­garde une émis­sion de té­lé­vi­sion avec ma femme avant de me cou­cher. »

SI VOUS EN­LE­VEZ LE PUNK DE L’ÉQUA­TION, VOUS ÊTES UN PÈRE TY­PIQUE D’UNE BAN­LIEUE MOYENNE.

« Oui. Et si vous en­le­vez les mo­ments où j’écris et où je pro­duis un al­bum, et ça, c’est uni­que­ment aux quelques an­nées, vous pou­vez sup­pri­mer com­plè­te­ment le punk rock de l’équa­tion. Il n’y a plus vrai­ment de punk rock dans ma vie. »

APRÈS 30 ANS DE CAR­RIÈRE, VOUS SEN­TEZ-VOUS SUR UNE BONNE LAN­CÉE?

« Eh bien, au ni­veau de mon im­pli­ca­tion, je ne peux pas vrai­ment être sur une bonne lan­cée, parce que je m’im­plique seule­ment de fa­çon ponc­tuelle, par pé­riode. Tous les deux ans ou plus, les gars disent : ‘’Ce se­rait bien d’avoir un nou­vel al­bum’’, et je com­mence à écrire. Je dois presque chaque fois ré­ap­prendre à écrire, parce qu’hon­nê­te­ment, à part de jouer Twinkle Twinkle Lit­tle Star pour ma fille, je ne joue pas de gui­tare. Alors, il faut que je me ré­in­vente chaque fois. Ce fut le cas pour les cinq der­niers en­re­gis­tre­ments. Donc, je ne suis pas sur une lan­cée, mais je ne suis pas non plus mo­rose. Je dois cons­tam­ment ré­ap­prendre mon mé­tier. »

VOUS POS­SÉ­DEZ EPI­TAPH ET NE PAR­TI­CI­PEZ PAS AUX TOUR­NÉES. PEN­SEZ­VOUS QUE CE­LA A UN EF­FET SUR VOS RE­LA­TIONS AVEC LE GROUPE?

« Je sup­pose que ce­la peut créer un cer­tain res­sen­ti­ment. J’ai la tâche fa­cile : j’en­re­gistre l’al­bum et je peux res­ter à la mai­son, alors que tout le monde doit faire le tra­vail dif­fi­cile de la tour­née. Les gars ne me font tou­te­fois ja­mais de com­men­taire en ce sens. Il reste que si j’étais à leur place, je se­rais un peu aga­cé par ça. Je pense mal­gré tout que le groupe est content d’avoir une mai­son de disques comme Epi­taph et j’y suis pour quelque chose. Beau­coup de groupes dans notre si­tua­tion n’ont pas un tel ap­pui d’une mai­son de disques. Ma po­si­tion au sein du groupe est donc une arme à double tran­chant. »

PHOTO COUR­TOI­SIE

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